Chummefurgge, c’est l’histoire d’un plan « A » un poil trop ambitieux, à l’itinéraire finalement plus incertain qu’envisagé et à une logistique bardée d’imprévus. Le chemin qui relie le sauvage Rappetal au très sauvage Blinnental, via ce col haut perché (2656 mètres d’altitude), gardera, cette fois encore, tout son mystère et, par conséquent, tout son pouvoir d’attraction.
Ceci dit, ou écrit, quand le plan « B » se nomme Mossmatten Trail, on ne regrette pas très longtemps un aussi hypothétique plan « A » que le Chummefurgge. Cette année encore, après avoir escaladé son redoutable chemin faussement nommé « ça passe tout sur le bike », nous avons redécouvert avec ébahissement la formidable traversée en balcon du Mossmatte, entre le discret Chietal et la petite cabane d’Ober Flesche. Son chemin, sobrement adapté à la pratique du VTT, est un pur bonheur à rouler. Jamais trop compliqué, mais jamais trop conciliant non plus, il invite à tout tenter, mais, surtout, à régulièrement s’arrêter pour admirer les incroyables panoramas qu’il propose sur tout le versant Nord de la vallée de Conche, du Fieschtal jusqu’au Galenstock a demi-uranais.
Mossmatte, c’est l’histoire d’un plan « B » qui vous fera, vous aussi, oublier tous les plans « A ».
Après l'horizontalité des aérodromes d'Ulrichen et les déclivités modérées du col du Nufenen, nous atteignons enfin Chäller.
Et là, c'est une autre chanson qui commence. Elle a pour nom « Tout Passe, En Selle, Ou Pas »
Et le « Ou Pas » montre rapidement de quoi il en retourne. A sa déclivité immédiatement avérée, notre « Wanderweg » du jour, ajoute régulièrement des épingles bien velues.
Mais, dans un premier temps, il reste conciliant, en gardant ses difficultés techniques pour plus tard.
Et plus tard arrive plus vite qu'on ne s'en souvenait. En émergeant au soleil, notre sentier empile les difficultés.
A sa pente consistante et à ses lacets serrés, il rajoute encore ses profondes rigoles d'évacuation et ses nombreuses pierres mal placées.
Chaque marche escaladée vous pousse au déséquilibre. Chaque sillon suivi ou évité, vous incite à faire pied.
Du coup, quand le rocher qui sert de passerelle sur le Kittbächi redonne un chouïa d'horizontalité à notre exercice, on prend enfin toute la mesure du fameux « Ou Pas »
Voir d'où l'on vient, le Grimsel, sur le versant opposé, le Furka Trail et son épaulement face au glacier du Rhône et le Nufenen, directement à proximité.
Et savoir où l'on va : Mossmatte ! Même si, pour ça, il reste encore quelques difficultés à gérer.
Plus le « trail » s'extrait de la forêt, plus il perd en difficultés.
Comme les jours précédents, on passe au rouge. A vélo, tout est permis !
Aménagé avec ingéniosité, le « Mossmatten » devient chaque mètre plus agréable à rouler.
Grâce à ses lacets suffisamment nombreux et bien tracés ....
.... il finit par atteindre la crête sans réelles difficultés.
Nächster Halt, « Chalbermatte ». Halt auf Verlangen !
Malheureusement, sur un tel tracé, on n'a jamais vraiment envie de s'arrêter.
Jamais complètement conciliant, jamais trops piégeux, non plus, il demande à être constamment piloté pour être emmené dans son intégralité.
Flagrant délit de « gorettage » du tracé. Sauf que, quand c'est le rocher qui est utilisé, c'est autorisé.
On serait régulièrement tenté d'admirer, mais, pour rouler « safe », il vaut mieux, en permanence, rester concentré.
Tronc couché ou pouce levé ? A vous d'interpréter. En ce qui nous concerne, y a pas vraiment photo, même si, ici, elle est particulièrement inspirée.
Le Galenstock et son glacier du Rhône : à la fois si près et si loin.
AD Mossmatte, la plongée vers la vallée se profile rapidement. D'autant qu'on est lundi et qu'il faut encore songer à rentrer.
Rouge sur blanc ? Non, rien ne fout le camp. A condition d'avoir des crampons bien acérés et un pilotage adapté (aux conditions particulièrement sèches et glissantes).
Rouge sur rouge ? Et pourtant ça bouge.
Les longues rectilignes du chemin de la « Breite Wald » ont beaucoup évoluées depuis l'année passée. Preuve d'une utilisation répétée par les VTT.
Qui dit rectilignes, dit aussi vitesse de passage adaptée. Clairement pas à l'avantage de l'APN, pris au dépourvu.