Voilà une belle manière de couronner une journée, une fois de plus, royale. Des alcools locaux dont la dégustation tardive aura été l’occasion de partager une animée séance de refonte d’un monde qui semble partir à vau-l’eau. Mais aussi, une belle façon de clôturer la journée de repos la plus animée de tous les « trips » VTT auxquels j’ai déjà eu la chance de participer.
30 km et 5 heures de VTT qui nous auront emmené dans une incroyable boucle autour du massif de la Dent du Ratier et, par la même occasion, de véritablement rentrer dans le Queyras, après nos deux sorties dans le Briançonnais voisin.
Du célèbre Furfande, nous aurons eu la chance de découvrir, d’abord son long vallon d’accès et son superbe col panoramique, puis les célèbres chalets perchés sur son versant sud, ses granges voisines et, finalement, son accueillant refuge, pour un « casse-dalle » de mi-journée qui valait, rien que par la vue proposée, bien des « gastros » étoilés des Hautes-Alpes.
Au départ d'Arvieux, nous sommes confrontés à une nuée mouvante de brebis marseillaises à peine débarquées de leur long voyage en camion.
Nous décidons d'attaquer la remontée de la piste de Furfande sans tarder, pour éviter d'avoir à nous dépatouiller avec la masse grouillante et bêlante.
Une piste longue et de plus en plus raide qui nous fait finalement émerger aux hauts des 2500 mètres d'altitude du col du même nom.
Après une sympathique prise de bec avec un couple de personnes âgées adeptes de contemplation béate, nous choisissons de basculer en adret.
Pour rejoindre le refuge, au sentier directissime, nous préférons la boucle ....
... qui sinue paresseusement à travers les Granges de Furfande.
Mais, même le charme suranné des lieux ne parvient pas à calmer l'appel du pied, de notre estomac affamé.
Direction le Refuge de Furfande, option « Turbo » activée.
Ca sent déjà bon les pâtes maison avec leur coulis de tomates à la façon « Belle Mère ».
Estomac calé et pause pipi expédiée, il est temps de se remettre en chemin.
Et celui de notre après-midi de soi-disant repos, est du genre tentateur et engageant.
Du coup, tout le monde commence à le rouler avec entrain, malgré une digestion déjà entamée.
Finalement, quelques secousses passagères permettent de tasser les aliments en vue de leur transition dans le système digestif, non ?
Une crête, une cabane de berger, et, tout à coup, changement de menu.
Notre accueillant sentier décide de plonger au même rythme que le tumultueux torrent de la Lauze.
La verticalité reprend possession d'une topographie soudain abrupte, que notre chemin choisit de gérer en multipliant les épingles.
Le pilotage reprend ses droits et les lignes précises tout leur intérêt.
Un troupeau de génisses curieuses tente de nous expliquer les règles de priorité en vigueur. Sans succès !
A l'approche du Col de la Lauze, le chemin rajoute un peu de piment à une descente déjà localement bien épicée.
Il faut en permanence trouver une ligne qui passe et tenter de s'y tenir.
Si la roche est plutôt adhérente, les à pics, tout proches, jamais avares d'attraction.
Il faut en permanence piloter et, surtout, toujours y croire. Si Greg, le guide, est passé, c'est que ça doit être possible. Ou pas !
A l'intersection des chemins, le balisage est du genre « maousse costaud ».
Papotage de concert pour une journée de repos vraiment hors-du-commun.
La transition retour vers le Queyron se fait via un chemin aussi horizontal que roulant.
Seule sa sortie, sur l'alpage le plus panoramique de la vallée, demande du mollet ou de l'assistance. Et même, sûrement un peu des deux.
Queyron-Arvieux, un final boisé et à flanc.
Au royaume de la verticalité boisée, le biker n'est pas roi, mais petit.