On entend parfois dire que « la saison de ski se termine avec le salon de l’auto ». Peut-être pour certains citadins, enfin débarrassés de leur stratus tenace et qui, du coup, ne sont plus obligés de « s’expatrier », week-end après week-end, pour profiter du soleil, mais certainement pas pour nous. Même si Dame Météo a aussi rapidement « switché » du mode hiver au mode printemps, qu’elle avait traîné les pieds pour nous envoyer quelques dépressions hivernales bien « dodues », il n’en reste pas moins que la couche d’or blanc tombée ce début mars en altitude, peut encore nous laisser espérer quelques belles courses à skis. A condition de se lever tôt et de démarrer haut.
Partis pour aller « re-skier » la magnifique « Tête », nous avons d’abord été mis à mal par la toujours très rugueuse trace d’ascension vers la Dotse, faite, comme souvent, de verglas, de pourcentages exagérés et de reculades intempestives, puis refroidis par les innombrables avalanches qui ont ravagé toutes les faces nord de la région, y compris celle de la Tête de Ferret. Du coup, nous avons choisi de suivre les conseils avisés, pris la veille auprès de gens « qui savent », et opté pour un « plan B », skier directement le versant oriental de Madame Dotse sur l’alpage de la Peule. 23H00 du mat’, c’est vraiment le dernier moment pour profiter du décroûtage de ce genre de face orientée plein Est et d’y évoluer « plus ou moins » en sécurité. Chauffés dès les premières heures de la journée, certains passages étaient d’ailleurs si pourris, que nous avons choisi de les contourner plutôt que de les dévaler « bille en tête ». Au final, du très bon ski, comme on en fait souvent vers la fin du mois d’avril.
Oui, mais voilà, nous ne sommes qu’à la mi-mars…
Trace déversante et revêtement verglacé, ou l'histoire des habituels petits bonheurs matinaux sur le versant nord de la Dotse.
Couteaux ou pas couteaux ? Comme toujours, on essaie d'avancer le plus possible sans ces artifices sécurisants, mais contraignants...
... en espérant que ce sera moins pire plus haut.
Choix discutable, car pour bénéficier du relatif radoucissement de la trace, il faut impérativement rester sur la crête de Létemaire et affronter ses copieux pourcentages.
Pourtant, dès qu'on peut s'aventurer dans le versant, le menu "bras tétanisés et reculades intempestives" change.
Il est tout de suite plus simple d'y trouver son rythme...
... d'autant que la trace "choisie" est finalement plus sympathique qu'elle ne le laissait paraître, de loin.
Si côté dénivelé, on a fait pas mal de chemin, côté distance, on encore loin de cette fameuse "Tête".
Faces nord ravagées par les avalanches. Après celle de la Tête de Ferret, nous découvrons l'état de toutes ses cousines de l'arête des Econduits. Pas vraiment rassurant !
Notre choix est vite fait, d'autant que le "Plan B" est là, directement sous nos spatules.
Direction le vallon de "La Peule" et son versant orienté plein Est.
Le vaillant soleil matinal y a déjà réchauffé bien plus que la croûte supérieure du manteau neigeux.
Entre gros sel et neige pourrie, nous sinuons pour dénicher les pentes les moins mises à mal par la douceur et les moins "craingnos" à tracer.
Après quelques combes et coulées traversées "fesses serrées" nous atteignons avec soulagement l'épaulement de la Peule...
... où nous retrouvons à la fois un versant moins pentu et une neige moins ramollie, ombre matinale de fond de versant oblige.
Même les ondulations sculptées par la pluie n'arrivent pas à nous y priver de plaisir.
Les poils de la moquette sont de longueur variable, mais toujours agréables à skier.
Bon, par contre, pour boire un verre au gîte de la Peule, faudra revenir plus tard, ou alors sortir nos pelles pour tenter de trouver l'entrée.
En perdant de l'altitude nous changeons à la fois d'orientation et de durée d'ensoleillement.
Et donc nous rencontrons un manteau beaucoup plus aléatoire à skier dont nous essayons néanmoins de tirer le meilleur parti.
Après quelques poussées exténuantes pour nous extraire de la jeune Dranse de Ferret, nous retrouvons avec bonheur la voie expresse menant à la Fouly.