Longuement attendue par les uns, ardemment désirée par les autres, mais à coup sûr bienvenue pour tous, la première « vraie » neige de l’hiver est finalement tombée pour recouvrir, bien plus généreusement que prévu, l’ensemble de la chaîne alpine. Noël gris, ocre et terne, mais Nouvel An blanc. L’an dernier, Monsieur hiver avait débarqué le 26, cette année, il s’aboule le 27. Quelle timing ! Même si certains, à mon instar, aurait préféré le voir se pointer quelques semaines plus tôt, histoire de rendre plus joyeux et ludiques, les mornes et sombres novembre et décembre. Finalement qu’importe la date, l’hiver est là et la saison de ski peut démarrer, même, ou surtout, loin de la très « chère » neige à canons et des boulevards à touristes.
Pour notre sortie de reprise, nous avions jeté notre dévolu sur les « petits » 750 m de D+ de la pittoresque et boisée ascension des Blisiers à partir de la banlieue basse du village du Levron. Une belle « petite » course, réputée sûre bien au delà du degré 3, mais trop souvent mise à mal par son exposition et sa faible altitude. Le froid mordant et les 50 cm de fraîche, récemment débarqués, étaient donc une véritable aubaine pour aller goûter à l’itinéraire préféré de nos amis Vollégards dans des conditions quasi idéales, hormis un manque de sous-couche, un peu « craignos » pour nos semelles tout juste « refaites ».
Un démarrage urbain, mais aussi plein d'urbanité, grâce à une trace aussi douce que villageoise.
Une trace qui reste toujours aimable quand elle s'amourache d'un des nombreux sentiers de la région mais qui devient plus revêche dès qu'elle choisit de s'en éloigner.
Au toujours magnifique col du Lein nous avons rendez-vous avec les rentrées de la bise glaciale. Parfait, pour sécher nos premières gouttes de sueur d'une saison qui en comptera beaucoup d'autres, espérons-le.
Le gruppetto flâne, contemple, mais ne s'arrête jamais.
La belle clairière de notre prochaine escapade nous fait déjà de l'oeil, du haut de son arête boisée.
En attendant, notre clairière du jour déroule son faux-plat sommital entre des mélèzes récemment repoudrés.
Quand le regard embrasse le panorama des val de Ferret et de Bagnes ...
... et que l'abîme dévoile d'un seul coup d'oeil tout le D+ avalé...
... c'est que la croix sommitale est à portée de spatules.
Doudounes et selfy sont de sortie.
Les premiers virages d'une saison et autres plaisirs minuscules.
Full Gaz Fanny, un style étonnant et une audace de tous les instants.
Beaucoup de fraîche et peu de pente, certains tronçons demandent à être schussés ...
... d'autres, à être carvés.
Une belle fréquentation pour une arête certes pommelée, mais relativement étroite ont suffi à transformer certains secteurs en piste ... des années 80. (avant les lisseuses)
Reste que les "à-côtés" sont aussi nombreux qu'encore bien garnis.
Largement de quoi faire sa trace, à condition de skier léger en raison de l'absence de sous-couche.
Les unes montent encore, les autres descendent de nouveau.
Sur une crête perchée.
Avant une nouvelle séance de slalom dans laquelle il vaut mieux ne pas chercher à rabattre les portes avec l'épaule.
Quelques appuis rugueux nous incitent petit à petit à mieux choisir nos trajectoires.
Ou pas !
Ah si Simon Ammann avait choisi le Levron au lieu d'Obersdorf, il n'aurait peut-être pas fini le nez dans la farine.
Même si la banlieue nord du Levron se rapproche à la vitesse grand V...
... nous ne renonçons pas à déguster notre premier dessert de la saison...
... jusqu'à son dernier atome de peuf...
.... et à son ultime virage carvé.
Et deux traversées du Levron ! Pour ceux et celles qui n'y avaient jamais mis les pieds, ça fait déjà beaucoup.