Si les Maures la considéraient comme le château des châteaux, pourquoi les Valenciens ne pourraient-ils pas la considérer comme la « mecque » du VTT ? Cerné de « sierras », Castell de Castells, dont la réputation pour la randonnée n’est déjà plus à faire, possède un tel potentiel de chemins que ce n’est forcément qu’une question de temps avant que le bike s’y fasse la place qu’il mérite. De l’interminable et panoramique « Cocoll », en passant par l’ondulant « Agua o Castellet », puis le tortueux « Las Zetas », l’échantillon qui nous a été donné de rouler en cette journée accablante de chaleur, nous a laissé, d’abord sans salive, puis carrément sans voix.
« ¡ Qué senderos fantasticos ! »
En nous éloignant du littoral, nous avons retrouvé un terrain de jeu plus familier, fait de montagnes, de vallées, de villages et donc, forcément, de chemins les reliant les uns aux autres. Des chemins naturels, tracés pour la randonnée, mais qui, pour la plupart, semblent bien adaptés au bike. Un peu comme dans nos Alpes, de la caillasse mouvante et des épines en plus. De quoi se faire encore un peu plus de corne aux mains, quelques griffures supplémentaires aux jambes, mais surtout, plaisir comme jamais.
Coll de Bichauca - Castell de Castells, démarrage matinal en descente, une fois n'est pas coutume.
En matière de réveil, vous avez le choix entre caillasse fixe et/ou mobile ...
... et épineux en mal d'étreintes.
Autant dire, qu'une fois la première ascension entamée, vous avez à la fois les yeux décollés et les bras et jambe déjà bien griffés.
La longue et panoramique montée vers Cocoll, superbe plateau montagneux...
... avec sa piste d'atterrissage de montagne utilisée par les avions pour se ravitailler dans leur lutte contre les incendies.
Pause panoramique pour admirer le Barranco del Galitero et le Vall de Xalò...
... avant que Gonzalo ne projette de nous faire découvrir la merveille des merveilles.
Le chemin qui plonge en pente douce vers la petite ville de Benigembla.
D'abord terreux et pratiquement rectiligne, il offre tout loisir d'enfin lâcher les freins.
Attrape-moi si tu peux ? Pour jouer à ça, mieux vaut ne pas mettre Gonzalo à l'arrière. Sinon, c'est plus du jeu.
D'un autre côté, si on le met devant, y a pas de jeu non plus.
En basculant inexorablement dans le Vall de Benigembla, le "senderos" redevient plus "hispanisant".
Délaissant la terre, il se recouvre rapidement de roches, ralentissant d'autant notre allure échevelée.
Enfin, le fléchissement de l'allure, dépend quand même du pilote.
Roche fixe ou caillasse mouvante, à chacun son credo. Surtout quand on a le choix.
Et quand on ne l'a pas, comme souvent, il suffit d'improviser...
... en tentant (plus ou moins) de garder le cap.
Mise en confiance par un départ "soft", même notre E-pilote se prend au jeu.
Autre nouveauté, des panneaux indicateurs. L'infrastructure développée par Castell de Castells pour les randonneurs sert forcément aussi les bikers.
Enfin, seulement ceux qui prennent la peine de les lire.
Flirtant dangereusement avec le Barranc dels Bous, notre divin "sendero" nous emmène inexorablement du côté de Benigembla...
... et de son rugueux dernier secteur.
Une interminable séance de marteau piqueur sous le cagna de midi.
Y en a qui appelle ça un métier ingrat, d'autres, simplement, des vacances.
Quand il faut choisir entre le fossé ou les épineux, le mieux est de ne pas trop réfléchir.
Les figuiers de barbarie de la banlieue de Benigembla.
Quitte à mourir un jour, autant que cela ne soit pas de soif, aujourd'hui.
L'après lunch à l'Hotel Rural Serrella se nomme "las Zetas"
Tout est dans le nom. Les Anglo-saxons ont leurs "Switchbacks", les Espagnols, leurs "Zetas".
A chacun son appellation du chemin en lacets.
Mais quand on choisit de les couper, comment ça s'appelle ? Du "goretage" d'épingles ?
Le couteau entre les dents ? Non, le couteau, c'était le cadeau, pour le demi-siècle de Josélito.
Plus ça tabasse, plus il aime ça, le Vincente. Serait-pas un peu maso, une fois ?
Des virages qui s'ouvrent et des rectilignes qui s'allongent...
... Castell de Castells, perle du Parc Naturel "Els Arcs", est déjà en vue.
On va quand même bien en reprendre un petit dernier pour la route, genre "Agua o Castellet" ?
Cousin germain de "las Zetas", avec juste les lacets plus onctueux et moins empilés.
Du pur beurre pour le pilotage agressif de Maître Vincente.
Le vrai défi ne concerne que ses deux derniers lacets, à passer, en apné, à l'ancienne...
... ou la roue arrière en l'air, en mode "new school".
Le demi-siècle de Josélito, fêté à la mode suisse, fondue au fromage dans la moiteur alteanne.