Juin est là, enfin, et pourtant nous enchaînons encore les sorties « à jambes », en vue d’acquérir le fameux « fond » (physique) qui est sensé nous servir de base tout au long de la saison à venir. Alors que nous devrions être en train de nous élever pour aller goûter aux joies des singles d’altitude, nous peaufinons encore notre forme physique à mi-coteau. Les raisons en sont multiples : une météo printanière exécrable qui a pas mal perturbé la régularité de nos sorties, un manteau neigeux obstiné qui tarde à libérer nos chères hauteurs tant convoitées et, pour couronner le tout, de nombreux itinéraires encore fortement encombrés par les dégâts des tempêtes du début de l’hiver puis remis à mal par les coups de foehn d’un avril aussi mouvementé qu’humide.
Du coup, nous avons décidé d’aller revisiter l’un des villages les plus célèbres du Vieux-Pays. Isérables est à la fois loin, haut perché et … relié à la plaine par un chemin aussi vertigineux que gratifiant à dévaler. Trois bonnes raisons d’opter pour un « remake » un peu délaissé au fil des printemps doux et secs que ces dernières années nous ont offerts.
Non, non, malgré les apparences, nous ne sommes pas "déjà" arrivés.
Bon, là c'est clair, on ne peut plus nier qu'on roule en direction d'un nid d'aigle.
Surtout quand les indices on tendance à se multiplier aussi rapidement.
Si j'en crois ce sourire béat, il doit y avoir comme un cheveu dans le potage...
Ah bon, c'était juste une petite désescalade.
En fait, le pire n'est pas le chemin d'accès mais l'état des planches qui nous permettent de franchir les eaux de la Fare, sans nous mouiller. Enfin, sans nous mouiller, faut le dire, et surtout le faire, vite.
La "douce" remontée de la Voie des Erables.
Cette fois c'est sûr, nous sommes à bout touchant.
Oh, hisse ! Y a comme les premiers signes avant-coureurs d'une civilisation.
C'est quoi cette attitude unanime à ne pas vouloir regarder la réalité en face ?
En mêmet temps, interdit ou pas, on est quand même monté jusque ici aussi (ou surtout) pour ça...
Et là, tu la sens la souplesse légendaire des triangles arrières en titane ?
Bon, visiblement le chemin est assez large pour que t'arrives encore à gérer les ruades de ton singulier destrier "titanesque".
Au royaume des Bedjuis, y a pas que l'horizontalité qui fait une drôle de gueule, certains arbres aussi, semblent tout droit sortis d'une autre planète.
Et en plus, y a même pas besoin de 'toshop pour gérer des retouches.
Il suffit de savoir mettre à profit les récents aménagements d'un chemin qu'on s'est enfin décidé à remettre en valeur.
Bon, côté droit, c'est réglé, y a pas moyen de se louper et de quitter le chemin.
Par contre, à gauche, y a largement de quoi apprendre à voler.
Et entre les deux tu apprends à gérer le marteau-piqueur, sans mode d'emploi.
A quoi ça sert d'installer le coin à prière, au fond de la descente, une fois que tous les apics sont derrière nous ?
Surtout que la foi, est un des precepts de base de la technique du biker de descente.