Quelle plus belle façon de clôturer ce mois d’août généreux en soleil et en chemins que de boucler, une nouvelle fois, l’autre grand classique du Haut Val de Bagnes, le tour du barrage de Mauvoisin ? Pas vraiment inédit, rarement couru d’avance, cet itinéraire en boucle autour de la désormais troisième plus grande retenue d’eau du Vieux-Pays dispense chaque fois son lot d’ingrédients naturels habituels. Une piste d’abord descendante puis de plus en plus exigeante, quelques portages courts mais souvent revêches, un chapelet de chemins alternant le roulant, le ludique et le technique et, last but not least, des paysages à couper le souffle (si ce n’était pas déjà le cas après avoir vaincu les éléments précités).
Evidemment, les puristes prétendront que cet itinéraire en boucle ne comporte pas de sections véritablement descendantes. Et c’est vrai. Mais qu’ils essaient déjà de vaincre toutes les difficultés du chemin de retour et de déjouer tous les pièges du sentier de la rive droite du lac en restant en selle de Tsofeiret jusqu’au haut des 251 mètres du mur du barrage. Ensuite, peut-être que leur avis rejoindra le mien.
Un itinéraire sans « vraie » descente n’est pas un itinéraire dénué d’intérêt pour autant. Bien au contraire.
A chacun son mur et les eaux (ou os) seront bien gardées.
La piste de la rive gauche. Ici plus qu'ailleurs, parler d'ombre et de lumière est toujours d'actualité, quelle que soit l'heure de la journée.
Secondi Piatti : se laisser doucement couler jusqu'au vingt-huit.
Le Lancet, première pierre de notre édifice ascensionnel.
La Barme, les côtes s'empilent, le D+ rend peu à peu l'âme.
La Paume, le plus court mais aussi le plus pentu des trois paliers à vaincre pour atteindre Chanrion.
Au royaume des lacs de montagne, le plus intéressant est celui qui jouxte la cabane.
Quelques bulles et calories plus tard, nous revoilà en chemin.
Finie la piste, place au(x) singletrack(s) !
D'abord en selle et contre tout...
... puis en mode sherpas sympas.
Oh Hisse ! Ca devrait passer, sauf si finalement, ça glisse.
Beaucoup de cailloux, beaucoup de rochers, avec, au milieu, file un étroit sentier...
... que l'on peut (presqu') intégralement rouler avec un grosse dose de motivation.
La Dyure du Brenay, toujours aussi impressionnante et tumultueuse, canicule oblige.
L'ombre et la lumière, épisode 2, ou quand les premiers nuages d'orage calment les ardeurs de l'astre du jour, pour notre plus grand bonheur.
La fameuse chaîne pour randonneurs hollandais, a, chaque année un peu moins d'utilité.
A cadrage foireux, sensations faussées. Mais imaginez la partie "sentier" horizontale et vous aurez une idée de la déclivité environnante.
C'est une impression ou Tsofeiret n'est-il pas chaque année un peu plus haut ?
L'explication est peut-être à chercher dans le poids des ans et celui de l'alu anglais sur les épaules.
Délicieux camaïeu de verts pour la première véritable déclivité inversée de la journée.
Des verts tournant inexorablement au cuivre, à l'ocre puis à l'Orange.
Quand le chemin ne donne rien, c'est parfois dans ses tripes qu'il faut aller chercher la force de le rouler.
Heureusement, à chaque bugne revêche suit une descente, pas forcément moins acariâtre, mais déjà "récupérante".
Comment faire d'un demi-tronc, un pont, et d'un cliché un tronçon.
A chaque rive son ruban terreux. Large et roulant, pour la gauche. Etroit et aérien pour la droite.
Le gris gagne du terrain, mais le temps reste sec et la température, encore et toujours, étouffante.
Et pas moyen de se rafraîchir en traversant les nombreux torrents rencontrés. Ils ne sont que secs et instables à traverser.
Alpage du Giétro, l'autre tronçon vraiment descendant est désormais à portée de crampons.
Ruban sinuant devant miroir géant.
Mais qui dit sinuant, dit aussi épingles. Et c'est là que tout se corse comme diraient nos amis insulaires.
Et quand le chemin s'élargit enfin, il s'assombrit aussi.
De nouvelles bulles bien méritées.
A force de beaucoup rouler, le sillon finit, tôt ou tard, par se creuser.