De nombreux villages du Haut-Valais se ressemblent : une situation en balcon au-dessus de la vallée, de petites habitations regroupées autour d’une incontournable chapelle, une route d’accès étroite et sinueuse, un réseau de chemins pédestres foisonnant et une occupation uniquement estivale. Même leurs appellations possèdent un certain nombre de similitudes. Courtes, claquantes et gutturales, Bachalp, Tatz, Raaft, Erl ou parfois plus chantantes, Oberu, Meiggu, Ladu, Finnu, Nessel. Pourtant, tous ces hameaux sont différents. Chacun possède son caractère, ses charmes et, surtout, ses résidents attitrés.
Sur une carte topographique aussi, tous les traitillés se ressemblent. Pourtant, sur le terrain, tous les sentiers possèdent ses propres particularités. Certains aiment la forêt, alors que d’autres préfèrent le vide. Certains offrent un tracé souple et coulé, là où d’autres sont vifs et nerveux en diable. Certains sont revêtus d’une terre lisse et douce, pendant que d’autres arborent caillasse et rochers. Certains offrent un profil onctueux et roulant, lorsque d’autres regorgent de cassures et de marches. Certains sont espiègles et joueurs, tandis sque d’autres sont plus rigides, voire carrément bourrus. A force de les fréquenter, semaine après semaine, il arrive forcément un dimanche où aucun traitillé repéré ne daigne se transformer en un «Wanderweg» véritablement adapté au VTT. On l’appelle le dimanche avec un petit « d » et avec un gros « G », comme galère. En principe, il y en a un seul par saison. Du coup, on sait qu’une fois sa date passée, tout le reste de l’été ne sera plus que bonheur, volupté et … sueur.
Dès la sortie du village d'Ausserberg, les copieux pourcentages de la route de Raaft se rappellent à notre bon souvenir.
Ciel d'orage sur le Saastal.
Dans le hameau de Raaft, même les fontaines ont des allures de Roitschäggättä.
Chemin bucolique et douceur de pente pour un épisode aussi court qu'appréciable.
Dans notre ligne de mire, sur l'autre versant du vertigineux Baltschiedertal, Honalpa, autre village suspendu visité l'an passé sur le chemin d'Erl.
A propos de chemin, le notre prend soudain des allures d'ascenseur...
... avant de retrouver un profil aussi doux ...
... que forestier.
Au rythme des fronts orageux qui obscurcissent l'horizon ...
... nous tentons d'apprivoiser un profil maintenant devenu aussi capricieux qu'exigeant.
Raidillons et couloirs avalancheux émaillent notre lente course contre les premières averses qui menacent...
... et qui finissent par nous rattraper sur les derniers hectomètres montants d'un single qu'on avait lu parallèle aux courbes de niveau.
Un début de descente sous la pluie et sur un chemin en traitillé, sur la carte comme sur le terrain.
Entre un dédale de génévriers envahissants et un vertigineux pan d'ardoises inclinées, nous parvenons à dénicher quelques secteurs à peu près roulables.
Orage fugace et single hostile pour une deuxième partie de descente à peine moins revêche.
Allez, vous prendrez bien un petit trait de Nirwärch pour tenter d'adoucir les amples gorgées d'un cocktail beaucoup plus rugueux que prévu.
Un retour à l'horizontal verdoyant et luxuriant.
Herbes grasses et madriers brunis, ou la météo expliquée aux nuls par l'image.
A l'approche d'Ausserberg nous retrouvons enfin un "wanderweg" digne de ce nom.
Tracé à travers un véritable champs de bataille ...
... il est gardé par une armée aussi capricieuse que peu belliqueuse.