Même si, finalement, ce ne sera pas mon prochain vélo, pour cause de livraisons bien trop aléatoires, entreprendre une « Varner » en « Forbidden Druid-E » était vraiment intéressant. Une semaine après avoir été contraint de rouler en Scott, et par conséquent, en « Bosch » 105 Nm, j’avais hâte de voir ce qu’avait dans le ventre ce « M2S », figure de proue du cannibale chinois « Avinox ». Plus que les qualités du cadre néo-canadien, dont je ne doutais pas vraiment, j’avais hâte de confronter le moteur le plus en vogue du moment, avec la réalité d’un terrain localement délicat, piégeux, souvent difficile à rouler en force.
Eh bien, avec le « M2S », il faut savoir doser son pédalage, ou alors, jouer du levier de frein, même en montée. Sans ça, sa puissance impressionnante vous pousse souvent à aller buter sur les obstacles, ou à en mal gérer les trajectoires de contournement. Loin d’être violente, la poussée est omniprésente et directement corrélée au pédalage. Du coup, la vitesse à laquelle les difficultés s’enchaînent n’est pas du tout habituelle. Il faut revoir son pilotage, l’adapter, l’affiner, et savoir toujours rester calme et relâché, pour pouvoir apprivoiser le dernier « bijou » de DJI et en tirer toute sa quintessence.
Faute de grives, on mange des merles …
Et à défaut « d’Orbea Wild LT », on roule en « Forbidden Druid-E ».
Mais, quand on n’a que ce genre de problèmes, a-t-on vraiment des problèmes ?
Mieux ne vaut pas défier de trop près des Hérens nerveuses et fraichement alpées.
Je pense que je ne me lasserai jamais de retrouver la vaste cuvette naturelle de la Tièche, saison après saison.
Soleil au zénith et journée caniculaire transforment l'ami JP en ombre chinoise, sans, pour autant, le préserver d'une chaleur déjà accablante.
Le « mur » gris des Faverges semble bien incapable de préserver de la fonte, son petit glacier captif de la Plaine Morte, avec une telle chaleur.
Après un (trop) long tronçon de routes et de pistes, le premier chemin du « Druid-E ». D'emblée sa vivacité saute aux yeux.
Qu'est-ce que la fraicheur des eaux de la magnifique cascade de la Tièche est appétissante, mais malheureusement, pas à notre menu de ce vendredi étouffant.
Prairies de juin fleuries et premier tronçon descendant pour « l’Interdit » canadien.
Les arêtes de Bèveron nous toisent de toute la hauteur de leur verticalité, sans savoir, que d'un jour à l'autre, nous reviendrons dans la région pour en rouler leur chemin suspendu.
Au Sex, nous aurions pu plonger vers Cordona et la plaine du Rhône, parce qu'en fait, à partir de là, l'itinéraire de « Mamie Varner » n'en finit pas de monter par paliers pas toujours très accueillants pour le VTTiste.
L'avantage d'attendre la fin juin pour entreprendre une première « Varner », c'est que les passerelles sur les nombreux affluents de la Raspille, ont été réinstallés après l'hiver.
Avec l'Avinox M2S, tout parait toujours « escaladable ». Encore faut il avoir la science du pilotage nécessaire pour en exploiter toutes ses qualités et sa puissance.
Et sur l'étroite passerelle de la Pauja, même DJI ne pourra pas rien faire pour vous aider à passer. Il faut y prendre son destin en main, et son bike en charge.
Même toute la dextérité dont saut souvent faire preuve l'ami JP, ne l'aidera pas à gérer les deux poteaux métalliques solidement fixés au milieu du passage.
Tracé multiligne pas vraiment créé par le passage des VTT, mais bien plus certainement, par celui du bétail, vaches et chèvres, résidentes de la région, durant la belle saison.
L'approche de la montée impossible, habituellement redoutée, ne fait clairement plus peur, lorsqu'on est épaulé par Mr « M2S ».
Alors que « l’EP 802 » cher à Shimano, demande à être, en permanence, aidé, « M2S » ne demande qu'à être judicieusement dirigé.
Finalement, tout le monde finit par s'élever d'un palier pour admirer les pyramides naturelles surplombant l'alpage de Nüschelet.
Le col « sans nom » qui donne accès à l'imposant plateau de Varneralp.
Histoire de varier les plaisirs et les années, pour le millésime 2026, nous choisissons de court-circuiter le chemin du bas et de pousser jusqu'à Planigrächti.
Excellente idée ! Ses gérants y sont justement montés pour alimenter son garde-manger et sa cave, en prévision de leur saison d'estivage.
La véritable descente de la journée s'entame tambour battant et fleurs assorties aux couleurs de « l’Interdit ».
Tambour battant et flanc droit du pneu arrière lacérée par une pierre masquée et acérée.
Du coup, LA crevaison de ces 5 dernières saison nécessite un gros atelier réparation pour nous permettre de continuer à rouler jusqu'à la fournaise de la vallée du Rhône.
Une fois le latex remplacé par la chambre, nous reprenons notre plongée... qui n'en finit pas de remonter.
L'arête panoramique de Plammis. Avec la chaleur qui y règne, il est difficile d'envisager de retrouver le « four » du bassin sierrois, là, juste sous nos roues.
Bon, quand il faut y aller, il faut y aller.
Go ! C'est parti pour une longue plongée en apnée et en suée(s).
Quand on sait que son pneu est déchiré sur plus de 2 centimètre et que la chambre qui ne demande qu'à s'en échapper, on adopte tout de suite un pilotage plus calme et retenu.
Fort heureusement, la descente sur Chäller est principalement herbeuse, et donc, peu exigeante pour un pneu blessé.
Avec ou sans pneu déchiré, l'ami JP adopte toujours un style coulé et un choix de lignes, appliqué.
Mais qui donc s'ingénie, année après année, à rassembler tous les cailloux du versant dans mon chemin préféré ?
Quand Leuk(Stadt) est en vue, c'est que le petit oratoire de Chäller est désormais à portée de roues.
Je crois que je n'ai jamais fait preuve d'autant d'application dans cette série de lacets empilés et recouverts d'ardoises glissantes et pointues.
Chäller Downtown ! Essayons de rouler feutrés, histoire de ne pas déranger ses habitantes d'un été pendant leur sieste de mi-journée.
Quand il n'y a plus de terre à rouler, Varen propose encore du rocher à dévaler.