Météo superbe, chutes de neige récentes et température glaciale : tous les ingrédients d’une mémorable journée de glisse étaient théoriquement réunis ce samedi 5 avril 2003. La pratique a, une fois n’est pas coutume, sublimement confirmé ce pronostic. Un petit vol en hélicoptère jusqu’au pied des Aiguilles Dorées, suivi d’une courte heure de marche d’approche vers l’Aiguille du Tour, nous ont donné accès à une descente d’anthologie via les glaciers des Grands et des Berons, jusqu’au fond de la vallée du Trient. Notre joyeuse petite équipe composée de skieurs, snowboarders et telemarkeur a pu se délecter de pentes quasi vierges recouvertes d’une bonne quarantaine de centimètre de neige fraîche.
Jean-Louis, notre guide du jour, nous a d’abord dirigé de main de maître à travers les différents pièges et crevasses des trois glaciers traversés avant de nous conseiller judicieusement dans le choix des meilleurs versants à « rider ».
2000 mètres de dénivelé dans un environnement grandiose de haute-montagne, de glaciers, de combes et de moraines, le cadre de cette mémorable descente était parfaitement au diapason de la qualité du manteau neigeux, pour nous offrir une époustouflante journée de glisse.
Un tel moment de bonheur dépend évidemment en premier lieu de la générosité de Dame Nature, mais sa totale réussite doit également beaucoup aux différentes contributions humaines. Une série de remerciement s’impose :
– D’abord à Paul pour avoir organisé jusque dans les moindres détails toutes les étapes de cette journée, mais surtout pour avoir eu le talent de choisir une date aussi judicieuse. (Evaluer les conditions météos et neigeuses 3 semaines au préalable n’est incontestablement pas à la portée du premier service de météo venu. :o))
– Ensuite, à notre guide du jour, Jean-Louis, pour nous avoir menés, conseillés, surveillés, encouragés, encadrés, calmés et surtout supportés tout au long de cette journée.
– Et enfin à tous les participants, Isabelle, Benoît, Julien, Victor, Philippe, Christian et Pierre-André pour les merveilleux moments d’émotion partagés.
Samedi 5 avril 2003, 10H30, le Bell 407 d'HeliService qui nous a hissé en 7 minutes jusqu'aux pieds des Aiguilles Dorées, redécolle après sa dernière rotation. Le silence regagne aussitôt l'immense Plateau du Trient, prélude à une extraordinaire journée de glisse.
Les groupes qui nous ont précédé achèvent leur préparation dans l'air glacé, puis s'élancent rapidement selon l'itinéraire choisi.
Dernier briefing de Jean-Louis, notre guide, aux pieds des Aiguilles Dorées. Le départ est imminent.
Nous prenons peu à peu la mesure de la grandeur des lieux. Le panorama qui s'ouvre vers le Sud-Est est magistral : le Grand-Combin et le Vélan dans le fond, l'Aiguille de l'A Neuve et l'Aiguille d'Argentière au premier plan, au-dessus du glacier de Saleina.
La Combe de Saleina déroule sa vertigineuse perspective jusqu'au le village de Praz-de-Fort. Elle n'est pas à notre programme du jour, mais ça me semble indispensable de revenir pour la "faire" un jour ou l'autre.
Après une courte traversée descendante, nous chaussons peaux ou raquettes pour attaquer la remontée vers notre but du jour : l'Aiguille du Tour.
Le petit groupe prend lentement son rythme de croisière. L'ascension est courte et relativement peu pentue. Chacun y évolue à son rythme et selon son équipement.
Paul, notre g.o. du jour tout sourire malgré l'intensité de l'effort ;o)).
Arrivés au pied de la paroi rocheuse de l'Aiguille du Tour, chacun s'affaire pour se préparer à la descente. L'intermède restauration/contemplation du paysage sera réduit à sa plus simple expression, les rafales de vent glacial nous incitant à quitter rapidement l'épaulement.
Par sécurité, le début de la descente sur le glacier des Grands s'effectue espacé et encolonné dans la trace du guide.
Le fond du glacier des Grands nous permet un premier moment de fantaisie. La neige moins soufflée que sur les crêtes nous offre le loisir de tracer nos premières courbes.
Après le passage de la Croix des Berons, les somptueuses pentes bordant le petit glacier du même nom nous autorisent enfin à nous lâcher. Notre guide ouvre la voie, puis la joyeuse troupe s'ébroue aussitôt dans les vastes champs de "peuffe".
Au sortir des longues et pénalisantes traversées encolonnés, la délivrance pour les snowboarders se matérialise sous la forme de longues et appétissantes pentes de neige poudreuse.
Les skieurs font aussi honneur à ce premier avant-goût d'une descente mémorable.
Seul notre télémarkeur du jour, Benoît, trouve que les enchaînement de virages manquent de fantaisie. Il opte aussitôt pour une séquence de plongée avec salto avant des plus rafraîchissante.
Au sortir de chaque pente, de chaque couloir, une petite séance "reprise de souffle" et " partage d'émotions" s'improvise sur un replat ou une corniche.
L'enthousiasme général finira par prendre le pas sur les "corvées" de photographe. Seule témoignage de notre long épisode de "ride" sauvage, les voluptueuses arabesques tracées par les protagonistes du jour et leurs différents engins glissants.
Moment délicieux parmi tous, le pic-nique improvisé quelques centaines de mètres à l'amont de la buvette du glacier du Trient. Enumérer les nobles breuvages et les délicieuses victuailles partagés seraient à la fois trop long et surtout indécents pour ceux qui n'y ont pas participé.
Paul, notre GO préféré à l'arrivée près de la buvette. Déchaussage obligatoire mais sourire indéfectible.
Un dernier regard vers le glacier du Trient, puis nous nous engagons dans la transition finale en direction du village de Trient, pardon du Peuty pour un appéro très apprécié.
Petite séance de papotage en attendant les retardataires qui peinent à s'extraire des griffes de la forêt et des tourments du torrent.