Entamée le 30 décembre 2013, à 10h00 et terminée le 13 avril 2014, sur le coup de midi. Voilà certainement la plus longue rando à ski que j’aie jamais entreprise. 104 jours et 2 heures pour escalader le Chantonnet, c’est, sans aucun doute, le record de lenteur de l’itinéraire. Entre notre première course de l’hiver, interrompue entre le Cretté de la Gouille et celui de la Perche, par les assauts d’un foehn tempétueux et notre dernière sortie de la saison, trois mois et demi d’un hiver trop tardif, trop doux et trop sec, qui nous a quand même permis de rendre visite à dix sommets des Alpes dans des conditions souvent meilleures qu’espérées. La boucle est bouclée et le Chantonnet finalement escaladé, loin de la foule du début de saison mais sur un revêtement qui n’a désormais d’hivernal qu’une vague couleur de moins en moins blanche.
L’ascension par la Léchère exigeant actuellement un trop long portage initial, c’est de la Fouly même, par la vaste combe des Fonds que nous avons entamé notre retour sur les hauteurs « ferretaines ». Météo brumeuse et non regel nocturne ont d’abord transformé notre début de rando en véritable séance de jacuzzi avant que le beau temps annoncé, accompagné de son inséparable bise glaciale, ne dégage finalement notre ciel et notre horizon, au moment d’aborder la pente finale. C’est donc sous un soleil radieux que nous avons abordé la mémorable dernière descente « moquette » de la saison. Une ultime gourmandise douce et humide, limite collante sur le bas, pour garder de cet hiver insolite un sentiment moins figue que raisin, en espérant que son successeur retrouvera un caractère plus froid et plus neigeux. N’ayant jamais bu de vin de figue, je ne peux que souhaiter que, à l’instar de celui que l’on tire du raisin, nos prochains hivers se bonifient avec le temps. Rendez-vous en novembre pour le vérifier.
Un démarrage entre le gris clair du ciel et le gris foncé de la terre humide.
Toujours humide, mais désormais blanc, le manteau neigeux de la Combe des Fonds...
.... nous hisse lentement vers les hauteurs d'un Val Ferret toujours prisonnier de ses brumes matinales.
Entre neige molle et rochers omniprésents ...
... nous finissons par traverser la couche de stratus collant...
.... pour émerger au soleil.
Bien épaulée par une bise aussi forte que glaciale, dame météo fait rapidement le ménage dans un ciel de plus en plus bleu.
Surprise ! La pente finale du Chantonnet vierge de trace.
Il aura fallu attendre la mi-avril pour découvrir cet itinéraire généralement fort couru sans l'ombre d'un randonneur.
Un manque de neige certain, mais néanmoins quelques perspectives réjouissantes pour la dernière descente de la saison.
Une silhouette familière ...
.... et un dernier épaulement vite expédié ...
... pour une arrivée au sommet dans un silence de cathédrale, juste un peu ventée.
Ciao Italia. E 'bello, ma se si può solo chiudere la finestra.
Nos derniers virages de l'hiver ne sont de loin pas les moins agréables.
La fine couche de neige tombée la veille n'ayant pas encore eu le temps de fondre ni de durcir...
... nous nous en régalons sans regrets pour les absents.
Yes, we can ! Again.
Flagrant délit d'utilisation des bâtons. Faut jamais désespérer.Normalement, il y aura d'autre saisons.
Y a encore tout ça à redescendre ?
Eh bien, on va faire un petit effort.
Non, même pas. Ca tourne tout seul.
Avec la perte d'altitude, le ski moquette redevient rapidement d'actualité.
Une moquette douce à poils longs...
... qu'il faut skier en souplesse ...
... en gérant simplement les changements de glisse très étonnants.
Synchronisée comme la natation dont on se rapproche...
... à vitesse grand V.
Le gris, et surtout le vert, remontent rapidement à notre rencontre...
.... au fur et à mesure que notre étroite langue neigeuse se rétrécit encore.
Y a encore la place pour mettre deux skis ?
Alors, on continue !
Z'ont pas de canons à neige à la Fouly ?
Non, mais, par contre il reste le torrent du Darbé pour persévérer "Movementés".
Bon, et maintenant, ça vous dit, un peu de crapahutage rocailleux ?