2400 mètres de D+ par une température flirtant avec les 37°C : deux chiffres pour résumer une rando apparemment peu originale puisque empruntant une partie du parcours du Grand Raid Cristalp. Apparemment seulement, parce que d’un part nous avons choisi de faire le célébrissime Pas de Lona, dans le bon sens, c’est-à-dire d’Est en Ouest, contrairement aux participants du Cristalp, et d’autre part, parce que nous avons privilégié au maximum les sentiers et single-tracks d’altitude, contrairement aux organisateurs du Grand Raid. Si le spot était partiellement le même, au final, notre rando avait autant de points commun avec la célèbre épreuve VTT, que nous avec ses participants…
Partis aux aurores de Vercorin, nous avons finalement crapahuter plus que prévu sur ce qui n’aurait dû être qu’un simple transition jusqu’à Grimentz. Le plaisir d’évoluer hors des sentiers battus n’a pas de prix et le choix de l’itinéraire s’est finalement révélé parfaitement judicieux et surtout cohérent avec notre façon d’envisager le VTT. A partir de Bentola/Grimentz, nous avons opté pour une montée directe vers le vallon de Lona. Un peu extrême, très physique et nécessitant un copieux portage, l’option choisie a au moins eu le mérite de nous hisser rapidement sur les 600 mètres de D+ au programme. La descente du versant Ouest du Pas de Lona nous a rappelé quelques douloureux souvenirs, mais nous a surtout permis de voir l’endroit sous un nouveau jour, beaucoup plus sympathique. Le retour vers la plaine du Rhône sera à nouveau l’occasion de poser nos crampons sur l’étonnant sentier didactique Maurice Zermatten, mais surtout de réaliser un nouveau record de D- sur des singles, 2400 mètres entre le Pas de Lona et Pramagnon.
Au final, beaucoup, beaucoup de sueur et autant de bonheur.
Alpage de Tracui sur le coup des 10 heures du mat’. La température est déjà torride mais le bitume bientôt plus qu’un mauvais souvenir.
La vaste combe d’Orzival nous offre l’opportunité d’abandonner les pistes rocailleuses pour attaquer un premier single-track.
Opportunité aussitôt transformée, d’autant qu’en plus d’être plaisant, le sentier en question nous permet de nous maintenir à flanc de versant, et de conserver l’altitude précédemment acquise.
Le chemin comporte néanmoins quelques portions descendantes dont nous faisons immédiatement bon usage.
Place aux single-tracks !!! Le premier à nous proposer ses méandres grâcieux est celui qui mène à la récente cabane des Becs de Bosson. Son tracé est propre et roulant, idéal pour une prise de contact.
La déclivité augmente rapidement, mais les courts replats restente encore suffisamment nombreux pour alterner efforts intenses et tronçons de récup’.
La topographie devient vertigineuse, l’exercice aérien mais le single-track reste roulable.
A l’approche de l’arête Est de la Pointe de Lona, les premiers éboulis nous barrent le passage
La vue sur le barrage et vallon de Moiry est superbe.
L’ascension finale en direction du vallon de Lona se fait intégralement par un portage de plus en plus violent, au fur et à mesure que l’escarpement de la pente s’accroit .
Après un aussi intense et long exercice de portage, c’est une véritable délivrance que de pouvoir aborder la traversée vers le célébrissime Pas de Lona, à nouveau « on the bike »
Notre passage au-dessus des eaux turquoises du lac de Lona est mis à profit pour marquer notre arrivée au somment à l’aide du désormais tradionnel W.O.T.T.
Trois coups de pédales pour finir de nous hisser sur les douces courbes pelées du Pas de Lona.
La descente du versant Ouest, en direction du val d’Hérens, débute en pente douce.
Le passage renouvelé des participants du GRC a tracé plusieurs voies dans la pente. Les aborder dans ce sens se transforme vite en régal que nous dégustons en connaisseurs, pour avoir déjà eu l’occasion de les vaincre dans le sens inverse.
Tant que le tracé coupe à flanc de versant, la descente reste relativement aisée. Par contre quant l’itinéraire décide de filer tout droit dans la ligne de plus grande pente, l’exercice devient vite plus périlleux. Les 2 roues en limite d’adhérence dans la fine caillasse poussiéreuse, il faut laisser le VTT trouver la trajectoire la moins aléatoire et prier pour que ça passe
Après nous avoir fait quelques sueurs froides le single-track se remet à zizaguer plus raisonnablement. Il faut croire que les valeureux participant qui l’ont tracé trouvaient l’ascension trop abrupte à cet endroit pour couper tout droit en direction du sommet.
La suite de la descente est beaucoup plus accessible. Le single tracé à travers l’alpage herbeux est aplani par les nombreux passage du raid et peut s’aborder « full gaz » dans le sens descendant.
Quelques centaines de mètres plus bas nous arrivons en vue de l’alpage de La Vieille. De l’avis de tout Cristalpien, c’est pratiquement l’enfer, pourtant vu sous cet angle, l’endroit est bucolique et pittoresque à souhait.
A La Vieille nous retrouvons une ancienne connaissance : le sentier didactique Maurice Zermatten. Loin de toutes préoccupations compétitives, il nous emmène avec enthousiasme le long des flancs du Val d’Hérens en direction de St-Martin/Suen