{"id":11329,"date":"2020-03-22T11:29:55","date_gmt":"2020-03-22T10:29:55","guid":{"rendered":"http:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/?p=11329"},"modified":"2020-03-25T13:13:00","modified_gmt":"2020-03-25T12:13:00","slug":"confinement-jour-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/2020\/03\/22\/confinement-jour-6\/","title":{"rendered":"Confinement &#8211; Jour 6"},"content":{"rendered":"<p><em>Cafard, mais ni h\u00e9mi, ni col\u00e9o, ni dipt, ni hym\u00e9no ou l\u00e9pido (-pt\u00e8res), pour autant.<\/em><\/p>\n<p>Ce matin, en me levant, je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 mon moral. Envol\u00e9e ma bonne humeur habituelle. Si on \u00e9tait le soir, je pourrais invoqu\u00e9 le syndrome du dimanche. Mais nous ne sommes que le matin, et, en plus, d\u00e9sormais, tous les jours ressemblent au dimanche. \u00c7a doit venir  \u00ab d\u2019aut\u2019chose \u00bb. Pas grave. J\u2019ai le rem\u00e8de miracle contre le moral \u00e0 Berne, pardon en berne. Il est tr\u00e8s simple. Vous choisissez un album de musique entrainante, qu\u2019un chanteur g\u00e9n\u00e9ralement mort \u00e0 commis par erreur, genre \u00ab les sardines \u00bb de Patrick S\u00e9bastien, vous l\u2019\u00e9coutez en mettant le volume \u00e0 fond et vous chantez dessus, tr\u00e8s fort et tr\u00e8s faux. En ce qui me concerne, la deuxi\u00e8me option est particuli\u00e8rement simple, parce que naturelle. Normalement apr\u00e8s deux ou trois daubes remix\u00e9es \u00e0 votre sauce, votre cerveau est compl\u00e8tement shoot\u00e9 et votre sourire, revenu, comme par magie.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le succ\u00e8s pourtant reconnu de cette m\u00e9thode, aujourd\u2019hui, j\u2019en essaie une autre. Le silence. C\u2019est compl\u00e8tement anormal dans mon chalet. Y a toujours une source sonore qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve quelque part, dans pi\u00e8ce ou une autre.<br \/>\nPunaise, le silence, en fait, c\u2019est envahissant !<br \/>\n\u00c7a s\u2019infiltre partout, \u00e7a remplit tout, c\u2019est peut-\u00eatre m\u00eame contagieux ? <\/p>\n<p>Apr\u00e8s dix minutes d\u2019immobilit\u00e9, (certains appellent \u00e7a de la m\u00e9ditation) je suis apais\u00e9, r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. En \u00e9cho \u00e0 ce mutisme (je ne sais pas si un mutisme peut faire \u00e9cho), les chats, eux, se sont endormis. Sur place.  Ketchup, perch\u00e9e, sur le dossier du canap\u00e9, comme \u00e0 son habitude, et Moutarde, les pattes en l\u2019air, au beau milieu de la pi\u00e8ce. En fait, le silence, c\u2019est une arme de destruction massive. Une sorte de \u00ab Taser \u00bb qui ne veut pas dire son nom. <\/p>\n<p>Du coup, mon moral reparti \u00e0 la hausse, comme les bourses (ah non, pas comme les bourses) je d\u00e9cide, \u00e0 l\u2019instar de notre courageux Conseil F\u00e9d\u00e9ral, de redonner un tour de vis aux mesures d\u00e9j\u00e0 prises. Apr\u00e8s l\u2019obligatoire \u00ab lavage-rasage-habillage \u00bb matinal, apr\u00e8s l\u2019heure de lecture forc\u00e9e, je d\u00e9cide d\u2019imposer le quart d\u2019heure de gymnastique \u00ab abdo-dorso-nuquo jambal \u00bb. En r\u00e9sum\u00e9, je d\u00e9roule mon tapis de sol et je m\u2019\u00e9broue dessus, histoire de voir l\u00e0 o\u00f9 mon corps me fait le moins mal. Ketchup s\u2019en fout, mais Moutarde adore l\u2019id\u00e9e. Elle veut participer \u00e0 tous les exercices, au p\u00e9ril de sa jeune existence. Elle nargue un potentiel \u00e9crasement d\u2019une d\u00e9robade rapide et souple, repousse d\u2019un coup de patte doux mais ferme, ce pied trop envahissant, fronce ses sourcils face au fumet de cette haleine matinale encore non \u00ab Elmex\u00e9e \u00bb. Ce n\u2019est plus de la gym, c\u2019est du \u00ab yoga-chat \u00bb, variante \u00ab pousse-toi de l\u00e0 que je m\u2019y mette \u00bb. \u00c7a ressemble \u00e0 rien, mais, \u00e7a aussi, \u00e7a me fait du bien.<\/p>\n<p>Toujours sous l\u2019emprise des endorphines produites par \u00ab les sardines \u00bb, je d\u00e9cide d\u2019enchainer avec l\u2019imp\u00e9rieuse heure de lecture. L\u2019id\u00e9e du balcon reste acquise, mais depuis hier, le printemps \u00ab tout court \u00bb s\u2019est mu\u00e9 en printemps suisse. Le ciel est d\u00e9sormais d\u2019un gris pisseux, l\u2019air tr\u00e8s frais et la bise (d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9e), p\u00e9n\u00e9trante. J\u2019opte pour la m\u00e9thode \u00ab fumeurs de l\u2019impossible \u00bb, chaussettes chaudes, doudounes \u00e9paisse et bonnet enfonc\u00e9 jusqu\u2019aux lobes des oreilles. Trois chapitres suppl\u00e9mentaires de \u00ab <a href=\"https:\/\/books.google.ch\/books\/about\/L_Abominable.html?id=BNaxDwAAQBAJ&#038;printsec=frontcover&#038;source=kp_read_button&#038;redir_esc=y#v=onepage&#038;q&#038;f=false\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\"><strong>l\u2019Abominable<\/strong><\/a> \u00bb passent de ma liseuse vers un lobe perdu, quelque part au fond de mon cerveau. J\u2019ai un peu froid, mais je me sens, une fois encore, bien. <\/p>\n<p>Demain est un autre jour. Comme tous les jours, en principe. Oui, mais demain je retourne au travail. Enfin, au bureau. Enfin\u2026. \u00e0 la table d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. <\/p>\n<p>PS. Il existe une autre mesure de contrainte, non explicite, mais que vous avez d\u00e9sormais la chance (ou pas) de lire chaque jour de confinement qui passe, c\u2019est l\u2019\u00e9criture de cette chronique. Et \u00e7a non plus, \u00e7a n\u2019a pas de prix. En tout cas pour celui qui l\u2019\u00e9crit.<\/p>\n<input class=\"fooboxshare_post_id\" type=\"hidden\" value=\"11329\"\/>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cafard, mais ni h\u00e9mi, ni col\u00e9o, ni dipt, ni hym\u00e9no ou l\u00e9pido (-pt\u00e8res), pour autant. Ce matin, en me levant, je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 mon moral. Envol\u00e9e ma bonne humeur habituelle. Si on \u00e9tait le soir, je pourrais invoqu\u00e9 le syndrome du dimanche. Mais nous ne sommes que le matin, et, en plus, d\u00e9sormais, tous les jours ressemblent au dimanche. \u00c7a doit venir \u00ab d\u2019aut\u2019chose \u00bb. Pas grave. J\u2019ai le rem\u00e8de miracle contre le moral \u00e0 Berne, pardon en berne. 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