Même si j’aime beaucoup le Parmesan, ou son cousin, le Grana Padano, je dois bien reconnaitre que cette « Sbrinz-Route » vaut sacrément le détour. Avec son héritage historique, ses pavés au fumet minéral et ses lacets au petit goût de reviens-y, le tronçon de la « Sbrinz » qui plonge du Col du Grimsel sur Oberwald est un pur bijou à rouler et à enrouler. Découverte dans la bise glaciale et premiers flocons d’octobre, il y a cinq ans, elle nous avait laissé un peu sur notre faim. (C’est vraiment dommage pour un itinéraire dédié au fromage)
La retrouver dans l’incroyable douceur de cette fin d’été bénie et sous l’intarissable soleil de septembre, a rapidement confiné à une totale redécouverte. Ses pavés centenaires nous ont paru incroyablement plus moelleux, ses épingles empilés, nettement moins retorses et ses tapis de myrtilliers encore plus écarlates. Même la terre poussiéreuse de son tronçon final nous a semblée moins sillonnée et ravagée qu’il y a cinq ans.
Si vous aimez les chemins et les fromages à pâte dure au goût salé et à la saveur épicée, il y a de fortes chances que vous alliez adorer cette « Sbrinz-Route » à VTT.
La piste menant à Gämschfax est un pur bonheur à remonter. Douce, régulière et beaucoup, beaucoup plus calme que la route des cols du Grimsel et de la Furka.
Comme toute la région, la moyenne montagne a viré au rouge dès la sortie des forêts.
Même si notre retour sur la « Sbrinz-Route » est d'abord ascendant, cela reste un grand moment de VTT.
Remonter un chemin historique aussi célèbre n'est jamais anodin. Surtout quand il est aussi divin que certains des tronçons menant au col du Grimsel.
Y a pas à dire, ça claque grave !
L'histoire d'un chemin ne se résume pas à ses pavés ancestraux, mais ils participent grandement à sa dégustation, parfois exigeante.
Et quand il n'y a pas de pavés, il reste suffisamment de minéralité pour ne jamais s'ennuyer à « juste » pédaler.
Ici, peut-être plus qu'ailleurs, tout est toujours à tenter.
Même si, parfois, ça ne veut vraiment pas passer.
A force d'insister, on finit toujours par s'élever.
Revoir le Totesee, un jour quasiment d'été. Cela change forcément de notre dernier passage sur ses rives verglacées.
L'endroit est magique, malgré le bruit et l'odeur de l'incroyable trafic motorisé, juste sur la rive opposée.
Je ne sais pas si les « livreurs » de Sbrinz et leurs mulets appréciaient ce secteur, mais à VTT, il est vraiment magnifique à rouler.
Aller et retour, pas vraiment express, soleil d'été indien oblige, mais retour quand même, sur nos roues et sur la « Sbrinz-Route ».
Un retour pas forcément beaucoup plus facile, parce que pour franchir l'épaulement de Chrizegge, il n'y a quasiment que du rocher, quel que soit le sens choisi.
Les deux vallons peut-être les plus perdus de la haute vallée de Conches, le Geretal et le Gonerli, semblent toutes proches, comme un rappel de notre belle journée précédente.
Pavés de la « Sbrinz-Route », épisode 2, la plongée vers la vallée.
Quand la « Sbrinz » est vraiment trop défoncée, il faut savoir lui préférer ses (hauts) côtés, même s'il faut savoir y jouer les équilibristes entre rochers et fossé.
Du Moléson, on voit sa maison, et d'Oberbrunnji, on voit le tronçon « Geretal » du désormais célèbre « Furkatrail », juste en face sur son côté ensoleillé.
L'un des rares avantages des pavés centenaires, c'est que, à priori, ils sont fixes car bien enfoncés dans le sol par les années et les passages répétés.
Pour le balisage à l'aide de pierres dressées, la « Sbrinz-Route » ne fait pas dans la demi-mesure.
Cette « Sbrinz-Route » c'est un peu le « Paris-Roubaix » du coin. Dès qu'elle en offre la possibilité, vous y privilégiez immédiatement les bas-côtés terreux.
Calme, douceur, mais pas vraiment de volupté.
En transitant à flanc et en perdant de l'altitude, la « Sbrinz » gagne en terre et en herbe. Appréciable quand on a les bras fatigués par les pavés.
Ici, plus qu'ailleurs, le bonheur est vraiment dans le pré.
Si par hasard vous êtes intéressé par l'intégralité du tracé, prévoyez large pour rejoindre Lucerne à Domodossola.
Le « Gommer Höhenweg » prend le relais de la « Sbrinz-Route » pour tenter de rentrer vers Münster sans avoir recours à la route asphaltée.
Relais pas vraiment concluant, tant certains tronçons sont de vrais remontants, trop exigeants pour une fin d'itinéraire.