Les itinéraires VTT ont-ils un sens ?
En voilà une question saugrenue.
Dans les régions montagneuses, les itinéraires VTT ont généralement un sens. Celui qui privilégie un itinéraire d’ascension aussi « pédalable » que possible et des chemins de descente techniquement intéressants.
Sauf que nous faisons systématiquement le Saflischpass dans le sens opposé à celui que roulent nos compatriotes germanophones. Que nos cousins valdôtains entreprennent généralement le Tour des Combins dans le sens antihoraire, alors que nous passons toujours la Fenêtre de « Madame » Durand, en sens inverse. Et que, enfin, nous montons de plus en plus souvent à la Rinderhuette via son itinéraire « shapé » pour la descente.
Alors que tous les « bikers » qui la fréquentent y accèdent à l’aide des remontées mécaniques de Leukerbad, pour ensuite dévaler le versant en direction de Gampel ou de Leukstadt, nous privilégions le « vieux » téléphérique de Jeizinen pour nous échapper de la plaine du Rhône, avant de remonter l’intégralité du tracé de la « Torrenttrail Bike » pour accéder aux 2350 mètres de la « Rinder ».
Du coup, je repose la question. Les itinéraire VTT ont-ils un sens ?
La réponse est « de moins en moins », avec l’avènement désormais acté du E-bike.
Et ce n’est clairement pas un appauvrissement de l’activité. Bien au contraire.
Le premier chemin du matin, n'est aujourd'hui, pas que divin. Il est aussi brumeux, humide et froid.
Du coup, pas d'arrêt « fontaine magique » à Niwenalp, à la sortie de son labyrinthe à moutons.
Direction le toboggan de Obär Unnärfäld qu'il faut toujours aborder avec doigté, première difficulté de la journée, oblige.
Finalement, avec de la prudence et de l'expérience, ses 10 lacets se passent sans casse.
Ca pique (les chardons) et c'est collant (les milliers de bouses qui constellent le chemin d'accès à Bachalp).
La redoutable transition montante de Bachalp vers Oberu : chaque année plus défoncée, chaque année retentée.
A force d'insister, ça finit par passer. Même si ce n'est pas du tout la ligne que j'avais initialement choisie.
Et, en plus, aujourd'hui, il n'y a pas que les jambes qui piquent. Les orties aussi.
Le passage de « bovistop » en milieu d'ascension demande concentration, adhérence et force. Comme le reste du tronçon ? Oui, mais avec un risque de bascule latérale nettement plus important.
Toutes les « bugnes » sont à tenter.
Même si certaines se révèlent plus retorses que d'autres. Satané caillou mal placé !
Du gris au bleu et du froid au tiède, pour une journée pleine de contrastes météorologiques.
Merci à tous les annonceurs de fin du monde de ce début de ce mois caniculaire de bien vouloir prendre note qu'août se termine le 31 et qu'il fait aujourd'hui, moins de 10° à 2'000 mètres.
Après le 47ème « biker » descendant croisé, notre chemin finit par se dégager, mais aussi, par se remettre à monter.
Victime de son succès « gravity », ses sillons n'en finissent pas de s'approfondir. Histoire de bien pimenter une ascension déjà localement très exigeante.
Seuls les tronçons rocheux semblent mieux résister aux nombreux passages des « bikers » en provenance de la Rinderhuette.
Comme ils sont rares et courts, autant en profiter.
Ascension à choix multiples ? Oui, sauf que le meilleur « climbing trail » de ce tronçon n'est pas le plus évident à dénicher sur cette photo.
Quand la silhouette caractéristique du Trubelstock est en point de mire, c'est qu'on n'est plus très loin de basculer du bon côté.
Août ou octobre ? Le calendrier parle pour le premier, les températures, pour le second.
Conséquence : vestes de sortie pour dévaler le « Flow Trail » de Torrentalp.
Moins bosselé que certains étés, le tortillard « leukois » est d'autant plus gratifiant à enrouler.
Il est très tentant de s'y lâcher, mais aussi, très facile de s'y vautrer, par manque de concentration.
Bien regarder où l'on veut aller et le « petit basque » agile fait le « taf » pour vous y emmener.
La transition Torrentalp-Tschärmilonga : joueuse, ondulée et régulièrement pédalante.
Une grande gentiane desséchée pour illustrer une option plus directe que l'habituelle remontée vers Oberu.
Traversée « directissime » de la forêt brûlée pour rejoindre Guttet sans avoir à trop pulser.
Pulser, non, mais « marteau-piquer », ça oui, et plutôt mille fois qu'une.