Toujours pas le moindre flocon à l’horizon de ce désespérant décembre, et, conséquence prévisible, pas de Noël blanc à se « carrer » sous des semelles pourtant fartées avec soin.
Alors quoi ? Une seule couche de neige vous manque et tout est dépeuplé ?
Pas vraiment, parce qu’en y réfléchissant bien, Dynafit et Shimano, ne sont que des cales, carres et crampons, que des moyens d’accroche, roues et spatules, que des interfaces avec l’élément naturel disponible. Alors, plutôt que de se morfondre sur un rendez-vous annuel désormais quasiment toujours manqué, autant s’adapter et en profiter. Profiter, par exemple, de ce que ce dernier mois de l’année sait dispenser sans compter, du soleil aussi radieux qu’indéfectible. Profiter aussi, de son corollaire peut-être le plus paradoxal, l’incroyable inversion des températures en altitude. Profiter encore et toujours de ces divins chemins parfaitement asséchés et débarrassés de leur végétation masquante.
Mais, pour pouvoir le faire, il faut disposer, à la fois, de contrées préservées de l’envahissant stratus hivernal et de versants bien orientés pour capter le très oblique ensoleillement propre à cette tardive période de l’année. Luxe ou mérite suprême, c’est exactement ce que notre beau Valais offre. Un vaste adret bien exposé et des barrières naturelles capables de retenir le plus « collant » des visiteurs hivernaux loin de son Rhône, moelleusement contenu sur son plateau « chéri ».
« Faute de grives, on mange des merles … et, en attendant la neige, on s’empiffre de pavés et de poussière ».
Branson, zéro degré malgré le premier soleil du matin. Vite remettre une couche ... ou deux.
S'extraire de la châtaigneraie et quitter cette plaine frigorifiante ...
... une simple formalité avec Mr. Levo.
Dès sa toute première rampe, la piste de Jeur Brûlée annonce la couleur.
Vous me mettrez deux grosses dizaines de pourcents, ma bonne dame.
C'est plus une piste, c'est un talus. Même Mr. Levo peine à vaincre toutes ces déclivités empilées.
Oh hisse ! On se hisse plus qu'on ne roule.
Mais si côté coeur ça pulse, côté ciel ça turquoise, comme tous les jours depuis plus d'un mois.
Si Dame Ruinnette m'était contée, c'est de ce banc que je voudrais l'admirer.
L'avantage, avec une piste d'épaulement, c'est qu'elle offre alternativement des panoramas vers l'Est puis vers l'Ouest, vers le Valais Central puis le Chablais.
Face aux Combins et pourtant, déjà 1'000 mètres au-dessus de cette vaste plaine peinant à se réchauffer.
Attention aux courants d'air ! Mr Cairn ne brille pas pas sa stabilité légendaire, mais par son équilibre précaire.
Du talus après du talus et des pourcentages additionnés aux pourcentages. Jeur Brûlée, y a pas à foutre, ça se mérite... même en Levo.
A chaque rive, son destin, mais habitants de l'ubac je vous plains.
A l'Ouest, toujours rien à se mettre sous la Dent.
Sentier des Visions Célestes, ne vois-tu rien venir ?
Côté ciel, non, toujours rien, mais côté descente, je vois un sympathique toboggan à sensations...
... avec virages relevés...
... zones de freinage panoramiques ...
... et block-pass naturels.
Manches et canons longs pour une formidable plongée en apnée.
Et, à propos de canons, tout passe, et rien ne lasse, pour qui sait bien viser.
Le tricot est un art ...
... dont le lacet est la cheville ouvrière.
Z'ont dû en voir passer des chevaux, ces pavés. Par contre, pour les Levos, on ne sait pas trop.
L'image est trompeuse, et notre descente, localement, aussi pentue que piégeuse.
A l'approche de Branson, l'habituelle séance de marteau-piqueur redonne du tonus à une plongée qui n'était déjà pas éprise de langueur.
Avant qu'une terre une peu folle, mais tellement plus onctueuse à rouler, nous incite à folâtrer.
Tout en évitant de fréquenter ses bas-côtés.
16 décembre 2016, coude du Rhône. Y a comme un léger bogue, ou c'est juste moi qui fait le pénible ?
Un dernier petit rock à s'enfiler dans le cornet ...
... avant d'aller voir du côté des vendanges tardives.
Les ombres s'allongent, mais l'astre du jour est toujours au rendez-vous de notre retour en plaine.
Des Follaterres au Fol'terres, il n'y a que quelques vignes et une passerelle à traverser ...
... pour avoir le bonheur d'apprécier quelques produits du terroir.