{"id":23,"date":"2002-09-04T10:34:05","date_gmt":"2002-09-04T10:34:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.alpavista.ch\/Alp11\/?p=23"},"modified":"2016-09-30T04:27:20","modified_gmt":"2016-09-30T03:27:20","slug":"tour-du-mont-blanc-a-vtt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/2002\/09\/04\/tour-du-mont-blanc-a-vtt\/","title":{"rendered":"Tour du Mont Blanc \u00e0 VTT"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s l&rsquo;annulation du Tour du Grand Combin pour cause de mauvais temps, la m\u00e9t\u00e9o capricieuse de cet \u00e9t\u00e9 2002 nous a enfin permis d&rsquo;accomplir un vieux r\u00eave : faire le Tour du Mont Blanc (TMB) \u00e0 VTT, dans le sens anti-horaire.<br \/>\n Au d\u00e9part nous \u00e9tions quatre participants inscrits, et au final seulement deux : Serge et Daniel. Nous connaissant tr\u00e8s bien pour avoir beaucoup roul\u00e9 ensemble (notamment en Ethiopie lors d&rsquo;AbyssiRaid 98), nous d\u00e9cidons de partir \u00e0 deux en profitant d&rsquo;une des rares fen\u00eatres m\u00e9t\u00e9o favorables de cette p\u00e9riode estivale qu&rsquo;il faudra vite oublier. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> <b>Etape 1 : Martigny \u2013 Chamonix<\/b> <\/p>\n<p> Jeudi 29 ao\u00fbt, 10:00, nous enfourchons nos montures au Centre du Parc \u00e0 Martigny, lest\u00e9s d&rsquo;un sac \u00e0 dos contenant le minimum vital pour 4 jours, mais pesant quand m\u00eame 7 kg. Les choses s\u00e9rieuses commencent imm\u00e9diatement avec la longue mont\u00e9e sur la route asphalt\u00e9e menant au pont de Gueuroz, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la vall\u00e9e du Trient. Heureusement le temps est encore frais et les sommets couverts des nuages g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les pluies de la veille. Nous attaquons les pentes raides de la rive droite, en face de Salvan et des Mar\u00e9cottes, jusqu&rsquo;\u00e0 la Cr\u00eata et sa terrible rampe finale. Plusieurs passages d\u00e9licats ou difficiles nous obligent \u00e0 pousser et porter, dans une for\u00eat humide et ombrag\u00e9e, avant de traverser le p\u00e2turage de Planajeur rendu mar\u00e9cageux par le beau temps du mois d&rsquo;ao\u00fbt. Passage express au hameau du Litro et arriv\u00e9e vers midi \u00e0 Trient. Comme nous n&rsquo;avons pas pris de sandwichs pour nous all\u00e9ger au maximum nous nous attablons devant une d\u00e9licieuse assiette de spaghettis sauce tomate. Ah les sucres lents, on en aura bien besoin plus tard\u2026 Le soleil devenant g\u00e9n\u00e9reux nous repartons, sans avoir pris le temps de bien dig\u00e9rer, jusqu&rsquo;\u00e0 T\u00eate Noire. Puis c&rsquo;est l&rsquo;attaque de la mont\u00e9e au col des Posettes, en passant par les Jeurs, Griba et le lac de retenue des Esserts. De l&rsquo;asphalte nous passons \u00e0 un chemin pierreux et sableux entrecoup\u00e9 de grosses rigoles d&rsquo;\u00e9vacuation, cassantes et dangereuses. Quelques virages et une barri\u00e8re fronti\u00e8re plus loin nous suivons une piste de ski de plus en plus raide, avant de sortir de la for\u00eat vers 1900m et de trouver le chemin barr\u00e9 par un \u00e9criteau interdisant le passage pour cause de minage ! On essaye de contourner l&rsquo;obstacle mais tombons sur un cul-de-sac. En d\u00e9sespoir de cause nous for\u00e7ons le passage (nous sommes en France !) et remontons une piste d\u00e9fonc\u00e9e par les machines de chantier creusant et posant des tuyaux pour une ligne \u00e0 haute tension et une conduite forc\u00e9e. Des mineurs sont bien en train d&rsquo;amorcer des charges explosives \u00e0 notre passage ! Apr\u00e8s bien des efforts on atteint le col des Posettes \u00e0 2000m. L&rsquo;Aiguille Verte et le Mont Blanc apparaissent par moment dans les nuages de cette fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi. Le panorama est grandiose et justifie pleinement l&rsquo;effort du jour. <\/p>\n<p>Le single descendant sur le Tour qu&rsquo;avaient emprunt\u00e9 Steph et JP l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, en plus d&rsquo;\u00eatre interdit au VTT, est couvert de marcheurs paraissant peu enclins \u00e0 tol\u00e9rer le passage de bikers dans notre genre. La descente se fera donc par le chemin tr\u00e8s secouant (cass\u00e9 par les machines de chantiers vues auparavant) sous le t\u00e9l\u00e9cabine, jusqu&rsquo;au Tour. Petit virage \u00e0 gauche et d\u00e9j\u00e0 nous remontons sur le Petit balcon Nord de Chamonix, un superbe single permettant de rejoindre la station en passant sous le glacier d&rsquo;Argenti\u00e8re et le Montenvers. On approche du but, \u00e0 tel point que je me d\u00e9concentre trop et chute deux fois violemment en superbes OTB. Du sang et des h\u00e9matomes, mais sans gravit\u00e9. Un dernier effort et nous arrivons au \u00ab\u00a0Chamoniard Volant\u00a0\u00bb, un g\u00eete sympa et tranquille \u00e0 la douche plus que bienvenue. <\/p>\n<p>Un litre de panach\u00e9e et un gueuleton mexicain arros\u00e9 plus tard nous pouvons enfin trouver un sommeil bien m\u00e9rit\u00e9 ! <\/p>\n<p> <b>Etape 2 : Chamonix \u2013 Les Chapieux<\/b> <\/p>\n<p> Ce matin, avant le petit-d\u00e9j, nous contr\u00f4lons nos montures : m\u00e9chante surprise pour Serge qui avait rayonn\u00e9 sa roue arri\u00e8re il y a quelques jours, tous les rayons sont totalement d\u00e9tendus ! Il va falloir trouver un atelier \u00e9quip\u00e9 et recentrer parfaitement tout cela. Mais le temps presse, l&rsquo;\u00e9tape du jour est longue et d\u00e9nivel\u00e9e, et le shop du coin n&rsquo;ouvre qu&rsquo;\u00e0 9:00 ! La patience, les bons outils et notre sens pratique aidant nous recentrons et retendons cette maudite roue nous-m\u00eames, un v\u00e9ritable travail d&rsquo;artiste sans rien d\u00e9monter du v\u00e9lo, les doigts gourds dans l&rsquo;air frais du petit matin avec vue imprenable sur le Toit de l&rsquo;Europe ! <\/p>\n<p>Comme nous sommes en retard sur l&rsquo;horaire pr\u00e9vu on file rapidement jusqu&rsquo;aux Houches et l&rsquo;on se permet une petite entorse (la seule du tour) \u00e0 notre philosophie : on emprunte le t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique de Bellevue qui nous permet d&rsquo;\u00e9viter la mont\u00e9e jusqu&rsquo;au col de Voza, soit 660m de durs chemins pas tr\u00e8s int\u00e9ressants sous un t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge. Du col nous attaquons une descente d&rsquo;enfer (-20 \u00e0 \u201330%) sur Bionnassay au pied du glacier du m\u00eame nom. Impressionnant ! Un passage de torrent et quelques singles plus loin nous nous retrouvons au fond de la vall\u00e9e des Contamines-Monjoie, pr\u00eats pour entamer la tr\u00e8s longue mont\u00e9e vers la Haute Tarentaise. Partis de 1000m nous devrons atteindre au final le Col de la Croix du Bonhomme et ses 2440m. Nous traversons des lieux superbes aux noms magiques : Nivorin, le Lay, Notre-Dame-de-la-Gorge, le Nant-Borrant, la Balme. C&rsquo;est une succession de parties roulables et de tron\u00e7ons o\u00f9 nous poussons en serrant les dents. Peu \u00e0 peu la pente s&rsquo;accentue \u00e0 l&rsquo;approche du col du Bonhomme (2330m) et il faut porter en terrain difficile et glissant. Les marcheurs que nous rencontrons (beaucoup d&rsquo;Anglais et d&rsquo;Am\u00e9ricains faisant le TMB) n&rsquo;en croient pas leurs yeux en nous voyant : qui sont ces fous avec leurs bikes perdus dans des lieux aussi difficile d&rsquo;acc\u00e8s ? Nous sommes souvent pris en photos, et toujours respect\u00e9s. Au premier col nous levons un moment le pied et discutons avec un couple de Ricains des Mt. Apalache qui en sont \u00e0 leur 2\u00e8me TMB. <\/p>\n<p>Le tron\u00e7on entre le Col du Bonhomme et le Col de la Croix du Bonhomme est p\u00e9nible, la fatigue se fait sentir, le marquage est lacunaire et le terrain caillouteux et dangereux. Mais la vue impressionnante sur les sommets du Beaufortain et la flore tr\u00e8s riche, alli\u00e9es aux odeurs si caract\u00e9ristiques de la haute montagne, nous laissent dans un \u00e9tat second proche du bonheur absolu. C&rsquo;est tout simplement g\u00e9nial ! Le retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ne se fait pas attendre : un \u00e9pais brouillard se l\u00e8ve sur le col de la Croix et nous nous d\u00e9p\u00eachons de faire des photos avant de trouver difficilement le refuge situ\u00e9 100m en dessous. Une fois rassur\u00e9s sur le chemin \u00e0 prendre nous plongeons sur la vall\u00e9e des Chapieux au-dessus de Bourg-Saint-Maurice. D&rsquo;abord sur un single tr\u00e8s raide et difficile, puis dans des p\u00e2turages gras et roulants, puis sur un petit chemin en zigzags se terminant \u00e0 l&rsquo;Auberge de la Nova, but de l&rsquo;\u00e9tape de ce jour. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s un coup de jet \u00e0 nos montures et une bonne panach\u00e9e (un rem\u00e8de tr\u00e8s efficace en fin d&rsquo;\u00e9tape) nous am\u00e9nageons dans une superbe chambre aux lits confortables qui nous change des dortoirs habituels. De plus la pension d&rsquo;Anne-Marie, l&rsquo;accueillante et c\u00e9l\u00e8bre patronne des lieux, est excellente. On y mangera un coq au vin de derri\u00e8re les fagots, agr\u00e9ment\u00e9 d&rsquo;un petit vin de Savoie aigrelet \u00e0 souhait. Un couple de parigots partagent notre table et sont fiers de leurs exploits v\u00e9t\u00e9tesques de vacanciers : descente tous les matins d&rsquo;Arc 2000 \u00e0 Arc 1600 pour chercher le pain et les croissants, puis remont\u00e9es m\u00e9caniques jusqu&rsquo;au d\u00e9part !!! <\/p>\n<p>La soir\u00e9e s&rsquo;ach\u00e8ve t\u00f4t, dehors il pleut mais la m\u00e9t\u00e9o du lendemain est relativement optimiste. <\/p>\n<p> <b>Etape 3 : Les Chapieux \u2013 Refuge Elena<\/b> <\/p>\n<p> Effectivement ce matin le ciel est tout bleu et nous nous d\u00e9p\u00eachons de finir le petit-d\u00e9j et de sauter sur nos montures. Un tron\u00e7on de route goudronn\u00e9e vers le fond de la vall\u00e9e et d\u00e9j\u00e0 nous attaquons les premi\u00e8res pentes vers le col de la Seigne qui marque la fronti\u00e8re entre la France et le Val Veni italien. Passage \u00e0 Seloge et \u00e0 la Ville des Glaciers, puis au chalet des Mottets d&rsquo;o\u00f9 nous devrions voir l&rsquo;arri\u00e8re du Mont Blanc. Malheureusement les nuages sont tr\u00e8s vite l\u00e0 et bouchent la vue sur le g\u00e9ant des Alpes. <\/p>\n<p>La mont\u00e9e au col de la Seigne (2516m) est longue et p\u00e9nible, les portions roulantes tr\u00e8s rares et la sueur abondante ! Apr\u00e8s un dernier effort on atteint le col mythique connu depuis l&rsquo;antiquit\u00e9 et situ\u00e9 sur la ligne de partage des eaux entre la M\u00e9diterran\u00e9e et l&rsquo;Adriatique. Brouillard, vent, moutons, photos, Balisto et habits chauds sont au rendez-vous. La descente de tout le Val Veni va mobiliser notre concentration, car la fatigue accumul\u00e9e commence \u00e0 se faire s\u00e9rieusement sentir. Le d\u00e9part est partiellement roulable, mais les fortes pr\u00e9cipitations d&rsquo;ao\u00fbt ont endommag\u00e9 les sentiers (c&rsquo;est vrai pour l&rsquo;ensemble de ce Tour du Mont Blanc) et il faut souvent mettre pied \u00e0 terre. Apr\u00e8s quelques centaines de m\u00e8tres nous croisons le premier biker sur notre TMB : un gars qui nous salue \u00e0 peine et qui pousse p\u00e9niblement un v\u00e9lo lou\u00e9 dans une gare suisse et pesant au moins 15kg. Impressionnant ! Plus bas nous croisons aussi les premiers v\u00e9t\u00e9tistes italiens qui montent au col pour la journ\u00e9e. La descente est rude et difficile sur un chemin tr\u00e8s empierr\u00e9 jusqu&rsquo;au refuge Elisabetta. Ensuite les conditions s&rsquo;am\u00e9liorent et nous pouvons rouler \u00e0 fond sur la route du Val Veni. Comme les nuages nous cachent les prestigieux sommets du versant italien du massif du Mont Blanc (Mt Blanc de Courmayeur, Aiguille Rouge du Brouillard, Aiguille Noire de Peuterey, Mt Maudit,\u2026) nous limitons le nombre d&rsquo;arr\u00eats photo. Les nombreux marcheurs dominicaux souvent impr\u00e9visibles nous obligent \u00e0 une constante concentration. Nous voici revenu \u00e0 la civilisation et nous n&rsquo;en sommes pas particuli\u00e8rement r\u00e9jouis. L&rsquo;ivresse de la montagne, le calme, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et la beaut\u00e9 des paysages d&rsquo;altitude, malgr\u00e9 le manque de soleil, nous ont peut-\u00eatre momentan\u00e9ment transform\u00e9s. Nous regardons les voitures, les remont\u00e9es m\u00e9caniques et m\u00eame les gens crois\u00e9s avec un certain d\u00e9tachement teint\u00e9 d&rsquo;incompr\u00e9hension. <\/p>\n<p>Mais l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 Courmayeur et le passage sous l&rsquo;autoroute menant au tunnel sous le Mont Blanc ont vite fait de nous d\u00e9griser : les terribles odeurs de gaz d&rsquo;\u00e9chappement et de diesel sont un v\u00e9ritable choc \u00e9motionnel. Nous nous empressons donc de traverser Entr\u00e8ves et son fort d\u00e9nivel\u00e9 pour nous plonger avec d\u00e9lice dans le Val Ferret italien. Cette vall\u00e9e travers\u00e9e de nombreux \u00e9boulis parmi lesquels serpente une superbe rivi\u00e8re \u00e0 truites, la Doire, est absolument splendide. Les nombreux touristes dominicaux sont l\u00e0 pour le confirmer : les voitures viennent de Milan, Turin ou Var\u00e8se. Le soleil resplendit \u00e0 nouveau, les couleurs sont vives et les prestigieux sommets se d\u00e9couvrent partiellement : Aiguille du G\u00e9ant, Grandes Jorasses, Aiguille du Triolet,\u2026 Nous roulons sur l&rsquo;asphalte en traversant Pra Sec et Lavachey (o\u00f9 nous aurions d\u00fb arriver avec le Tour du Grand Combin\u2026). La route s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Arnuva. Fatigu\u00e9s nous faisons une pause avant d&rsquo;attaquer la dure mont\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 Pr\u00e9-de-Bar. Nous retrouvons avec plaisir un chemin empierr\u00e9 raide et cassant, qui nous oblige \u00e0 donner tout ce que nous avons encore dans les tripes. Mais la r\u00e9compense est au bout de l&rsquo;effort : nous atteignons le grand refuge Elena et son confort, ses douches chaudes, son bar bien garni et son excellente table. Le vent souffle fort depuis le c\u00f4t\u00e9 suisse du col qui domine le refuge de 500m. En face le glacier de Pr\u00e9 le Bar d\u00e9roule ses s\u00e9racs au pied du Mont Dolent, point fronti\u00e8re entre la Suisse, la France et l&rsquo;Italie. Le soir le brouillard descend jusqu&rsquo;\u00e0 nous et une pluie persistante se met \u00e0 tomber. Sans nouvelles de la m\u00e9t\u00e9o nous commen\u00e7ons \u00e0 craindre pour le lendemain : notre tour est bas\u00e9 sur des conditions estivales, et nous ne sommes \u00e9quip\u00e9s ni pour passer un col dans la neige fra\u00eeche ni pour rouler une journ\u00e9e enti\u00e8re sous la pluie\u2026 Un dernier caf\u00e9 arros\u00e9 d&rsquo;une grappa tirant \u00e0 50 degr\u00e9s et nous nous couchons \u00e0 9:30 ! <\/p>\n<p> <b>Etape 4 : Refuge Elena \u2013 Martigny<\/b> <\/p>\n<p> R\u00e9veill\u00e9s t\u00f4t ce dimanche matin nous mettons imm\u00e9diatement le nez \u00e0 la fen\u00eatre pour constater que la pluie a cess\u00e9e et que le brouillard fait le yo-yo \u00e0 hauteur du refuge. La temp\u00e9rature a fortement chut\u00e9. Le copieux petit d\u00e9jeuner vite aval\u00e9 et les sacs boucl\u00e9s, nous nous lan\u00e7ons tout de suite dans le poussage\/portage derri\u00e8re le b\u00e2timent. La pente est tr\u00e8s raide et les pluies r\u00e9centes ont ravin\u00e9 le sentier qu&rsquo;il faut grimper avec pr\u00e9caution. L&rsquo;effort \u00e0 froid est rude, le brouillard est par moment tr\u00e8s dense et nous serrons les dents en nous disant que nous sommes presque au terme de notre p\u00e9riple. Par moment nous entrevoyons le refuge en dessous de nous et pouvons mesurer l&rsquo;effort d\u00e9j\u00e0 accompli. La notion de temps nous \u00e9chappe dans ce monde irr\u00e9el et sans repaires. Il fait froid, pas plus de 6 degr\u00e9s, et les poils de nos jambe sont couverts de minuscules gouttelettes d&rsquo;eau. Une derni\u00e8re cr\u00eate et nous devinons dans le crachin le tumulus marquant le Grand col Ferret \u00e0 2537m d&rsquo;altitude. Serge, qui est mont\u00e9 au col en baskets en souffrant de cloques au talon, rechausse ses Sidi, alors que je nettoie les semelles de mes chaussures pleines de boue d&rsquo;ardoise qui bloque les p\u00e9dales automatiques. La descente dans le brouillard du c\u00f4t\u00e9 suisse va \u00eatre rude. Quelques photos, une gorg\u00e9e de Sponser et un Balisto plus tard, nous attaquons la longue descente qui doit nous mener \u00e0 notre point de d\u00e9part 3 jours auparavant. Le sentier a \u00e9t\u00e9 \u00e9largi et nivel\u00e9, mais le mauvais temps de juillet\/ao\u00fbt a fortement creus\u00e9 les nombreuses rigoles d&rsquo;\u00e9vacuation. Leur passage est toujours d\u00e9licat et la boue glissante exige une concentration continue. <\/p>\n<p>C&rsquo;est avec soulagement que nous arrivons \u00e0 l&rsquo;alpage de la Peule en haut du Val Ferret. Des marcheurs qui ont dormi sur la paille s&rsquo;\u00e9brouent et se grattent en discutant avec nous ! Le chemin d&rsquo;alpage est roulant et nous atteignons rapidement la route asphalt\u00e9e apr\u00e8s avoir \u00e9vit\u00e9 de justesse une premi\u00e8re voiture valaisanne ! Les nuages sont tr\u00e8s bas et cachent tous les sommets. A la Fouly nous buvons une boissons chaude, alors que les autochtones en sont d\u00e9j\u00e0 au fendant. En repartant nous trouvons deux Allemands s&rsquo;appr\u00eatant \u00e0 faire le TMB dans le sens contraire du notre. Selon eux la m\u00e9t\u00e9o devrait \u00eatre excellente d\u00e8s le lendemain et pour une semaine. La suite leur r\u00e9servera bien des surprises\u2026 <\/p>\n<p>Nous avions initialement pr\u00e9vu de remonter \u00e0 Champex afin de pimenter cette derni\u00e8re \u00e9tape relativement facile. Mais les nuages tr\u00e8s sombres qui plafonnent \u00e0 la hauteur de la station nous poussent \u00e0 renoncer et c&rsquo;est un peu d\u00e9\u00e7us que nous continuons rapidement sur la route principale par Orsi\u00e8res (o\u00f9 nous retrouvons la circulation du Grand-Saint-Bernard et donnons un coup d&rsquo;hypromat \u00e0 nos montures), Sembrancher et Bovernier. Une derni\u00e8re travers\u00e9e de Martigny bien calme pour un dimanche \u00e0 midi, et nous retrouvons notre v\u00e9hicule envahi par les fourmis ! <\/p>\n<p><b>Au bilan un tour extraordinaire, des efforts consid\u00e9rables, beaucoup de portages, des mont\u00e9es tr\u00e8s rudes, des descentes tr\u00e8s engag\u00e9es, des paysages \u00e0 couper le souffle, des rencontres passionnantes, une fen\u00eatre m\u00e9t\u00e9o limite, 180km parcourus, 5900m de d\u00e9nivel\u00e9 positif, et surtout une immense amiti\u00e9 entre Serge et moi, m\u00eame dans les moments les plus p\u00e9nibles, et qui nous incite \u00e0 repartir au plus vite sur un autre tour alpin.<\/b> <\/p>\n<p> Des photos suivront d&rsquo;ici peu !!!<\/p>\n<input class=\"fooboxshare_post_id\" type=\"hidden\" value=\"23\"\/>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s l&rsquo;annulation du Tour du Grand Combin pour cause de mauvais temps, la m\u00e9t\u00e9o capricieuse de cet \u00e9t\u00e9 2002 nous a enfin permis d&rsquo;accomplir un vieux r\u00eave : faire le Tour du Mont Blanc (TMB) \u00e0 VTT, dans le sens anti-horaire.<br \/>\n Au d\u00e9part nous \u00e9tions quatre participants inscrits, et au final seulement deux : Serge et Daniel. Nous connaissant tr\u00e8s bien pour avoir beaucoup roul\u00e9 ensemble (notamment en Ethiopie lors d&rsquo;AbyssiRaid 98), nous d\u00e9cidons de partir \u00e0 deux en profitant d&rsquo;une des rares fen\u00eatres m\u00e9t\u00e9o favorables de cette p\u00e9riode estivale qu&rsquo;il faudra vite oublier. <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":8661,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[658,4],"tags":[1147,1289,422],"class_list":["post-23","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-outdoor","category-vtt","tag-ferret","tag-mont-blanc","tag-seigne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8661"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alpavista.ch\/Alp11\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}