A défaut d’un improbable lundi au soleil, voilà déja un début de semaine royal !
Eh oui, même en entamant ce nouveau « trip » VTT, entre Lautaret et Izoard, le thème de la plus célèbre chanson de l’ami (amant ?) des « Claudettes » n’aura pas vraiment été au rendez-vous. La palette de notre premier jour dans les Hautes-Alpes aura surtout fait la part belle aux différents tons de gris, avec quelques rares fulgurances de bleu. Une journée loin d’être terne et ennuyeuse pour autant, grâce à un somptueux chemin en balcon, accroché au flanc adret d’une vallée de la Guisane, pompeusement rebaptisée vallée de Serre-Chevalier pour d’obscures questions de marketing hivernal.
Un peu, puis beaucoup au-dessus du tortueux serpent bitumineux cher aux forçats de la route, ou à leurs « cousins » adeptes de la poignée de gaz, notre premier chemin de la semaine, nous aura d’abord permis de découvrir les charmes d’un briançonnais blotti au pied son imposant massif des Ecrins, mais aussi, de nous familiariser avec les caractéristiques de ses nombreux sentiers, bien tracés et parfaitement entretenus.
Je ne suis pas vraiment adepte de la théorie de la « première impression », mais, qu’on le veuille, ou non, elle compte. Et, de ce point de vue, le Briançonnais et son proche voisin du sud, le Queyras, font clairement partie des contrées qui savent accueillir l’arrivant.
Remonter la vallée de la Guisane sans utiliser la nationale menant au col du Lautaret, c'est possible ? Oui, avec un guide compétent.
Si le premier torrent rencontré est briançonnais et asséché, ce sera loin d'être le cas de ses voisins du sud, les tumultueux queyrassins.
La bienveillante Aiguillette du Lauzet, nous toise pour l'instant avec dédain du haut de ses 2717 mètres d'altitude.
Le premier chemin du jour, et du séjour, a comme prénom « drè dans le pentu » et comme nom, « machine à coudre ». Oui. les patronymes briançonnais sont particuliers, je vous l'accorde.
Arrivée sur le Chemin du Roy fleurie, face à un col du Lautaret déjà bien fréquenté par les véhicules motorisés.
Plus qu'une sente royale, voilà un chemin divin.
Accroché au flanc adret de la vallée de la Guisane, notre sentier du jour ondule joyeusement à travers genévriers et prairies fleuries.
Proposant régulièrement des zones d'éboulis pour égayer notre progression.
Belle vallée ! Beau pays !
Quand Roche Robert s'annonce, le flanc se redresse et le Roy se minéralise.
Tout passe en selle, mais il vaut mieux avoir l'oeil ouvert et le pilotage précis.
L'à pic n'est jamais loin et la chute proscrite.
L'art du lacet ascendant illustré par l'image.
En ce qui me concerne, cette photo s'avère nettement moins mortifiante que la précédente. N'est pas expert en épingles qui veut.
L'Alpe du Lauzet, lovée au coeur du vallon du même nom, une petite perle d'authenticité et de rusticité alpine.
Voilà un chalet qu'aucun Stéphane Plaza local ne saurait vendre. Et c'est tant mieux.
On peut être guide et pilote d'enduro et aimer les prairies fleuries de myosotis. Cela n'est pas forcément incompatible.
Des versants opposés contrastés, pour des panoramas de « folaï ».
A chaque combe, l'esprit est conquis. A chaque crête, l'oeil, ébloui.
La vallée de la Guisane sait user de tous ces atouts pour charmer le biker (ou randonneur) contemplatif.
Le chemin du Roy ou le roi des chemins. Sûrement un peu les deux.
Fin de journée pour un échange momentané de destriers.
Le Dôme de Monêtier, en fond, et les mains, solidement accrochées au guidon.
Un début de descente au caractère rocailleux plutôt affirmé.
Mais, une fois le Torrent de la Pisse traversée, notre monotrace devient rapidement plus comestible, et sa dégustation plus savoureuse.
Caravane pour une prairie fleurie.
Même les lacets semblent ici avoir été tracés pour le bike. Ou pour le Roi, s'il était adepte de petites reines ?
Conciliabule de fin de journée, dans la banlieue de Monêtier.