Retour dans le Val d’Hérens pour les premiers 1’000 D+ de la saison. Et qui dit Val d’Hérens, dit aussi souvent, rando à cales et à double-cales, en particulier sur sa rive droite. « Dri ho ! Dri ba ! » entre Mase et Brechette, pour une rando ayant visiblement oublié ce que kilométrage horizontal signifiait. Autres surprises du jour, les conditions de neige, pires que prévues sur le bas, et bien meilleures qu’espérées, à partir de 2’100-2’200 mètres d’altitude.
Avec 14° annoncés en plaine et des chutes de pluie remontées jusqu’aux alentours des 2000 mètres en début de semaine, cette rando s’annonçait printanière. Soleil, douceur et neige molle semblaient promis à notre vendredi sur les skis. La réalité du terrain a été toute différente. Le menu nival concocté par Dame-Nature nous a réservé une palette complète de son savoir-faire, mais, malheureusement, pas de neige de printemps à sa table.
– Neige dure et méli-mélo de plaques verglacées en entrée.
– Neige croûtée et verglacée, sur son lit de fausses traces aussi nombreuses que traîtresse, en « antipasti ».
– Neige profonde et localement pourrie sous sa fine croustade de glace, en plat principal.
– Et, finalement, belle et épaisse couche de neige fraîche en phase de cohésion, pour le dessert.
[Note à l’usage des Blondes] Pour obtenir le menu de la descente, il vous suffit d’inverser l’ordre des plats…
Mayen des Praz, départ matinal et hymne à la glace. Deux ingrédients aussi peu engageant l'un que l'autre.
Une neige rare et un chemin verglacé. Rien de surprenant pour une rando printanière démarrant en forêt. Sauf qu'on est le 14 janvier...
Au petit jeu hivernal de l'ombre et de la lumière, nous n'avons pas joué gagnant, ce matin.
Pendant que Mase, la pittoresque, se réchauffe doucement sur son promontoir naturel...
... nous nous élevons péniblement dans l'ombre glaciale de Pravochin.
Journée "sans", mais sourire quand même, pour fêter notre émersion à la lumière.
Traces prometteuses mais déjà anciennes, pour une ascension au caractère enfin hivernal.
Jalon de notre prise d'altitude, l'épaulement boisé des Closses ne masque désormais plus la vue vers la plaine du Rhône.
Thyon 2000, Chavalard, Dents du Midi : trio hétéroclite pour une perspective bas-valaisanne.
L'A Vieille, 2'190 mètres. La neige se fait étonnamment poudreuse, promesse d'une descente plus attrayante qu'envisagé.
Même si nous devons désormais "tracer", la fin d'ascension nous offre des perspectives de plus en plus alléchantes.
A l'approche du petit col, les amas de neige soufflée compliquent le choix d'un l'itinéraire "sécure".
Coup d'oeil vers le vallon de Réchy. L'Ar du Tsan dans sa livrée hivernale est, certes, moins spectactulaire que dans sa populaire version estivale, mais peut-être plus poétique.
Un petit vent du sud-ouest nous incite à ne pas nous enraciner au sommet de Brechette.
Ca tombe bien. Les premières pentes, qui comme pour l'ascension nous semblent réservées, sont superbes à skier.
Afin d'éviter d'avoir à retraverser la profonde combe du torrent de la Manna, nous choisisons de poursuivre notre descente sur l'épaulement de l'Arpetta.
Bonne idée. Protégée des rayons du soleil par une petite crête, la neige y est encore parfaitement skiable...
... et l'ivresse de la profonde d'autant plus agréable qu'imprévue.
Jusqu'à 2000 mètres, l'épaisseur de la couche de fraîche diminue peu avec l'altitude. Sa légèreté sommitale, par contre, n'est désormais plus qu'un agréable souvenir.
A changement de neige, changement de technique d'appui. Oui, mais voilà, encore faut-il avoir le temps de s'adapter.
Le vendredi au soleil.... A chaque fois c'est pareil. (ou presque)