Mythique, mais pas forcément en raison du récent passage du Tour, notre journée sur les pentes du Granon, n’aura finalement rien eu (ou si peu) de commun avec celle de tous ces amateurs de « petites reines » qui veulent absolument se mesurer aux mêmes pourcentages que leurs idoles grassement payés. Pour nous, le Granon aura surtout rimé avec divins chemins, démarrant de son point culminant et courant, d’abord à travers hauts plateaux, puis souvent à flanc, jusqu’à la « mal nommée » Croix de Toulouse, avant de plonger vers notre base d’accueil, la citadelle de Vauban, surplombant l’agglomération de Briançon.
De longs secteurs de terre meuble, entrecoupés de quelques tronçons de caillasse, moins nombreux qu’on pourrait le craindre d’une contrée déjà bien méridionale, le menu de notre deuxième jour briançonnais en selle, s’est considérablement rallongé, après l’incontournable salade du midi, par un changement de massif destiné à nous faire visiter l’un des plus célèbre alpage du coin, le Mélezin, et à ses très connues et appréciées sentes VTT, aussi sinueuses qu’onctueuses.
Notre premier chemin du matin est souvent horizontal, et même, localement descendant. Une fois n'est pas coutume, pour remonter à nouveau la vallée de la Guisane.
1000 mètres de dénivelé et 12 lacets bitumeux plus tard, nous émergeons au Granon.
Plutôt que de photographier fièrement notre vélo devant la petite statue sommitale, nous apprécions brièvement le panorama avant d'entamer la traversée de ses haut plateaux environnants.
L'endroit est magique et la perspective de l'enchainement de sentiers visibles, extrêmement appétissant.
Se souvenir d'où l'on vient et, déjà, se délecter de voir où l'on va.
Tant qu'il moutonne de plateaux en plateaux, notre chemin du jour fait la part belle à la terre meuble et souple.
Mais dès qu'il aborde le flanc, il montre vite des signes de caillasse intempestive.
Quel que soit son revêtement, il reste extrêmement roulant par rapport à son altitude.
Roulant, mais souvent montant, ou remontant.
Ne facilitant pas le pédalage de ceux, et celles, qui ont déjà revêtu leurs « protec » en vue de la descente.
A l'heure du grand basculement, le massif des Ecrins est déjà pris dans les nuages.
GTH4, c'est sont petit nom officiel, racineux et mais conciliant, son caractère.
La traversée du bois de l'Ours, s'entreprend longtemps à flanc ...
... avant de plonger dans la pente, en lacets souvent lascifs et joueurs.
Avec tant de sollicitudes, la transition vers la piste de Serre Lan est expédiée comme une lettre à la poste. C'est à dire, en espérant qu'elle finisse par arriver à destination.
La courte remontée jusqu'à la Croix de Toulouse nous offre le panorama plongeant le plus exceptionnel qui soit sur l'agglomération briançonnaise.
Quand on voit la plongée qui reste à faire, on se demande comment va être le chemin. Réponse, large et souvent cassant.
Avec de jolis tronçons, sinueux et plus moelleux.
Visiblement, les étroites ruelles de la Cité Vauban n'ont pas forcément toutes été conçues pour le passage des bikes à cintres larges (>80 cm).
Après la salade en terrasse et une seconde ascension rapidement expédiée, nous embrayons sur la célèbre descente du Mélézin.
Un toboggan beaucoup roulé, mais souvent, encore proposant des lignes très comestibles.