Trois cols au programme, pratiquement 2000 mètres de dénivelé positif, huit heures sur (ou sous) le vélo, tout ça ressemble singulièrement à l’annonce marketing d’une étape du Tour de France. Pourtant la journée ne fut pas embrumée par les effluves de gaz d’échappement, mais délicatement parfumée par les fragrances des fleurs de montagne, l’itinéraire n’eut pas la rigidité d’un ruban de bitume, mais la fantaisie d’un étroit sentier alpin et l’environnement ne fut pas saturé de coups de klaxon et de cris de spectateurs soûlés de soleil et d’alcool, mais subtilement mis en valeur par le calme et de sérénité de la haute altitude.
No comment !

Le soleil est déjà haut sur le Weissmies, le Lagginhorn, le Fletschorn et les 4000 chaîne du massif des Mischabel. Nous dépassons rapidement Visperterminen pour nous élever sur les pentes du Sänntum.

Fin des pistes et début des single-tracks, la pente s’accentue encore, mais le jeu devient beaucoup plus intéressant.

Cette photo est spécialement dédicacée pour Farenj, et son dilemme entre plateau de 22 ou 20 dents. Les pistes de ski à remonter sont probablement le meilleur juge pour trancher....

Sous nos yeux émerveillés, les flanc ouest du Nanztal, étonnant et sauvage vallon d’altitude, invisible et inaccessible depuis la vallée du Rhône.

Et pendant ce temps, les drogués du Tour écument les routes bitumineuses de France dans les gaz d’échappement de la caravane ....

Défendu au Nord par les profondes gorges de la Gamsa et au Sud par les 3919 mètres du Fletschorn, l’accès au Nanztal ne peut se faire que par les cols des versants Est et Ouest.

Quelques vigoureux et inspirés coups de pédales nous hissent sans mal sur les bords du Wasserfuhre Heido, interminbable bisse accroché aux flancs de Schafalp, à plus de 2300 mètres d’altitude.

Contrairement aux sommets des Alpes Bernoises qui peinent à émerger des brumes laissées par le mauvais temps du début juillet, nous évoluons comme sur un nuage le long des rives du Wasserfuhre Heido.

Lorsque les eaux claires du bisse s’enfoncent sous terre pour contourner les apics vertigineux, le single-track en profite pour s’offir quelques méandres aériens.

7 kilomètres de pente douce bercés par le gargouillement du ruisseau. Y a pas de doute, le bonheur est près du bisse.

Ochse Läger, étonnante rencontre avec un troupeau de chèvres d’abord étonnées et effrayées, puis rapidement intéressé par nos sandwichs.
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Le changement de versant impose de nous hisser jusqu’à Ober Fulmoos par quelques courts portages. Sous nos pieds, le Nanztal déroule sa perspective jusqu’aux gorges de la Gamsa.

Finalement les hauteurs d’Ober Fulmoos nous remettent en selle pour une partie de saute-moutons entre rochers, marécages et névés.

Changement de direction, d’orientation et de revêtement. Les pentes occidentales du petit vallon débutent par quelques névés à traverser.

Après une seconde séance de portage plus éprouvante, à partir de la bifurcation du Magelücke, nous retrouvons un chemin parfaitement roulable.

La perspective de ce superbe single-track serpentant entre barres de rocher et pâturage, face au Monte-Leone, Hübschorn et Wassenhorn réjouit forcément n’importe quel Vttiste digne de ce nom.

Première véritable descente de la journée, la plongée vers la vallée du Simplon commence par quelques tronçons neigeux, mais surtout rocailleux à souhait.

Au sortir des hauts-pâturages, nous découvrons soudain la route internationale du col du Simplon avec en contrebas, la silhouette caractéristique de l’ancien hospice.

5 minutes de pause au col du Simplon et nous attaquons la descente finale vers Brigue par le Stockalperweg.

Dans l’impressionnant cirque naturel de Maederalp, nous perdons de l’altitude beaucoup plus rapidement que la galerie couverte de l’axe routier du col du Simplon.

Le premier des innombrables ponts de bois enjambant la Taferna est rondement avalé dans l’ombre envahissante de cette fin de journée.

Les rives de la Taferna trahissent le caractère impétueux de ce petit torrent de montagne et de ces habituels débordements orageux.

Les gorges de la Saltina étant totalement impénétrables, le Gantertal nous impose une dernière mais éreintante ascension pour nous hisser jusque sur l’épaulement de Rosswald et basculer définitivement vers Brigue et la vallée du Rhône.