Télé (vision) VS Télé (travail)

Le « Someo » s’éclaire lentement. Encore sept minutes et le « Buddha’s Song » me fera quitter ma couette, me lever, aller pisser, nourrir mes poulettes, prendre mon petit déjeuner, me doucher, me raser, brosser mes dents, me parfumer et, enfin, m’habiller. Partition habituelle de mes petits matins laborieux ? Pas complètement, en fait. Désormais, il n’y a plus de déplacement en voiture pour aller taffer. Juste une porte à ouvrir, une chaise à glisser et un ordi à tirer de son sommeil artificiel. Depuis hier, je « télé-travaille ».

Une messagerie pro, un logiciel de calcul de structures et un autre de CAO, dans un environnement habituellement dédié aux loisirs et à la vie courante ? Le décalage est énorme. Mon cerveau perd ses repères. J’ai envie de surfer, de lire le journal, de chatter sur WhatsApp. Mais non, il faut travailler. Et d’abord, appeler Pierre pour faire le point. Après son appréciable capacité de proximité, le « télé-travail », c’est un peu déstabilisant et presque aussi contraignant que son cousin non télé(génique). Mais, il n’y a pas le choix. Il faut s’y résoudre, du moins tant qu’il y a des malades à épargner et des chantiers à alimenter.

Petite matinée. Pas très concernée, encore moins productive. Ça ira mieux cet aprèm. Ou pas.

Le semi-confinement a au moins ça de positif, qu’il m’incite à optimiser le contenu de mon frigo. Après le velouté aux queues d’asperges non-jetées, aujourd’hui, c’est salade de restes. Penne sauce tomate et asperges vertes poêlées, ça se marie ? Surement. Il suffit de rajouter du cervelas, du gruyère et deux ou trois tomates dattes et une grosse lampée d’huile d’olive au basilic. Comme souvent, les restes apprêtés, ça le fait. Surtout au début. C’est varié, inédit, plutôt goûteux. Après quelques bouchées, ça le fait moins. C’est confus, douteux, pas vraiment ragoûtant, impossible à terminer.

Ce midi, même l’ami Nagui ne parvient pas à accrocher mon esprit avec sa verve de plus en plus prévisible. Pas grave. Je n’ai qu’à retourner « télé-travailler ». Treize marches, un étage à monter et me voilà en train de tracer le réseau d’irrigation des Meillerines. Effectivement, ça va (un peu) mieux que ce matin. Mon cerveau commence à comprendre que, désormais, là où il avait l’habitude de se relaxer, il devra se concentrer. Les premières chaleurs de mars réchauffent l’atmosphère de ma « chambre-bureau » provisoire. Le plan finit par ressembler à quelque chose et surout par devenir un document PDF aussitôt transféré sur le Drive. Direction Fully et le serveur du bureau, via ceux de Mountain View, California. Vive la mondialisation. Ou pas…

La suite de mon premier jour de travail ? Passer jeter un coup d’œil sur le chantier de Pierre, à Vilette et, en profiter, pour ramener un peu de pain. Un programme parfaitement adapté au Levo et qui me permettra de lutter contre ce réchauffement climatique qui n’intéresse désormais plus personne. Allez go ! Direction la vallée, via mon chemin pédestre préféré, malgré les recommandations de prudence des autorités qui craignent par-dessus tout un engorgement de nos chères urgences.

C’est fou ! Je n’ai jamais vu autant de randonneurs sur « mon » sentier. On m’aurait donc menti au sujet de ce confinement qui ne veut pas dire son nom ? Peu importe, ces randonneurs d’un potentiel dernier jour de liberté ne sont pas vraiment râleurs, et plutôt avenants, à défaut d’être vraiment conviviaux.

Une caissière sympa et deux photos de chantier plus tard, me voilà sur mon Mont Ventoux à moi. La remontée du Diabley. Une petite pression du pouce gauche et mon fidèle Levo, (si, si, bientôt 3 saisons) me ramène en douceur vers mon chalet de confinement, sans me priver, au passage, de tailler une sympathique bavette avec le courageux Dr Gilbert Bruchez, rattrapé au détour d’un lacet. Tout y passe santé, VTT, électricité, corona et blabla.

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