Trois jours à bouffer du rocher surchauffé, de la caillasse instable ou du pavé millénaire commençaient à nous laisser penser que la Sierra Nevada, comme beaucoup d’autres contrées méridionales, n’avait rien de plus « flow » à proposer en matière de chemins. Et puis, il y a eu le jeudi. Encore un lendemain d’hier. Mais un hier sous la forme d’une journée de repos passée à survoler un Alhambra bondé de touristes asiatiques. Un hier à écluser des sangrias et à dévorer des tapas, dans la moiteur étouffante de la chaleureuse petite cité de Grenade.

Dans l’habituelle fraîcheur matinale, nous nous sommes enfin élevés au-dessus de la limite des forêts et enfoncés plus profondément dans la vaste combe séparant le Pico Veleta du Mulhacén, point culminant de notre Sierra d’une semaine. D’abord via une piste large et tortueuse s’ingéniant à jouer aux montagnes russes, puis par un divin « camino » légèrement montant et délicieusement joueur. Sur cet étroit ruban, enfin terreux, ondulant et slalomant dans les vastes pâturages d’altitude, tout le monde s’est rapidement senti comme à la maison. Enfin, surtout les heureux possesseurs du très prisé passeport valaisan.
Une (demi) journée dans les alpages, les Hérens en moins et l’air maritime en plus

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