« Au printemps ramènent l’hiver ; Pancrace, Servais et Mamert ».
Si février dernier n’avait pas été aussi doux et clément, on aurait pu qualifier cette période « d’ice creams sanctifiés » de « maivrier » tant elle s’est révélée grise, humide et froide. Entre coulées d’air polaire répétées et défilés de perturbations atlantiques, les créneaux à peu près secs permettant d’envisager une quelconque activité « outdoor» ont été aussi rares que très frais pour la saison. C’est pourquoi, au premier rayon, il fallait savoir tout laisser tomber et se précipiter pour enfourcher son destrier préféré. Rouler entre les gouttes, quand ce n’est pas entre les flocons, demande d’avoir un sens des priorités aiguisé et une souplesse fonctionnelle de tous les instants. Exactement les valeurs à privilégier pour avoir un pilotage léger et inspiré.
Alors, quand Monsieur Météo nous a (enfin) annoncé un vendredi moins gris et plus sec que ses prédécesseurs, nous avons immédiatement lorgné du côté des trois nouveaux cols ayant récemment rejoint notre grande et belle commune, pour aller pédaler entre leurs mélèzes séculaires. Après « Tronc-Planches-Cimetière », il y a deux ans, presque jours pour jours, nous avons choisi une autre trilogie qui nous paraissait moins funeste et peut-être plus enivrante, « Lein-Pleyeux-Rosé ». Une nouvelle histoire de cols et de chemins aussi gouleyante que son intitulé nous l’avait laisser espérer.
Le premier kilomètre de D+ de la saison est entamé dans la fraîcheur d'un petit matin encore gris et frais.
Entamé signifie forcément pas encore complètement avalé.
Ce n'est pourtant pas ce qui va nous faire pleurer, malgré ce qu'en dit momentanément notre lointain environnement.
Après 20 kilomètres de pédalage et malgré des mélèzes encore mal "aiguillés", le Lein s'annonce.
Premier repos bien mérité pour nos destriers fatigués. Ou pas.
Six mois sans "protec" et tout est (déjà) oublié. Va sérieusement falloir songer à consulter.
Laillou : un début de chemin au tracé discret mais aux balises aussi nombreuses que récemment rafraichies. C'est pas encore aujourd'hui qu'on va se perdre.
En échangeant notre lumineux adret pour ce sombre ubac, il était utopique d'espérer échapper à son humidité.
Ca glisse, ça colle, ça éclabousse, mais qu'est-ce que c'est bon de retrouver notre ami de toujours, le dénivelé négatif.
Même si on va "chiender" la chicane à bétail, c'est effectivement par là qu'on va.
Avec la perte d'altitude, les mélèzes gagnent en nouvelles aiguilles.
Ca continue à glisser et à coller, mais ça continue à descendre.
Et parfois, ça descend même très franchement.
Et ça tourne parfois aussi, même si ce n'est pas la principale caractéristique de cet inédit sentier forestier.
Le Rosé, qu'on l'aime ou pas, impose un virage à 180 degrés.
Une verdeur qui en dit long sur l'intensité des récentes précipitations, mais un bonheur, qui, une fois encore se retrouve dans le pré.
Enfin, pas que (dans le pré). Dans les bosquets avoisinants, aussi.
Mais, en se concentrant et en visant bien, ça finit par passer.
Des Luisets en devenir et un Mayen-Moret en ligne de mire.
En retrouvant l'étage des pins, on retrouve aussi l'incontournable caillasse des terrains secs et bien drainés.
Petit avant-goût d'un prochain séjour ibérique ?
Même si Swissgrid semble s'y être beaucoup exprimé, le chemin des Adonis reste un vrai bonheur à dévaler.
Bonheur que de nombreux bikers semblent apprécier, si l'on en croit les multiples sillons qui y sont creusés.
Toile d'araignée électrifiée et nouveau secteur à apprivoiser. Pas tous les bonheurs dans la même journée.
Qu'il est vert ce beau pays !
Même la vigne semble apprécier ce surplus d'humidité printanier.
Ils ont un peu la folie des grandeurs chez Air Glacier, non ?
L'incontournable Crête de Vison commence par une redoutable montée en apnée.
Pas de quoi en perdre le sourire, seulement le souffle, et un peu les jambes aussi.
On a voulu voir Vison et ... on a vu Vison.
On voulait aussi voir des fleurs, mais ce n'était pas l'heure.
Les derniers mètres descendants avant une mer d'horizontalité très ventilée.
Et pour éviter de reculer face au meilleur ami de Martigny, le mieux est encore de rouler côté bisse du Guercet.
Même si ce n'est pas tous les jours qu'on visite un cimetière, c'est toujours approprié de l'immortaliser. :-)
Trente minutes de TMR et un escalier final à escalader ? Même pas, les concepteurs de la nouvelle gare du Châble ont visiblement pensé aux handicapés (et aux bikers fatigués).