Premiers reliefs rencontrés par les perturbations atlantiques abordant les Alpes suisses par l’ouest, le petit massif rocheux des trois tours (Aï, Mayen et Famelon) reçoit souvent des quantités de précipitations plus conséquentes que certaines zones montagneuses à l’altitude plus élevée, mais situées plus à l’intérieur de l’arc alpin. Ce gage d’enneigement, toujours appréciable à l’heure de choisir un itinéraire peu exposé au danger d’avalanche, rajoute aux charmes de ces étonnants pics rocheux émergeant d’une ligne d’horizon dodelinante et forestière, un attrait indéniable qui nous motive, saison après saison, à entreprendre cette rando fort sympathique.
Malgré une météo capricieuse, l’édition 2010 de la Famelon n’a finalement pas dérogé pas à la règle. Un enneigement fort copieux dès les moyennes altitudes et des conditions très hivernales, voire carrément venteuses, les ingrédients habituels étaient une fois encore au rendez-vous, avec cette année, un petit supplément très esthétique pour les paysages, qui avaient revêtus de superbes parures givrées dans le but de s’accorder avec la lumière irréelle et fantomatique du continuel jeu de cache-cache que se sont livrés les nappes de stratus et les rayons du soleil. A signaler un petit bémol pour la descente, avec sa grosse couche de neige fraîche croûtée en surface par les rafales de vent et quelques départs de coulées pas toujours très rassurantes à contourner ou à traverser…
Une mise en jambes routière mais inhabituellement skis au pieds au départ des Fenets.
Une couche de fraîche fort copieuse, même en forêt : de bon augure pour la suite.
Et ce ne sont pas les toits des chalets d'Audon qui démentiront cet heureux présage.
Souvent très fréquenté, cet itinéraire préalpin propose un tracé adaptable au rythme de chacun.
L'arête de la Chaux, habituellement très exposée à la bise, nous offre cette année, en supplément gratuit, une première nappe de stratus à traverser, histoire de cumuler les plaisirs glaciaux.
Quelques méandres quasi jurassiques et superbement hivernaux nous rapprochent rapidement de la barre des Rochers de la Latte.
L'habituel passage "en couteaux" s'avale cette année presque en douceur grâce à un enneigement fort généreux.
Quand dame nature se pare de givre et de lumière...
... l'oeil et l'esprit du randonneur esthète s'illuminent de concert.
Clair-obscur irréel pour une arête boisée de plus en plus fantomatique.
Des arolles, des rochers, du vent, de la neige, du brouillard et ... une trace à suivre : simple comme le bonheur...
... qui se lit sur les visages de plus en plus frigorifiés par la bise forcissante.
Ce tracé a dû faire "joueur" en première langue.
Au détour d'une crête, la silhouette sombre et imposante de la Famelon battue par les vents, émerge soudain des nappes de stratus : féérique, ce n'est que le prénom.
Passage du col sud dans la tempête...
... avant d'attaquer l'exigeante montée finale.
Les derniers mètres avant de déchaussage obligatoire.
AlpAvistien jusqu'au bout du T-Shirt.
L'arrière-garde accède à son tour au col sud dans une relative accalmie...
... qui ne l'incite pourtant pas à y faire un arrêt "dépeautage".
Erreur fatale, car il est parfois bien hasardeux de vouloir sauter une profonde congère avec les talons libres et les peaux encore fixées sous les semelles.
Rapide reprise d'esprit et mise en config' descente en vue de quitter ces lieux inhospitaliers au plus vite.
Et une coulée à traverser, une ! Rassurez-vous, elle ne s'est pas déclenchée au moment de notre passage, même si elle semble quand même toute récente.
De superbes pentes, une épaisse couche de fraîche, mais une croûte supérieure bien trop tassée par les rafales de vent.
Vitesse et ski en force au programme d'une descente gratifiante mais très exigeante physiquement.
Une position plus arrière fonctionne aussi bien dans cette neige soufflée.
Pourtant, quelle que soit la technique choisie, ce sont les jambes, une fois de plus, qui dictent le rythme.