Envisagée comme une « cht’ite » balade de stretching défatiguant entre deux grosses journées pédestres et vttistes, notre escapade sur l’abrupt versant nord de la Pierre Avoi s’est rapidement transformée en véritable pensum. Accablés par la forte chaleur, notre musculature fatiguée a logiquement donné quelques signes d’échauffement sur la longue ascension vers la Croix de Cœur, avant qu’un choix d’itinéraire hasardeux et peu praticable n’achève de mettre à plat nos batteries mal rechargées. Heureusement la longue descente, entre pistes forestières et single-tracks roulants, le long de l’arête boisée menant des Blisiers, vers le Col du Lein, le Col du Tronc, puis le Col des Planches nous a permis de récupérer un peu d’énergie avant d’attaquer le vertigineux plongeon final vers Martigny par le superbe mais localement délicat chemin du Cimetière le bien nommé.
Conséquence de l’ampleur débordante de ce projet de remise en forme, l’invitation à la grillade de milieu d’après-midi s’est transformée en raclette de début de soirée avec final à la lampe frontale en compagnie des courageux convives ayant survécu à l’éprouvant cocktail « agapes abondantes / chaleur accablante » de ce long dimanche de bike & victuailles.
L'interface céleste était généreusement réglée sur deep blue.
Le puissant processeur solaire finissait d'évaporer les derniers intrus de la nuit.
En route, ils croisèrent une surprenante btisse protéà¯forme, probable tête-de-pont des envahisseurs.
Le premier chevalier trépide (ce n'est pas français, mais ca veut dire le contraire d'intrépide...) s'enfonça presque sans trembler dans la profonde forêt de l'Apocalypse.
Suivi à distance de sécurité par son compagnon d'infortune.
A l'approche de la terrible Croix de l'O, les événements commencèrent à se précipiter.
Les oscillations frénétiques du mince ruban terreux mirent rapidement à mal les batteries de leurs chevaux mécaniques.
Même s'ils tentaient de récupérer des 'vies' à chaque stage, les deux fiers chevaliers savaient bien que la partie allaient être plus difficile que prévue.
N'écoutant que leur légendaire courage, ils foncèrent néanmoins tête baissée à travers les brûlants pans magnétiques verdtres.
Rien ne leurs fut épargné : après les chaleurs de l'humide Marlenaz, ce fut les roches electrolytiques de l'impressionante Pierre Avoi qui tentèrent à leur tour de les mettre à terre.
Rien n'y fit. Surmontant vaillamment toutes les épreuves et déjouant l'un après l'autre chaque piège tendu, les deux chevaliers finirent par émerger sur les hautes terres de Maupas.
D'où ils transitèrent rapidement vers la rédemption annoncée en se frayant un passage à travers les redoutables cotons venimeux de la Grand Lui.
En équilibre sur 2'135, le vertigineux éperon échevelé, ils purent enfin attaquer la longue descente de retour vers leur base.
Revenus des terribles terres inconnues, ils manoeuvraient maintenant leurs destriers intergalactiques avec adresse et dextérité.
Même si le single-track était parfois brouillés par les traitresses ondes électro-herbeuses, sûrs de leur victoire, les deux chevaliers ne se laissèrent plus déstabiliser.
Aucun traquenard inter-galactique ne put retarder leur téméraire chevauchée.
Sans un regard pour la lourde masse rocheuse pouvant à tout moment les briser, ils filèrent bravement sur les étroits sillons piégeux.
De retour sur un terrain connu, leur rythme de croisière augmenta rapidement, et la traversée du territoire des 3 cols (Lein, Tronc, Planches) ne prit qu'à peine une demi-année lumière.
Chemin du cimetière. Chroniques spaciobikes dand l'enfer d'Avoi et d'O - Août 08