Avril 2011 n’étant, pour l’instant, avare ni en soleil, ni en chaleur, nos sorties n’ont déjà de reprise plus que le nom. 1’000 mètres de D+, 4 heures 30 de selle et 27° à l’ombre : soit ces chiffres ne qualifient en rien un itinéraire de début de saison VTT, soit nous nous apprêtons à vivre une année d’anthologie.
Comment concilier randos de moyenne altitude et découverte de nouveaux singles, quand on crapahute depuis une quinzaine d’années sur tout ce que le Vieux-Pays compte de chemins accessibles à VTT ? C’est simple, il suffit de remonter le Rhône et de continuer à prospecter le phénoménal réseau de sentiers et de bisses que le Haut-Valais abrite sur sa rive droite. Les villages, aux appellations pittoresques et gutturales, y foisonnent et chacun d’entre eux dispose d’un ou plusieurs « mayens » d’altitude, généralement accessibles par une route à faire pâlir d’envie n’importe quel cantonnier bas-valaisan, mais aussi, par une flopée de « Wanderweg », aussi bien balisés qu’entretenus.
La fontaine épiscopale d'Ausserberg : avec cette étonnante chaleur, son eau fraîche (et bénite ?) méritait bien qu'on mette déjà le pied à terre.
Le contraste entre l'industrieuse agglomération viégoise est le charme pittoresque des villages de son coteau est vraiment frappant.
Le Mittla Suon (bisse du milieu ??), un havre de fraicheur et déclivités douces terriblement appréciable pour "casser" la monotonie d'une ascension aussi pentue que caniculaire.
Un sourire presqu'aussi crispé que les mains sur le cintre...
Le Nirväch, deuxième gourmandise de la journée.
Après une entrée en matière très forestière, le bisse supérieur d'Ausserberg se fait rapidement plus champêtre.
Cerisiers en fleurs et vieux madriers égayent notre retour à flanc de pâturages verdoyants.
Dommage que les pourcentages de la petite route de Trosibode soient aussi hallucinants que les panoramas qu'elle propose. Il est en effet difficile de les apprécier avec les puls' dans le rouge et les cuisses en feu.
Leiggern à l'heure de pointe. C'est le bon moment pour envisager la pause casse-dalle.
Mais c'est surtout le bon endroit pour (enfin) apprécier le superbe point de vue sur la chaîne des Mischabel.
Mes connaissances en Ober-Walliser Dialekt sont très sommaires, mais je ne pense pas qu'on puisse appler ça un "Wanderweg". Peut-être que mon ami Christian R. saurait traduire le mot "dévaloir" dans sa langue natal.
Quand les lacets d'un chemin sont visibles sur le SwissMap 25, c'est qu'ils passent à vélo ! La preuve en image.
Le toboggan de St-German...
...cumule déclivité, poussière glissante et autres pièges en tout genre...
... pour une plongée parfois aérienne mais surtout en permanence exigeante pour nos freins. Thank you again, Mr Hope !
Avec un sentier alternant les vicieux tapis de pommes de pins ...
... et les redoutables pans d'ardoises fuyantes...
... les occasions de perdre l'avant sont presqu'aussi nombreuses que les épingles à négocier.
Et quand tout semble se calmer, il reste toujours un escalier naturel bien traître pour exiger de la concentration sur sa trajectoire.
Au final, un single avec un grand "S", comme superbe...
malgré quelques passages vraiment "jockeless" ...
... et deux ou trois rampes carrément dignes d'une piste d'élan de tremplin olympique.
Retour à l'horizontalité pour notre troisième bisse du jour : celui sensé nous ramener vers la méritée bière du buffet de la gare d'Ausserberg.
Et ce n'est pas l'accablante chaleur qui règne sur le poussiéreux single de retour qui va faire diminuer le volume de boisson houblonnée envisagé pour étancher notre soif.
Quelqu'un a déjà vu des marches en marbre taillé sur un chemin bas-valaisan ?
Allez ! Un dernier coup de cul...
... et la première "Bab" de la medina d'Ausserberg est enfin en vue.
Avec le gosier enfin lubrifié, le single de St-German n'est plus qu'une simple formalité... sauf à rouler dans la poussière d'un JP désormais déchaîné.