Les jambes fatiguées pour certains, le manque de « roulage » pour d’autres, des orages annoncés pour l’après-midi, les raisons de n’entreprendre qu’une « petite » sortie en ce premier dimanche de juillet étaient aussi diverses que nombreuses. Sauf qu’après celle du Pas des Moutons, vendredi, notre sortie dominicale n’a une nouvelle fois eu de « petite » que le prénom. Aux 1’500 mètres de D+ d’avant-hier, nous en avons rajouté 1’500 autres, aujourd’hui. 3’000 mètres de D+ en deux jours ! Oh les copains, quand vous déciderez de faire une « grande » sortie, prévenez-moi juste avant, que je sache à quoi m’attendre.
L’avantage, avec les sorties à rallonges, c’est qu’on peut à tout moment les raccourcir, en raison du mauvais temps, d’une panne de jambes ou simplement d’un hypothétique et soudain raz le casque. Le désavantage, c’est que si aucune de ses trois « bonnes » raisons ne parvient finalement à s’imposer, toutes les rallonges finissent par s’additionner. Après la longue et régulière ascension vers l’alpage, puis l’épaulement sommital de l’Arpille, nous avons donc déguster le sublimissime chemin accroché aux flancs sud-est de son Mont, en pensant que la verrée prise à l’alpage du col de la Forclaz serait le terme de la rando. Mauvaise pioche ! Après avoir englouti saucisses et tomes « maison », nous nous sommes remis en selle pour aller retrouver une vieille connaissance, le tronçon de chemin du TMB menant à l’alpage de Bovine. Ceux qui avaient oublié ses innombrables et revêches « bugnes » initiales en auront été pour une odorante et grasse suée. Mais, finalement, qu’importe les litres de sueur et les kilos de calories dépensées, quand on peut rajouter à un carnet de route qui en avait un peu oublié le tracé, depuis le temps qu’il n’avait pas revu nos roues cramponnées, une nouvelle plongée vers le hameau de la Caffe, puis la Combe de Martigny.
Bref intermède "fraises de bois" dans une ascension toujours aussi longue que sympa.
Le portail d'entrée du plus bel alpage du Valais ?
En tout cas l'un de ses pâturages les plus panoramiques, c'est sûr.
Panoramique... mais pentu.
Chaque replat est mis à profit pour récupérer quelques puls' et admirer le Plateau (du Trient).
Ca Valais le coup de monter jusqu'ici, non ?
A propos de monter, la fin de la piste, elle a fait acariâtre en deuxième langue ?
La tête dans les nuages... et les pieds bien clipés sur les pédales.
Le bouquet de rhodos de l'arrivée ?
Pas vraiment, juste un petit moment d'horizontalité.
Une horizontalité un peu cahotique, mais néanmoins appréciée.
Un bref stage de sherpa pour nous hisser jusqu'à l'épaulement sud-est du Mont de l'Arpille.
Tous les chemins mènent désormais à la Forclaz.
Même s'ils ne sont pas tous égaux face aux possibilités d'y rouler.
Celui du flanc sud est un petit régal forestier et joueur.
Même s'il n'oublie jamais de remonter de temps à autre, histoire de tester votre motivation et votre récupération.
Un peu de lumière et d'air dans un monde d'ombre et de forêt.
Et pas mal de vide aussi.
Le tronçon jockerless par excellence.
Un chemin panoramique mais délicat à apprécier tout en roulant en sécurité.
Piétons, circulation et canassons ! Cool, c'est pas interdit aux vélos.
Le col de la Forclaz se rapproche, ou plutôt, remonte vers nous, à la vitesse grand V.
Deux doigts de frein et une once de folie.
Après le vide et les apics, les racines et les cailloux du chemin de la crête sont une simple formalité.
La Forclaz, Here We Are Again !
L'incontournable planchette de l'alpage du col...
... nous restaure et nous ramène plein de nouveaux amis.
L'heure des braves : le retour en selle du début d'aprèm.
Les premiers raidards de Bovine donnent rapidement le la.
Rénové ou pas, son chemin joue toujours en mode "gros mollet et puls dans le rouge".
Et quand on croit que c'est fini, y en a encore une nouvelle bugne plus revêche à tenter de vaincre.
Finalement, nous retrouvons le toboggan de la Caffe avec un certain soulagement.
C'est verdoyant, c'est luxuriant, c'est localement humide, mais nos roues libres y chantent malgré tout gaiement.
Même si nos 27.5 ont parfois du mal à émerger de sa végétation.