Notre première escapade « extra-muros » depuis que Mr Covid, version 2.0, a remis le couvert et, du même coup, le foutoir dans nos vies, ne pouvait forcément pas être ailleurs que chez nos cousins valdôtains. D’abord parce que voyager loin reste compliqué, voire contraignant, mais surtout, parce qu’au-delà de sa proximité, le Val d’Aoste est une terre bénie pour le VTT. La variété, la multiplicité, l’organisation et l’entretien de son réseau de chemins pédestres est un modèle, dont même la très proprette et organisée Suisse pourrait prendre exemple. Et comme, en plus, ces « sentieri vicini » ont le même tempérament que les gens qui les ont tracés, accueillants, conviviaux, bon-vivants et pleins de caractère, ils valent bien plus que leur pesant de grappa à être connus, parcourus et/ou roulés.
Notre but du « mardi aussi c’est permis », la « Croce di Fana », c’est un peu « la croix et la banane ». La croix pour vaincre les 1’700 m de D+ qui la séparent du Château de Quart, et la banane, une fois que vous y êtes parvenu. Le panorama sommital, sur toute la vallée centrale, y est à couper le souffle et la succession de chemins pour la regagner, variés et plus « bikables » qu’on ne pourrait le penser, avec une petite préférence pour le « Oratorio Beato Emerico » final, sentier didactique, tortueux, mais surtout, panoramique sur le Château du même nom.
Merci pour le tuyau, Patrik Gerbaz, et dommage de ne pas avoir pu le faire ensemble. Du coup, il faudra encore qu’on revienne dans ton beau pays pour faire un bout de chemin en ta compagnie !
Après quelques kilomètres de bitume nous ayant permis de visiter Epillod, Argnod, Vignil, puis Formail, nous optons pour la directissime menant à Ville sur Nus
Ensuite, sur l'interminable piste menant de Trois-Villes à Cénevé, nous croisons Planes, l'alpage le plus mal nommé de tout le secteur.
Alors que le Monte Emilius peine à émerger de ses vapeurs matinales, nous enroulons, l'un après l'autre, tous les lacets de la vaste combe du Torrent de Chateau de Quart.
Et, à force de pédaler nous voyons Aosta et son aéroport « Corrado Gex », peu à peu s'enfoncer.
Le premier chemin du matin ? Un quart d'heure avant midi et après 1'600 mètres de D+ avalé, ce n'est clairement pas le plus matinal et accessible que nous ayons eu la chance de fréquenter.
Pourtant, avec un tel comité d'accueil, on aurait tord de bouder notre plaisir.
D'autant qu'il propose, dans sa première partie, un tracé à flanc et particulièrement « bikable »...
... sinuant dans un environnement de granit et de lichen à faire pâlir d'envie tous les monteurs de cheminée du Vieux-Pays.
Prairie d'altitude ou champs de gentianes ? Peu importe, l'endroit est parfait pour un rapide casse-dalle au soleil...
... avant un retour en selle toujours descendant et toujours cerné de bleu.
Depuis le temps que vous me lisez, vous savez forcément où est le bonheur (du biker).
Et pour ceux qui ont quelques notions de patois valaisan (et valdotain), vous comprenez maintenant pourquoi l'alpage que nous venons de quitter se nomme « Cénevé ».
Avec 100 mètres de D+ à gagner, notre chemin ne pouvait forcément pas continuer à descendre.
Alors, quand il s'est décidé à monter, il a directement fait les choses en grand. Et accéder à la crête de la Croix s'est rapidement transformé en « pensum », malgré le mode « marche » de nos Levos.
Discret coup d'oeil vers l'arrière, et la Comba Dèche, histoire de calibrer une prochaine escapade valdotaine ...
... avant de s'avancer, en selle et (presque) sans efforts, vers la Vallée Centrale.
Quel (autre) beau pays !
Du coup, à la Croce nous nous sommes posés pour l'admirer.
Au menu de la descente, en face Est, une entrée en matière juste assez rocailleuse pour vous forcer à bien viser tout en gardant l'oeil ouvert. Si, si, c'est possible.
Avant un plat de résistance très forestier ...
... terreux et racineux.
Visiblement beaucoup roulé, le sentier de Fonteil est aussi ludique que lisible, même en mode découverte.
A l'entame du « 2 », on se dit que c'est du tout cuit.
Sauf qu'à défaut de crête, le sentier choisit le couloir ...
... et au slalom, il privilégie le « drè dans le pentu »...
... via un formidable toboggan, localement assez vertigineux.
Après un « repassage » par Trois-Villes et un court pédalage ascendant, nous récupérons le sentier final « Oratorio Beato Emerico ».
Un petit chef d’œuvre de tricotage ...
... enchaînant les mailles à l'endroit et à l'envers à bonne cadence...
... jusqu'à surplomber notre point de départ, le Château de Quart.
Nous y retrouvons un environnement très méditerranéen, rocailleux et écrasé de chaleur...
... dans lequel sinue un chemin de poussière blanche cerné de rochers surchauffés ...
... constellé de lacets « jockerless » ...
... et de vues plongeantes sur l'histoire des lieux.