La ponctualité, dit on, est la politesse des rois. L’arrivée d’une neige abondante et parfaitement synchronisée avec le changement d’heure, pouvait donc laisser penser que le début de l’hiver 08/09 serait royal. Déjà occupés à dépoussiérer nos skis de rando, nous avons trop vite oublié qu’en matière de météo, ce sont désormais les caprices qui sont rois, ou, en d’autres termes chiffrés, comment passer d’une température de 0 à 21° et d’une couche de neige fraîche de 30 à 0 centimètres en 48 heures chrono. La réponse est simple : un puissant régime de foehn, loin d’être inhabituel à cette saison, qui nous a convaincu, bon gré, mal gré, de laisser encore un peu de répit à nos lattes pour persévérer sur nos selles.
Le VTT en novembre, même avec un coup de pouce de notre chaud vent du sud, ça se pratique de préférence sur la rive adret de la vallée du Rhône. Le choix des sentiers de moyenne altitude y est suffisamment vaste pour varier les itinéraires et les dénivelés. Au menu de ce lendemain de Toussaint, donc, point de ski, mais du pain, du vin et … des chemins, en l’occurrence ceux virevoltant autour de la butte du Christ-Roi. A commencer par celui de l’ascension, à travers le splendide vignoble du vallon de la Lienne. Puis, ensuite, ceux qui courent le long des bisses de Clavaux et de Sillonine. Et enfin, après un secteur de bitume forcément toujours trop long, celui qui dévale « en directissime » du sommet de notre « Corcovado » local sur St-Leonard.
Petite cérémonie aérienne et pas très catholique en préambule de notre rando dominicale d'Halloween ou de la Toussaint.
Retour sur terre, ou plus précisément sur asphalte, pour une sympathique ascension à travers le vignoble doré du vallon de la Lienne.
Qu'un seul chemin nous propose sa terre, même humide et, déjà , faibles bitumeux que nous sommes, nous cédons à la tentation.
Le bisse de Clavaux, même à contresens, reste un met de choix, que notre éducation reçaue loin du goudron, nous oblige à honorer.
Le passage de la conduite forcé, parfois délicat et exigeant en fin de rando, se fait aujourd'hui 'fingers in the nose'.
L'or et l'argent : toutes les valeurs ne sont pas sonnantes et trébuchantes quand on est vttiste et amoureux de Dame-Nature.
Chemins rétrécis et passerelles glissantes : passage en mode 'funambule' pour notre arrivée dans les gorges de la Lienne.
N'oubliez jamais votre casque, même si parfois sa protection peut sembler dérisoire.
La redoutable montée de la forêt de Déclive, la bien nommée : toujours exigeante, souvent grasse, et, cerise sur le gteau, aujourd'hui parsemée d'arbres renversés par les récentes chutes de neige. Que du bonheur.... et quelques décilitres de sueur.
L'attaque sur le bisse de Sillonine, ou l'art de rouler 200 mètres au-dessus des eaux de la Lienne en mettant à profit la corde de sécurité destinée aux randonneurs craignant le vide.
No Comment ! ou plutôt si, pour passer du niveau supérieur au niveau inférieur de ce bisse suspendu, il y a juste une cinquantaine de marches en bois humide à descendre.
Les riders qui, comme Christian, jaugent leurs chances de survie en cas de chute, au nombre d'arbres susceptibles de leurs servir de filet, sont ici bien servis.
Le danger ne situe pas uniquement du côté du vide. Les nombreuse et imprévisibles saillies de la paroi rocheuse peuvent brutalement vous désésquilibrer et vous expédier dans les cordes.
Au royaume de la verticalité, le rider téméraire est roi.
Par manque de place, ou par souci d'originalité, les responsables locaux du tourisme ont choisi de poser leur banc au meilleur emplacement qui soit. Ne manque qu'un trou à travers la latte centrale....
Dès qu'il s'est extrait des vertigineuses gorges de la Lienne, le bisse de Sillonine devient beaucoup plus ludique à rouler.
Foehn, soleil et tiédeur pour un automne en pente douce.
Même la coiffure du cheval de Barbie est mise à mal par la tempête de foehn qui nous accompagne durant toute l'ascension vers le village de Lens.
La terrible bugne finale entre le stade de Lens et le petit oratoire du Christ-Roi : si votre tête a oublié, vos jambes s'en souviendront.
Les derniers hectomètres du chemin menant vers le sommet de notre 'Corcovado' sont certes encore exigeants, mais déjà ludiques à souhait.
Ultime passage ascendant et neigeux avant d'accéder à la face sud-ouest et à sa célèbre descente sur St-Leonard.
Même si elle commence en pente douce, cette descente laisse rapidement deviner son caractère : rocheux et technique.
Traces de freinage et trajectoires divergentes pour un plaisir commun.
Chris dans un de ses exercices favoris, les épingles improbables.
Douceur de l'air, génévriers odorants et camaà¯eux de teintes automnales. La qualité d'une journée ne résume pas uniquement aux singles choisis.
Surcharge de trafic ? On ne peut pas dire ça, même si ça bouchonne parfois.
Selon l'exposition et l'altitude, l'humidité et l'adhérence du sol varient en permanence.
Chronique d'un retour en plaine annoncé.
Sous les tempétueux assauts du foehn, la limite de la neige remonte à vue d'oeil.
Par chance, pratiquement tous les tronçaons de racines ont séchés avant notre passage. Merci Monsieur le Foehn.
Les bifurcations se succèdent, mais notre trajectoire ne varie pas : 'Down (the) Hill'.
Hardtail Power !
VTT viticole pour clôturer une descente d'anthologie.
Les tortueux chemins de vignes ne sont jamais avares en surprises : culs de sac, murs infranchissables, guérites mal placées ou virages à l'équerre se succèdent pour pimenter l'exercice.