Vous l’avez sûrement remarqué, si aucun jour de (semi)confinement ne nous a été épargné, certaines de mes chroniques correspondantes sont passées à la trappe. Désolé, mais l’appel du beau temps et de la selle de vélo sont parfois plus forts que mon goût à mettre sur papier (virtuel) mes états d’âme. Rien de grave, donc, mis à part des chemins qui commencent furieusement à me démanger. Par bonheur, j’ai (à peu près) tout ce qu’il faut, près de chez moi et je peux roul(ats)er facilement en démarrant sur le pas de ma porte. Même s’ils sont devenus très familiers, au fil des années, les chemins du versant adret de la vallée me permettent d’assouvir un minimum mon regain d’appétit pour la terre meuble et les lacets lascifs, tout en respectant les (semi)mesures imposées conseillées par l’ami Berset. Le bike « afterhomework » a donc, lui-aussi, trouvé une place quotidienne dans mon emploi du temps de confiné. Au même titre que le quart d’heure de gym matinal, le mug de « Cafino », le télé-travail ou la réduction du nombre de repas journaliers. Si la routine 2.0 est maintenant bien installée, elle n’est heureusement pas non plus à l’abri d’un ajout, finalement, loin d’être surprenant.

Ce qui est intéressant dans le fait de pédaler, c’est que, pendant que le corps sue et souffre, l’esprit, lui, est disponible pour la réflexion. Enfin, à la montée, surtout, parce qu’à la descente, comme sur le chemin de la Dent, hier soir, mieux vaut avoir l’esprit « focus » et les yeux en face de trous pour éviter d’avoir à affronter une vindicte populaire, autrement plus redoutable que l’inhospitalité de services d’urgence surchargés, en cette période confuse pour l’opinion publique. Pour en revenir à ma longue réflexion d’hier, longue parce que mon rythme d’ascension est encore loin d’avoir déjà trouvé sa souple et régulière allure estivale, je me disais que ma vie, version réduite, était finalement loin d’être insupportable. Pas tous les jours motivante, certes, mais la 1.0 ne l’était pas non plus, avec des pans entiers mis entre parenthèses, mais pas imbuvable pour autant. Le fait d’habiter un village de montagne, à l’écart des grands axes et des grandes agglomérations, comporte un lot de contraintes, hivernales, logistiques ou culturelles, que cette satanée épidémie tend aujourd’hui à faire complètement oublier. L’exode de ces habitants de grandes villes ayant la chance d’avoir anticipé une « lex » cher à un Franz aujourd’hui décédé, vers le calme et le périmètre de sécurité de leur résidence secondaire, n’est sûrement pas étranger, non plus, à ce sentiment de (semi)impunité « kohlantesque ».

« Pour vivre heureux, vivons cachés ».

Encore un dicton « con » qui prend, durant la période actuelle, un sens plus profond qu’on ne l’avait jamais imaginé.

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