Les Scottish Highlands ayant choisi de venir passer leur mardi 5 octobre 2010 dans le Haut-Atlas, notre 3ème jour de ride marocain, dévaloir de Gouamen, singles Highway 65 et Ouraken-Amanar s’est transformé en partie de cache-cache géante à travers des nappes de brouillard bien collantes agrémentées par une petite bruine permanente.
– Normal, y a toujours une journée de galère dans un « ride trip » d’une semaine.
– Eh bien non, même pas.
La nature était certes dégoulinante d’humidité et les paysages transformés en peinture abstraite fantomatique et ouateuse, mais la température est restée incroyablement clémente, plus de 20° à 2’700 mètres d’altitude et la terre, habituellement desséchée et glissante, est devenue un vrai tapis velcro offrant un grip inespéré grâce à cette humidité soudaine et modérée.
Nouvelle journée et nouvelle overdose de single-tracks. C’est à se demander si le réseau de communication marocain possède autre chose que des sentiers muletiers. Et d’ailleurs, pourquoi se poser la question, puisque c’est exactement ce que nous sommes venus chercher. Du pain et du chemin. Au Maroc, tout est simple, y compris le bonheur du biker : une succession de singles à damner n’importe quel rider de Whistler entrecoupée par une omelette berbère partagée dans un village accroché au flanc d’une montagne.
Prémonitoire ?
Oukaimeden, 2'700 mètres d'altitude. Pendant que nous remontons les bikes, les vendeurs ambulants qui nous ont suivi avec leurs mob', déballent déjà leurs colifichets.
La fine équipe au complet.
Pour ouvrir la route d'accès à la principale station de ski du Maroc, tous les moyens sont bons, même ces fraiseuses d'un autre âge, aux pneus lisses comme une peau de bébé.
Oukaimeden, le Whistler marocain ? Côté météo, en tout cas, ils sont déjà parfaitement au point.
Rencontre du 3ème type au détour d'une nappe de brouillard collée aux flancs du dévaloir de Gouamen.
La terre légèrement agglomérée par l'humidité, offre un revêtement plus accrocheur que prévu.
Reste que la déclivité générale est impressionnante, et les lacets, cachés dans le brouillard, sournois et toujours délicats.
Courte transition à flanc pour quitter le dévaloir principal, ravagé par les récents éboulements.
Sans un guide connaissant parfaitement le terrain, ce judicieux choix d'itinéraire aurait été beaucoup plus aléatoire.
Si la pente du premier dévaloir, au revêtement terreux, était déjà impressionnante, que dire de celle de son homologue rocheux.
Allez, un peu de courage, ça passe sur le bike ... (et en plus, sans les récents ravinements, ce serait vrai...)
Surgissant du brouillard, un troupeau de chèvres annonce notre arrivée dans un improbable village berbère, accroché sur son python rocheux.
Un village au chemin d'accès juste incroyable.
Heureusement, l'argile qui le recouvre n'a pas trop avalé d'humidité et l'adhérence reste gérable.
La place des femmes dans nos sociétés respectives résumée en une seule image.
A l'approche d'un second village, notre single redouble de traquenards.
Bisse valaisan VS Séguia marocain. Si les premiers n'ont désormais plus qu'un rôle purement touristique, les seconds restent vitaux pour l'agriculture dans le Haut-Atlas.
L'inévitable distribution de stylos, gérée de main de maître par PA, notre guide. Il vaut mieux, car dans ce genre de config, l'émeute et la bagarre générale ne sont jamais bien loin.
Quand on dit que les chats aiment la chaleur, ce n'est ici qu'un euphémisme.
Grâce aux conseils de Majid, le partage d'une omelette berbère (oeufs, oignons, tomates, olives, coriandre) sans couverts devient un jeu d'enfants... enfin presque.
Douce chaleur et satiété font, ici plus qu'ailleurs, bon ménage.
Le "Highway 65" version argile gluante : un exercice de funambule exigeant et localement périlleux.
Quand les maisons berbères se mettent à ressembler aux manoirs écossais, le monstre du Loch Ness peut surgir à chaque tournant.
Notre arrivée sur des versants plus schisteux augmente instantanément le niveau général d'adhérence.
Moon Ride.
Partie de slalom à travers les génévriers thuryfères et les arbousiers.
L'une des rares portions de goudron de notre trip dans le Haut-Atlas, nous permet de récupérer rapidement le single menant aux Terres d'Amanar.
Comme souvent, notre chemin débute par la traversée d'un village.
Le relief ferme et schisteux est un régal à rouler...
... et les choix d'itinéraires varient selon l'inspiration de chaque biker.
Jamais donné, mais jamais impassable non plus : l'essence même du single marocain.
Miam-Miam, ça sent bon la fin de journée descendante...
Enfin presque... Crevaison crépusculaire et axe arrière de 12 avec vis bloquées, un cocktail détonant géré avec le sourire... enfin surtout pour ceux qui ont un multi-outil ParkTools.