N’en déplaise aux « matheux », deux « Half Mile », même rapprochés dans le temps, n’ont jamais fait et ne feront jamais un « full » Col de Mille. Bien que partageant la même région, ces deux itinéraires voisins n’empruntent ni les mêmes chemins, ni le même versant et ne partagent même pas forcément leur point culminant. Chacun son côté et les bikes seront bien gardés. Le « full », au départ de Bourg-St-Pierre, reste un morceau autrement plus exigeant que le « half », même au départ du Châble. Ni vraiment très dénivelé (1250 mètres de D+), ni vraiment très pentu, car souvent à flanc, c’est son itinéraire quasi intégralement en « single » qui fait à la fois la difficulté et le charme du « full ».
Sur son chapelet de chemins de montagne, aucun des mètres à rouler ou à gravir n’est véritablement simple. A grand renfort de cailloux mal placés, de sillons trop profonds ou de « raidards » patibulaires (mais presque), tous les sentiers menant de l’alpage d’Azerin au sommet du Mont-Brûlé, rivalisent de malice pour savoir lequel sera le meilleur pour vous forcer à mettre pied à terre. Un défi permanent à la volonté, la technique et à la force des jambes, que même l’assistance d’un « gentil » Levo ne garantit pas de gagner à tous les coups.
Et tout ça, pour retrouver un de nous meilleurs amis de l’été, le somptueux « Moay-Douay », ses épingles retorses, sa déclivité très avérée et ses marches souvent cachées.
Quand on aime, on ne compte ni ses puls’, ni sa sueur, et encore moins ses inévitable cales aux mains.
L'amie du matin, une marmotte pas farouche, avec les yeux aussi collés que les nôtres.
Il aurait pu avoir piscine. Mais non. Avec ou sans "E", JP est toujours de la partie.
Le premier hectomètre d'un très, très, très long chemin, tout en chemins.
Souvent humide, aujourd'hui rasé de près, le divin Challand déroule, une nouvelle fois, sa pelouse tendre sous nos roues.
Un alpage, deux bikers et un premier torrent à traverser : le fameux "de la Croix" cher à nos hivers à peaux.
En Levo, ça pulse mais ça passe. En musculaire, ça pulse encore plus, ça pioche et ça finit par caler. Boveire, sans "E" garde, cette année encore, son invincibilité.
Deuxième torrent, d'Allèves cette fois et nouveau divin chemin, celui qui mène au Coeur...
... en élevant rapidement votre rythme cardiaque.
Portage épique sur fond de résidus avalancheux. Même à l'approche de la fin juillet, le mémorable hiver 2018 fait encore parler de lui.
Chaque tronçon, aussi pentu soit il, est mis à profit pour remonter en selle dès qu'il paraît à peu près roulable. Merci Levo.
Pourtant, à force de pièges enfouis sous l'herbe ou de virages épris de rapprochement, le "walking-mode" s'impose.
Au final, quelle que soit la méthode d'ascension choisie, tout le monde retrouve le bonheur de rouler dans le vaste pâturage du Coeur.
Pâturage, certes pentu, mais aussi, avec vue (imprenable).
Tapissé de vert et cerné de géants, le Coeur, plus qu'un alpage, un hymne à la nature.
Arrière-plan de rêve et chemin retors. Admirer ou rouler, il faut choisir.
Pavée de mauvaises intentions, mais tellement tentante à défier, l'autoroute de la Vuardette ...
... un met de choix à proposer aux bonnes volontés de Mr. Brose.
Bien assisté, il est tout à fait possible de l'avaler d'un trait. A condition de savoir conserver, quoiqu'il arrive, sa motivation.
Emerger sur Dame Vuardette, c'est un peu faire la nique à Sieur Mille, doucement alanguie, juste sur le versant d'en face.
Petit tour de récupération et de salutation aux Midi ...
... avant de s'engouffrer, roue arrière bloquée, dans la vaste cuvette de Severeu.
A chaque crête, sa combe et son tronçon de "walking" ou de "sherpa" selon les modes et les affinités.
Et un petit pierrier, un ! Avalé dans la foulée, un peu grâce à Mr Brose.
Mais jusqu'au dernier mètre ascensionnel, le musculaire ne lâche rien.
Un dévaloir ou une série de "S" plus ou moins ravinés pour la première vraie descente de la journée.
Adeptes du lacet enlacé, notre choix est vite fait.
Quelques bulles en terrasse partagées avec de sympathiques curés (si, si, ça existe) et nous voilà de nouveau en train de pédaler.
L'approche des orages annoncés nous incite à ne pas trop nous éterniser sur ce col exposé.
Cette fois c'est craché, juré. Voilà la dernière montée de la journée.
Et du coup, ensuite, tout bascule, côté déclivité.
A flanc de Mont-Brûlé avec les Six-Blanc en point de mire.
Commeire toujours, tu m'intéresses.
Le fameux "S" du Basset avant...
... la montée oubliée. Tête de la Payanne, je te déteste. Et mes jambes, encore plus.
Chargerat, arrivée de l'Express en provenance de Bourg-St-Pierre. Prochain arrêt, Moay.
Les flancs du Six-Blanc. Toujours aussi mal pavés, mais si facilement avalés. 29" rocks !
Pierre avec vue, n'est plus à Voir.
La Pasay en passant par la crête plutôt que par la piste. A chacun sa route, à chacun son destin.
Le "Moay-Douay", nouveau monument local, à faire et à refaire, aussi souvent que les symptômes de manque persistent.
Parfois furtif, souvent exigeant, un chemin de Crêtes qui ne donne jamais rien...
... à part une grosse de satisfaction une fois dévalé dans son intégralité.
Faut-il encore ne rien lâcher, jusqu'au dernier de ses lacets empilés.