Un ciel saturé de bleu, un soleil rayonnant comme au meilleur de juillet et un réjouissant 23° au mercure des thermomètres affolés. Et tout ça, pour une mi-octobre dépassée de trois jours. Je ne sais pas si on peut encore appeler ça un été indien à rallonges ou une aléa climatique, mais quel que soit le nom dont on voudra affubler cet insolite épisode de l’automne 2014, il était fort agréable et judicieux de le mettre à profit pour rajouter du chemin aux chemins et de la selle à une saison qui n’en a jamais autant comptée. Direction St-Luc, le village pas le troisième évangéliste, pour une nouvelle escapade anniviarde, sans roesti ni graben, sur la partie supérieure et « non-interdite » du mythique chemin menant de Sierre à Zinal.
Si la traversée de l’hôtel Weisshorn sur Zinal est toujours aussi panoramique, elle est d’autant plus « bikable » qu’elle est désormais grandement « débarrassée » de ses habituels randonneurs processionnaires et funicularisés par l’automne qui s’avance. Un oeil sur les majestueux 4000 de la couronne impériale et l’autre rivé sur le tortueux chemin à flanc, les crêtes s’enchaînent, les combes se succèdent et les pittoresques alpages défilent. Le sentier magique n’en finit pas de dérouler son étroit ruban terreux ou caillouteux, un peu comme cet été à rallonges n’en finit pas de distiller ses beaux jours.
Endless Summer VS Endless Singletrack ? Pourquoi choisir quand les deux font si bien la paire.
Il y a une vie loin du funi de Tignousa, même si elle est un poil plus exigeante que sa cousine mécanisée.
Petit (hôtel) Weisshorn deviendra grand, à condition de continuer de pédaler.
L'automne en pente (et en atmosphère) douce.
Le premier chemin du matin sera aussi l'unique de notre journée.
Un petit 180 avant une longue, très longue traversée à flanc.
Du sable mou, de la caillasse et des pourcents, tout pour décourager le biker moyennement motivé.
Et alors ? Pas de quoi mettre pied à terre, surtout pour qui connait la suite.
Les bébés mélèzes ont déjà enfilé leur pyjama d'automne.
Les premiers pierriers défilent au même rythme que l'imposante bâtisse du Weisshorn rapetisse dans notre dos.
Les nombreux ravins ne parviennent pas à faire déverser notre divin chemin.
Le premier tronçon descendant se transforme rapidement en un ludique slalom entre les arolles.
St-Jean, Mayoux, Vissoie : que tous ces villages semblent minuscules, perdus au fond de leur vallée.
Pas l'ombre d'un nuage, juste celle du photographe distrait.
Déluge de ciel bleu et douceur estivale pour un octobre de rêve.
En matière de perspective, il y a chemin et chemin. Le nôtre a visiblement choisi de jouer dans la cour des grands.
Quelques (petits) cailloux sous les roues ...
... et d'autres (plus grands) plein les yeux.
Au pays du bec-croisé, les arolles sont reines ... mais surtout disséminés.
Maitre Cervin daigne jeter un petit coup d'oeil distrait par dessus l'épaule de son voisin.
Nava ? Oui, Nava pas mal !
Toutes les digues ne sont pas paillardes, certaines sont protectrices avec un versant lacustre.
Quand minéral et végétal jouent au diapason, le chemin rayonne et le biker sourit.
De bleu, de bleu ! (et un peu d'ocre aussi).
Dans une autre vie (ou dans une prochaine saison) on va bien finir par la (re)remonter cette interminable piste menant à la Forclettaz.
Du Cret, du Midi (passé) et un chemin qui n'en finit pas de nous régaler.
Courte plongée pour attraper la piste du revers de Barneuza.
Refaite à la machine, elle est désormais presque trop large et trop lisse. Mais au moins, elle permet de rester en selle sur un tronçon anciennement aussi pierreux que piégeux.
Zinal est désormais en vue, mais les sournois pierriers de Barneuza restent encore à vaincre.
Le portique du plus célèbre alpage de Sierre-Zinal annonce la fin des hostilités.
Le bonheur est toujours dans le pré, fut il perché à 2'200 mètres d'altitude.
Tapis d'aiguilles et chemin taquin pour une plongée finale plus glissante que prévue.
Braque, ça ne veut pas toujours dire "remets du braquet".
Du lichen et des crampons : l'adhérence comparée ne donne pas toujours raison au plus caoutchouteux.
Pour la forêt en feu, il faudra encore patienter un peu. Jusqu'aux premiers frimas qui vont définitivement "tuer" le vert.
Trift, Poste, Ferme, Besso, qu'importe l'enseigne quand la terrasse est ensoleillée et les bulles pétillantes.