Le « Magic Pass », vous connaissez forcément. Mais le Cornopass, peut-être pas encore. Et vous avez tort, parce que ce col perché entre le petit barrage de Gries (Griessee) et le Val Bedretto, est une pure merveille, à admirer, à traverser et à rouler. Une fois expédié la traversée « interdite » à travers les éoliennes chères à notre ex-Doris nationale, vous pénétrez dans un environnement de rêve. Un enchevêtrement de moraines ocres et grises, posées quelques centaines de mètres à peine au dessus des eaux turquoises du petit lac de retenue, face au toujours vaillant glacier de Gries.
L’endroit est absolument magique* et son chemin plus que divin. Accueillant, facile d’accès et sinueux juste ce qu’il faut, il vous emmène joyeusement jusqu’aux fatidiques 2485 mètres qui vous permettent de basculer dans une autre vallée, un autre canton et une autre région linguistique. D’un coup, d’un seul, les appellations passent du « horn » et du « stock » aux « A » et aux « O », les randonneurs, du « Guete Morgen » au « Buongiorno » et les chemins, d’un revêtement principalement terreux, à de la caillasse dispersée et à des pans de rochers aux arêtes acérées.
La neige qui nous en avait empêché l’accès, l’année passée, n’a finalement fait que retarder notre « tombé en amour » avec ce petit coin de paradis, perché entre Valais et Tessin.
* (MagicPass)
Deux clôtures grillagées à franchir pour accéder au secteur interdit de Mändeli.
Interdit parce que la Doris au regard « chelou » y a fait installer ses hélicoptères fixes et inutiles.
Mal pour un bien, la piste qui a servi à construire les éoliennes nous permet de nous élever sans grandes difficultés.
Le Bättelmatthorn, aussi nommé Punta dei Cmosci, atteste que nous entrons dans un secteur limitrophe.
Limitrophe entre Italie, Tessin et Valais, mais aux paysages absolument incroyables.
Le gris des moraine, l'ocre des herbages desséchés et, entre les deux, le turquoise du Griessee. Tant de beautés, et un chemin particulièrement divin.
Rouler ici, c'est un peu comme rouler au paradis. Même si, au vrai, on est pas spécialement pressé d'y accéder.
Même si le Griespass nous tend les bras, ce n'est pas vers lui et sa Route du Sbrinz que nous nous dirigeons.
Avant de plonger vers Domodossola et l'Italie, il y a encore une bifurcation momentanément cachée. Celle qui mène vers le Cornopass et le Tessin.
Nous laissons derrière nous les hélicoptères aux pales fixes, sans regrets...
... pour entamer la courte mais très belle ascension vers le « Corno »
Très belle n'est ici clairement pas suffisant. Notre chemin vers le Tessin touche au sublime.
Au sublime et aussi, localement, au rugueux. Forcément, on se rapproche inexorablement du versant sud des Alpes et de sa caillasse caractéristique.
Une fois le « Corno » franchi, son chemin hésite entre poursuivre à flanc ou se laisser glisser vers le Val Bedretto.
Et, finalement, c'est le genre d'hésitation qui est vraiment sympa à rouler à VTT:
La silhouette caractéristique de la « Capanna Corno-Gries », chère à l'architecte Silvano Caccia, grandit dans notre champ de vision, à chaque crête franchie.
En perdant de l'altitude, on gagne peu à peu en minéralité, versant sud des Alpes, oblige.
D'accueillant et conciliant, notre chemin devient rapidement « ghiaioso e insidioso » (Caillouteux et piégeux)
Bardé de difficultés et constellés de vastes zones de rochers aux dents acérées, il vaut mieux regarder où l'on met les roues pour y rouler (à peu près) en sécurité.
Une remontée express de la route en béton du Nufenen, nous ramène face aux beautés de notre beau Valais. A moins qu'elles ne soient déjà (en partie) bernoises ?
Les hélicoptères fixe, face « B ». Ni plus utiles, ni plus belles. On va donc se concentrer sur le chemin.
D'abord parce qu'il le vaut bien. Mais aussi, parce qu'il l'exige.
Sa première partie est bardée de lacets, plutôt bien tracés, mais exigeant quand même un peu de doigté....
.... et d'affinité avec le pilotage sur rochers.
A Ladstafel, le chemin historique du Nufenen, change de rive (de l'Ägene).
Parallèle et proche de la route du col, il offre une alternative bienvenue aux vttistes inspirés.
Même certains de ses secteurs demandent un peu de courage et de précision de pilotage.
Si vous pensiez que le Wanderweg allait plonger dans les gorges de l'Ägene, vous vous trompiez. Et nous aussi.