Pendant longtemps, Comba Plâne s’est située aux confins de notre belle vallée. Ou plutôt de notre belle commune. Pendant plusieurs siècles, cette cuvette perché a constitué notre Finistère à nous. Après Comba Plâne, il n’y a plus de terre. Après Comba Plâne, s’il n’y a pas les eaux froides de l’Atlantique, il y a de l’air et du vide. Beaucoup de vide. Les à pics du Merdenson. Depuis mars 2020, et notre annexion des terres vollégardes voisines, Comba Plâne n’est plus située aux confins du Val de Bagnes, mais pas vraiment, non plus, en son centre.
Quand on démarre du haut de la vallée, ce qui est notre cas, Comba Plâne reste éloignée, voire très éloignée. Mais aussi perchée, très perchée. Pour y accéder il faut beaucoup pédaler, environ 20 kilomètres. Mais il faut aussi pousser et porter, dans ce qui est, à mes yeux, le pire chemin de la saison, tant son tracé est constellé de mauvaises intentions, de pierriers infranchissables, de rochers mal placés et de marches géantes compliquées à escalader. Un poussage/portage pas très long, mais exténuant et très cassant, pour le moral et pour les jambes.
Mais, une fois sorti de ce(s) mauvais pas, le chemin qui flirte souvent avec les falaises des Déforants, est un petit bijou à rouler. Un bijou exigeant, voire localement très exigeant, à l’image de beaucoup de pierres précieuses. Mais qui dit exigeant, dit aussi gratifiant, une fois l’exigence affrontée.
Quand le premier chemin du matin est aussi divin, la journée ne peut être que belle.
Le mauve des champs d'épilobes pour rajouter de la couleur à un ciel hésitant encore entre le bleu et le gris.
Notre dernier passage sur ce balcon, c'était au tout début du mois de mai, et il nous avait fallu vaincre la neige en plus de vaincre les pourcentages de sa pente.
Le faux col qui permet momentanément de basculer côté Rhône de la crête de la Marlène.
Si du Moléson, on y voit sa maison, de ce sentier perché, on y voit celle de JP.
Pas de (ri)Tournelle à notre menu du samedi, mais ce long et étroit chemin à flanc de la Pierre Avoir.
Concentration et prudence, de rigueur. Même si l'environnement est essentiellement herbeux, le moindre écart vous ferait basculer dans la pente abrupte.
Voilà bien, un chemin qui ne donne rien, mais qui exige beaucoup. A commencer par du doigté et des prédispositions pour savoir viser.
Après l'intraitable traversée de l'habituel pierrier qui permet de rejoindre le chemin d'ascension, voilà le poussage le plus exigeant de la saison.
En plus d'une déclivité avérée, ce sentier perché est bardé de difficultés de toutes sortes. L'enfer des E-bikers.
Mais dès qu'on a réussi à émerger sur l'épaulement aux croix pare-vent (Croix de Kolk), l'exercice devient nettement plus roulant.
Petit coucou à l'ami JP dont on entend les notes du concert en cours, juste en dessous de nous, au Col du Lein...
... et il faut déjà songer à plonger. Direction les vertigineuses chutes du Bisse.
Voilà une image parlante. Encore des villages ou déjà une agglomération ? La réponse est dans la question.
Une fois le verrou rocheux d'entrée, franchi à côté du vélo, le chemin de descente vous tend les bras.
Des bras courts et noueux, reliant des épingles piégeuses et exigeantes. Le ton est donné, d'entrée.
Les tronçon à peu près rectilignes sont rares et régulièrement balafrés par les profondes rigoles d'extraction des eaux pluviales.
S'il n'y a rien à jeter sur se chemin perché, il y a beaucoup à gérer. Et pas seulement la pente, parfois assez impressionnante.
Pour en admirer les incroyables panoramas proposés, il faut faire pied. Impossible de quitter l'étroit ruban terreux des yeux la moindre seconde.
Entre ciel (moutonneux) et terre (sinueuse et penchée).
Chaque lacet passé devient une petite victoire, qui au fil de l'altitude perdue, se transforme en grande satisfaction.
Ne pas trop penser, ne pas trop regarder. Juste piloter.
La barrière visuelle des mélèzes nous empêchent heureusement d'appréhender le vide impressionnant et tout proche.
Et quand on croit qu'il n'y en a plus, y en a encore. Du lacet jusqu'à n'en plus finir.
L'arrivée à la hauteur des forêt marque la fin des hostilités perchées.
Pour autant, la guerre n'est pas terminée. Mais, à partir de là, elle concerne surtout le système racineux des conifères qui considèrent notre chemin comme leur propriété. A juste titre, sûrement.
Si le tracé devient rapidement forestier et ombragé, il n'en demeure pas moins sinueux.
Les sculptures de l'ami William (Besse) n'ont clairement pas le vertige.
Le dessert après le dessert. Arrêt douceurs sur la terrasse de la Marlènaz (le restaurant, pas l'alpage !)
Retour sur les Mayens de Sarreyer, via un itinéraire inédit, le chemin du Hattey.
Un itinéraire à ne clairement pas conseiller à tout le monde.
Très exposé, étroit et localement piégeux, il faut y rouler les yeux bien ouverts et la lucidité aiguisée.
Grand Classique des hauts de Sarreyer, le Charrières Express. Toujours aussi « fun » à rouler, malgré des sillons de plus en plus profonds.
Retour sur la traversée à conseiller, celle démarrant de Clambin.
Les derniers kilomètres avant le ravitaillement tant attendu.