Je ne sais pas ce que vous avez prévu pour votre « prochaine » vie, mais si vous pensiez vous installer dans la « Maison de Dieu », vous avez intérêt à affûter vos mollets. Parce que la piste qui y mène est du genre « dure à cuire ». De la pente à revendre, de la chaleur accablante et du lacet pour bien vous empêcher de voir ce qui reste à gravir. Oui, mais une fois tout en haut, si la déco vous déplait, ou si l’ambiance vous saoûle, vous aurez toujours la possibilité d’emprunter « Castellet », un « sendero » cinq étoiles, pour redescendre sur terre. Et accessoirement sur roches fixes ou fuyantes.
Malheureusement, une fois de retour dans vos pénates, « solos » et « cortados » encore tout chauds dans l’estomac, il faudra repartir. Eh oui, il aurait peut-être mieux valu réfléchir avant de faire part de vos légères divergences de vue à « Dios ». Tant pis, direction Xirles, tout à la pédale, dans la moiteur étouffante du printemps ibérique. De la piste large et poussiéreuse, de la roche lisse et quelques tronçons de bitume à avaler, avec quelques « nisperos » pour bien faire descendre, ou plutôt monter, et voilà le formidable réseau de « caminos del pueblo » à portée de vos crampons. Du « flowy », du « caillasseux », du rocheux, mais surtout du terreux, compact, adhérent, stable. Parfait pour prendre confiance et accélérer le rythme, jusqu’à ce qu’une première cassure vous incite à vous calmer de la poignée.
Du grand et beau single, digne de ce que la Colombie Britannique propose en masse, l’humidité en moins et la chaleur en plus. Si la « Mecque » du « mountainbike » reste nord-américaine, la région d’Altea peut facilement postuler pour la place de meilleure dauphine européenne.
David et José, nos deux anges gardiens, entre zenitude feinte et zenitude naturelle, devinez qui est qui.
La photo rend mal la pente de la piste bétonnée qui mène à la Maison de Dieu.
Pourtant, quand le Foxy ne dispose plus de rapports adaptés, il reste le slalom sur la largeur de la chaussée pour en diminuer la déclivité.
De la zenitude à la sueur, il n'y a que quelques lacets et hectomètres de dénivelé à vaincre ... avec le sourire.
J'imaginais la Maison de Dieu, plus confortable et mieux décorée.
Le paradis est bien fait. Pour rallier Castellet depuis la Casa de Dios il y a d'abord un divin chemin à flanc.
Et quand "Petit Château" débute enfin, il le fait tout en roches douces et adhérentes ...
... avant de se montrer plus fuyant et poussiéreux.
Pas de quoi mettre à mal l'optimisme permanent de notre guide Josélito.
Mais néanmoins de quoi forcer les plus optimistes à un peu de prudence, surtout en épingle.
Et quand prudence rime avec expérience, l'emploi de la force n'est même plus nécessaire.
Sauf peut-être quand l'épingle se referme et que la roue avant perd peu à peu son adhérence.
Dame Patricia et Monsieur Moustache, le duo win-win de la semaine.
Quand les fauves sont lâchés ...
... l'arbre en milieu de chemin reste une position privilégiée pour le photographe aventureux.
En perdant de l'altitude "Castellet", de caillasseux devient toboggan.
Un toboggan, localement rocheux et engagé.
Apéro à Polop avant de retraverser Xirless downtown pour remonter vers l'Ombria, notre prochain but.
José pris en flagrant délit de chapardage de "nisperos". Larcin généreusement partagé est à demi-pardonné.
Josélito y Vincente, notre duo d'inséparables. L'un ouvre, l'autre suit, jamais très loin derrière.
David, l'invité surprise de notre journée et son hardtail 27.5+. Même avec un tout-sus', faut s'accrocher pour suivre.
Si nos après-midi "flowy" font le bonheur de Monsieur Moustache et de sa cavalière d'une semaine...
... ils ne nous privent pas pour autant d'un sourire contagieux.
Full-gaz Vincente à la recherche de son ouvreur de luxe.
Le métier de photographe improvisé est parfois plus dangereux qu'on ne le pense. Surtout quand l'ouvreur ne vous découvre qu'au tout dernier moment.
Avec ?
Ou sans ?
Avec, c'est clairement plus amusant.
Notre retour vers Xirles est constellé de courtes remontées aussi abruptes qu'épuisantes...
... séparées par de sympathiques et reposantes transitions le long de séguias asséchés.
Mais si Señor séguia choisit de changer d'étage, mieux vaut avoir le coeur bien accroché.
Et quand on croit l'horizontalité enfin retrouvée ...
... il reste toujours une nouvelle cassure à avaler.
La plongée finale vers le "Moli de Xirless" ...
... est aussi cassante que l'ombre de son jardin et la fraîcheur de ses "cervezons" sont agréables dans la "calore" désormais étouffante de l'aprèm'.