Je pense que personne ne me contredira si je dis avoir la chance de pratiquer mon sport favori dans une région bénie des dieux. Le Valais est un petit paradis pour le VTT. Pourtant, lors de cette superbe rando autour du Grand Combin, je crois que j’ai découvert encore mieux : le paradis « tout court ». Le fond du Val de Bagnes fait certainement partie des régions les plus sauvages et les plus préservées des Alpes, à tel point qu’un projet de parc nationnal y est même envisagé. Que dire alors de son pendant valdotain ? Le Haut Val d’Ollomont est une petite perle de la nature. Massifs abupts et rocailleux, neiges éternelles et glaciers suspendus, vastes prairies verdoyantes ondulant de combes profondes en crêtes potelées, sa topographie réunit dans un espace restreint tous les ingrédients nécessaires pour en faire un lieu étourdissant de beauté sauvage et de paysages puissants.
Je regrette de ne pas avoir pu partager ces merveilleux moments de bonheur avec les autres particpants inscrits pour le Tour du Grand Combin organisé par Farenj. Mais je suis pratiquement certain que ce n’est que partie remise, car je crois bien que je suis tombé amoureux…. de ce petit coin de planète. Je ne me vois pas continuer à faire du VTT sans y reposer un jour ou l’autre les crampons de mon spad préféré.
Bon, je vais m’arrêter là, sinon il y en encore qui vont affirmer que j’ai abusé de Grappa Valdotaine… (suivez mon regard) Et le pire c’est que j’aurais pu….
En nous arrêtant pour faire le plein de nos Camelback dans un petit chalet de pierres, son sympathique propriétaire nous a en effet proposé le plus sérieusement du monde, de remplacer « l’acqua » par de la « grappa »…. Juste 2 litres par personne, comme ça, tout simplement….
Beau pays et, en plus, beau peuple.. Je suis fier d’être un de vos « cousins », amis Valdotains. ;o))
Les inévitables kilomètres de bitume entre Fionnay et le couronnement du barrage de Mauvoisin sont rapidement avalés pour accéder à la piste de la cabane Chanrion, longeant le lac artificiel sur sa rive gauche.
Comme la piste est à profil descendant dans sa plus grande partie, le mur de béton au pied du Mont Pleureur s’éloigne à la vitesse grand V. Ce premier tronçon interminable pour les randonneurs pédestres, est une simple formalité à VTT.
L’arrivée à l’alpage de Grande Charmotane marque le début des hostilités. Nous abandonnons la piste qui suit le fond du Val de Bagnes pour nous hisser sur son flanc gauche. Après un long portage pour gravir les premières pentes abruptes, l’arrivée à Plan Fenêtre nous remet en selle.
Le chemin figurant sur le tour du Grand Combin est parfaitement entretenu et par conséquent roulable sur toute la 2ème partie. Il y a juste quelques raidillons pour pas oublier de pédaler et quelques pierres sournoises pour empêcher de s’extasier béatement devant la beauté sauvage du petit vallon.
Le Mont Gelé et ce qu’il reste du glacier du même nom annonce l’approche du col.
Un dernier regard vers le fond du Val de Bagnes, le glacier et le Bec d’Epicoune et puis direction Italie.
La voilà enfin en vue cette fameuse Fenêtre de Durand, au pied de l’arête Est du Mont Gelé.
Comme le chemin serpente sur le côté du vallon, il reste parfaitement roulable, malgré les moraines et les pierriers de plus en plus omniprésents.
A partir de 2700 mètres d’altitude, la nature devient de plus en plus hostile. Nous entrons dans le royaume des neiges éternelles et des apics vertigineux. Pourtant le chemin reste partiellement roulable.
La pente s’accentue de plus en plus, mais nous sommes à nouveau « on the bike », et cette fois, plus question de remettre pied à terre avant l’arrivée au col. Sur le versant Nord, le Val de Bagnes dresse ses derniers pics montagneux, la Ruinette et la Pointe d’Otemma, comme des soldats chargés d’en garder l’entrée.
2797 m, l’arrivée au col. Le passage en Italie méritait bien un petit « weelhing », non ?
Le Lago Fenêtre nous souhaite la bienvenue dans le Val d’Aoste. Le premier tronçon de descente sur le versant transalpin est plus accessible que prévu. Rouler à travers l’immense pierrier est tout-à-fait possible, en évitant de quitter le tracé du sentier.
Le Mont-Vélan et son arête se prolongeant plein Sud, nous indique le chemin qu’il reste à parcourir pour basculer sur le versant amenant à « Etroubles ». Profitons-en, pour le moment la piste est descendante.
Très rapidement, nous récupérons la piste, destination « Etroubles ». Le seul « hic » c’est que le village terminal de notre rando, se situe au-delà de la dernière chaîne de montagnes visible sur la photo. Je sens qu’on a pas vraiment finit de « pédaler » pour aujourd’hui.
Le paysage du Haut Val d’Ollomont est véritablement splendide. Heureusement, parce que la piste y est interminable. En suivant tous les plis et replis du terrains, elle nous entraîne de combes profondes en crêtes suspendues dans une étonnante farandole de méandres poussiéreux.
Le versant valdotain de la Fenêtre de Durant est une petite perle de la nature, sauvage, rude, limite hostile. La chaîne du Monte Morion nous sépare de la Valpelline semble presque menaçante tapie dans l’ombre d’un nuage d’orage.
La Conca di By et le Cheval Blanc.... No Comment... Y a plus de mots.
Après d’innombrables circonvolutions harmonieusement découpées dans l’immense pâturage, nous finissons enfin par nous extraire du Val d’Ollomont. La Fenêtre de Durand, semble terriblement loin, presque hors de portée. Pourtant nous en venons.