S’il fallait classer les haut-lieux du VTT alpin, je pense que le Col du Demècre ferait certainement partie des prétendants au titre. Altitude idéale (2’469 mètres), paysages grandioses, itinéraires d’accès variés et chemins pédestres nombreux et souvent bien adaptés à la pratique du deux-roues, les innombrables qualités de ce « spot » sont aujourd’hui largement reconnues dans le milieu du VTT régional. Adeptes de longue date des sorties VTT au Demècre, nous avions pris pour habitude d’y accéder par son côté Est, à partir de Fully, via Chiboz, l’Erié puis Sorniot, pour ensuite redescendre par son sublime versant Ouest, en direction de Dorénaz. Pourtant, une fois n’est pas coutume, ce dimanche nous avons opté pour un itinéraire inédit et partiellement inversé.
Si l’interminable ascension de la piste forestière menant à l’alpage de Malève reste un exercice physique « pur et dur », pas forcément très intéressant, la suite de la montée vers le col, à travers pâturages et forêts de mélèzes, puis d’arolls, prend une toute autre dimension. Raide et terriblement exigeante, cette seconde partie est incroyablement gratifiante, par la qualité de ses single-tracks et la majesté de ses panoramas. Une fois au sommet, quitte à persévérer dans l’originalité, nous avons opté pour une descente « directissime », via la vaste combe de Chalet-Neuf, sur l’Au d’Arbignon, puis les Monts de Collonges, délaissant, sans regrets l’habituelle traversée surfréquentée sous les apics du Chavalard, au profit d’un itinéraire inédit et plus ludique, mais surtout un environnement grandiose et peu connu.
Passerelle de Dorénaz : d'horizontal, la balade va rapidement basculer dans le vertical.
VTT et fraises des bois : deux passions parfaitement compatibles pour le VTTiste sachant vivre...
La piste de l'alpage de Malève : longue comme un jour sans pain et raide comme la justice de Berne.
La présence des premiers arolls annonce la fin de la première partie de notre pensum semi-routier.
A l'abri du soleil, la courte pause de Malève revigore les corps et réconforte les esprits.
Hormis défigurer l'endroit, la récente prolongation de la piste n'apporte finalement pas grand'chose aux randonneurs ou vttistes.
L'alpage de Malève : petit coin de paradis verdoyant parsemé de mélèzes et d'arolls majestueux.
Chaleur et humidité : un cocktail détonnant pour une nature éclatante de vigueur et de couleurs.
Même extrêmement brève, une descente reste une descente, surtout après les longues heures de montée qui l'ont précédée.
Routes et pistes : point final. A partir d'ici notre rando n'empruntera plus que des chemins pédestres.
A commencer par le nouveau sentier tracé lors des travaux d'adduction d'eau du hameau de Jeur-Brûlé.
Son entretien laisse localement à désirer, mais sa pente et sa largeur sont parfaitement adaptées à la pratique du VTT, fut-elle à la montée.
Si la déclivité générale reste certes copieuse, un peu de persévérence et des mollets bien entraînés permettent de poursuivre l'ascension vers le col du Demècre, en selle. Une fois n'est pas coutume.
Pffff ! Le moteur chauffe, la transmission grince et le radiateur fume. Il est grand temps de faire une pour laisser souffler la mécanique, et, accessoirement admirer le phénoménal panorama.