Après deux incursions de la neige en moyenne montagne, une haute pression stable s’est finalement fait une petite place au-dessus de nos têtes. Conséquence immédiate, octobre a cessé de faire des caprices et notre jeune automne s’est souvenu, qu’en plus de pouvoir faire de l’ombre aux peintres impressionnistes les plus réputés, il savait aussi jouer aux indiens.
Du coup, notre séjour entre terres « Gommer », plusieurs fois reporté en raison de la météo, a finalement lui aussi trouvé une place dans notre agenda de fin de saison. Je ne sais pas exactement où finit la vallée du Rhône et où commence la vallée de Conches proprement dite, mais le célèbre « Enduro Trail » tracé sur les hauteurs de Bettmeralp semblait tout indiqué pour entamer nos « vier Gommere Tage 2025 ».
Premier kilomètre du premier jour de notre second « biketrip » 2025. L'affaire se présente clairement bien.
Du soleil, de la douceur et des paysages de carte postale. Enfin, de carte postale d'altitude, parce que sur le plateau suisse, ce n'est ni la même météo, ni la même couleur de ciel.
A une encâblure du Saflischtal, mais sur l'autre rive de la vallée du jeune Rhône. Les itinéraires changent, le plaisir persiste.
La remontée des pistes de Fiescheralp débute tout en largeurs...
... avant de se durcir et de se rétrécir.
Hohbalm, 2488 mètres, à portée de roues de Bettmergrat, la station supérieure des remontées mécaniques. L'instant où tout bascule.
« Rock Slab » avec vue imprenable sur le plus grand glacier d'Europe, Herr Grosser Aletschgletscher.
Autres gros du coin, les chocards à bec jaune les plus dodus des Alpes, clients assidus des restaurants d'altitude de Riederalp, Bettmeralp et Fiescheralp.
A la terre cabossée, il faut parfois savoir privilégier le rocher lisse.
Même s'il impose localement de serrer les fesses à la recherche d'une adhérence perdue.
A chemin (très) cassant, choix de ligne rapide et inspiré et pilotage précis et léger.
Avec un peu de conviction et de doigté, ça finit généralement par passer sans rien (se) casser.
Même si ça ne saute pas immédiatement aux yeux, il y a bel et bien un chemin. Je vous donne un indice : on y a érigé des marches pour garder la terre haute.
Rouler cerné de minéralité implique de savoir viser... ou improviser. Selon vos compétences dans le choix de la ligne.
En quittant la crête pour le flanc, on finit par trouver (un peu) de terre meuble à rouler....
... sans pour autant trop s'éloigner du géant blanc.
Proposant de multiples chemins parallèles, le secteur incite autant à l'exploration qu'à la contemplation.
On pourrait persister à rouler « crêté », mais l'attrait du versant finit inexorablement par nous attirer vers Bettmeralp.
Quand le chemin est trop piégeux, ou simplement occupé par le photographe, il faux savoir préférer le pré, au lieu de faire pied.
Face au mystérieux Binntal, nous entamons noter plongée finale.
Avec la pente retrouvée, les rochers à franchir ou à éviter, s'annoncent immédiatement plus corsés.
Un chemin pavé de plus ou moins bonnes intentions....
.... et qui n'en finit par de nous attirer vers le Bettmersee.
Si vous connaissiez la version originale de cette photo, vous n'en reviendriez pas de tout ce que 'toshop est capable de faire disparaitre en quelques clics de souris.
Pour regagner Betten, nous choisissons d'abord son accueillant « Kulturweg ».
Un peu rustique, mais souvent bienveillant, il nous ramène vers le village perché tout en panoramas et en lacets.
Honnêtement, on n'aurait jamais dû le quitter pour son voisin, le raccourci de Lärchwald.
Dans le genre « tricky », il a fait la paire avec son cousin du dessous, le tumultueux Nussbaumweg.