Un dicton un peu détourné pour résumer notre journée du côté de « Viou », dans le Val d’Aoste, pour l’inauguration du nouveau millésime de « Levo », (déjà) estampillé 2021. Eh oui, pénurie de bikes et de E-bikes oblige, certains fabricants ont avancé l’arrivée de leur nouvelle gamme pour répondre aux demandes pressantes des « shops ». Du coup, pas vraiment convaincu par la configuration/gestion de mon « reconditionné », j’en ai profité pour jeter mon dévolu sur un des tous premiers exemplaires du cru 2021 « Château Levo ». Au menu, enfin 12 vitesses, enfin une tige de selle non « Spe » et donc, non « crantée », mais aussi, 10 mm de débat’ en rab, une toute nouvelle cassette de 52 et un petit upgrade des freins. Rien de révolutionnaire, juste ce que « Spe » aurait dû proposer, d’emblée, il y a deux ans, lors du changement de génération.
« Mieux vaut tard que jamais » est peut-être le slogan inavouable du responsable composants de la célèbre firme de Morgan Hill ?
Même si le Val d’Aoste est vaste, c’est à Roisan, juste en face de Buthier, le point de départ de notre dernière escapade, que nous avons posé nos roues cramponnées pour aller rouler un grand classique de la région, le « 105 » au départ d’Alpe di Viou. Un « sentiero » absolument incontournable, d’abord juste cassant et exigeant comme il faut, entre Viou et Blavy, puis de plus en plus onctueux et sinueux, voire carrément crémeux, entre Blavy et Porrosan.
Pour ceux qui ne sauraient pas situer Blavy, certains indices minéraux devraient les aider à cibler la région.
Versant adret et chaleur estivale contribuent à donne aux hampes des molènes (bouillons blancs) de la vigueur et de l'envergure.
Le pendant est de la Grivola, le Mont Emilius et son imposante face nord, nous toise du haut de ses 3'559 mètres de granit sombre.
Green Day & Military Machine.
L'entrée du 105 repérée, poussons jusqu'au démarrage de son voisin oriental, plongeant sur St-Christophe.
Vous connaissez l'histoire de la vache tombée amoureuse d'un tout nouveau Levo. Moi, non plus, mais ceci dit, j'arrive à la comprendre.
Comment traduit-on « Trail With View » en patois valdotain ? Sentiero di Viou ?
Au fond de la classe, un toit de l'Europe qui porte particulièrement bien son nom après un week-end aussi maussade.
Le voisin reperé, l'estomac calé, il est temps d'aller honorer Signore Centocinque de nos roues cramponnées.
Enfin équipé d'une transmission « de montagne » , le dernier Levo excelle dans le technique pédalant qui nous ramène sur nos pas (roues).
Des vaches non-confinées avec qui il faut partager le pré le plus panoramique de la vallée.
Retour à Viou, pour attaquer la descente tant convoitée...
... qui démarre par un magistral « gorettage » d'épingle...
... avant de proposer une succession de petits plats fourrés aux orties, dans le but d'éviter que cela ne se reproduise.
Et quand les orties sont fatiguées, ce sont les chardons qui se chargent de vous garder dans le droit chemin.
En fait, on est à un (gros) jet de pierre de la Punta de la settimana scorsa.
Espérer rouler sur le versant sud des Alpes, sans avoir de caillasse à gérer, c'était peut-être un poil ambitieux.
Et comme les lacets locaux sont rapidement au diapason des minéraux sus-cités ...
... le menu est rapidement gratiné, sans pour autant devenir indigeste.
Le fait d'être fréquemment roulé rajoute de la visibilité à certains secteurs parfois engagés...
... mais jamais réellement piégeux.
Blavy s'annonce ...
... a grands renforts de cassures tout en minéralité exacerbée.
L'inconvénient des premiers tours de roues d'un nouveau vélo, c'est qu'on doit forcément le faire essayer.
L'avantage, c'est qu'on est régulièrement ravi de le retrouver.
Le 105, secteur Blavy-Porossan : plus qu'un shoot, carrément une overdose de sinuosités et déclivités raisonnées.
Tout en lacets et en ardoises relevées ...
... il n'en finit pas de nous rapprocher de la Viou sommitale que nous venons à peine de quitter.