Après « Allerheiligen In Varneralp », « Halloween In Aletsch », « Allerzielen in de Ardennen », voici « Ognissanti sul Paglietta ». Les Toussaints se suivent et nos escapades « linguistico-vttistes » s’empilent. Peut-être grâce (ou à cause) de ce réchauffement qui effraie tant « Sainte Greta » (priez pour nous), nos automnes faits de douceur, à défaut de vaillant soleil, deviennent roulables, en montagne, de plus en plus tardivement. Alors, en attendant de savoir si les prédictions apocalyptiques qu’on nous assènent jour après jour, après jour, après jour, après jour, après jour, vont finir par se vérifier (ou pas), « Carpe Diem », vivons déjà l’instant présent.
St-Oyen, vallon de Menouve, alpage de Tracaoudette, Mont Paglietta, combe de Barasson, Morguinaz et retour à St-Oyen. Si l’itinéraire est connu, les conditions de son terrain, à cette saison, le sont beaucoup moins. « Chat échaudé craint l’eau froide », dit le dicton qu’on pourrait paraphraser par « Pied (de vttiste) congelé craint la neige », suite à notre traversée mouvementée en direction de ce même Val d’Aoste, le week-end passé.
Mais là encore, « Carpe Diem ». Qui vivra, verra !
Et pour rajouter une 6ème langue à ce bref billet polyglotte (si, si, le latin est bien une langue, morte, mais une langue quand même)
« Make Climate Greta Again ! »
C’est prévu pour la semaine prochaine, me souffle Météo Suisse dans l’oreillette : neige à 1’000 mètres annoncée dès mardi … Ouf !
Le vallon de Menouve, colonisé par les mélèzes, dans sa livrée automnale.
Autre colonisateur du jour, le stratus. Et dire qu'on a laissé derrière nous le vaillant soleil valaisan pour venir rouler dans le Val d'Aoste.
Qu'importe la météo, quand le tapis est déroulé, il faut le rouler.
A force de s'élever et de s'en rapprocher, on finit par y pénétrer ... dans la purée.
L'habituelle pause panoramique de Tracaoudette, en version humide, froide et aveugle.
Bon, au moins, à partir d'ici, tout n'est désormais plus que chemins... jusqu'à St-Oyen.
Ca pourrait même être poétique, si tout n'était pas aussi collant et poisseux d'humidité.
Les derniers mélèzes d'altitude cadrent notre remontée à flanc du Paglietta...
... jusqu'à ce que les innombrables chemins "à vaches" finissent par devenir impossible à rouler.
Mais, à force de pousser, en selle on finit par remonter pour entrevoir la clarté, d'un pâle soleil, enfin décidé à percer.
Entre un ciel laiteux et un fond poisseux, la crête gauche du vallon de Menouve, du Vélan au Champ Rion.
Le bonheur est de nouveau dans le pré, surtout quand il est (à peu près) sec et (à peu près) ensoleillé.
Emerger à Monteret reste toujours un grand moment. Mais, dans de telles conditions, c'est carrément bluffant.
Beaucoup de blanc et beaucoup d'or, mais toujours pas de véritable or blanc à se mettre sous la dent.
Plutôt que de le contourner par le flanc, si on allait voir à quoi ressemble le point culminant, de ce fameux Paglietta.
Eh bien, voilà : panoramique en diable, à défaut d'être très bikable.
Par contre, le chemin qui plonge vers l'alpage du même nom que son sommet, ne nous réserve que des bonnes surprises.
Très caillouteux, il est néanmoins particulièrement roulable.
En visant un peu et en anticipant beaucoup, tout passe...
... et, rien ne lasse.
Double couche, aussi bien sur le dos que dans le ciel.
Le dernier verrou rocheux avant le col, proprement dit : sauté, sans le moindre goût de bouchon.
A l'ouest, rien de nouveau. Juste la nième zone de mauvais temps de la semaine qui débarque à l'assaut des Alpes.
Si on veut en éviter les conséquences humides annoncées, il vaut mieux ne pas trop trainer...
... en chemin, même s'il est localement, particulièrement divin.
Paglietta Downtown : à partir d'ici, nous nous retrouvons en terrain connu.
Humide et brumeux, mais connu.
Crétoux, c'est où ? Tout droit ... ou à peu près.
A croire que tous les mélèzes gorgés d'humidité, petits ou grands,n'attendait que notre passage pour s'en défaire.
Le tourniquet de Crétoux, en version "roule ce que tu vois" en attendant de "voir ce qu'il reste à rouler".
La crevaison qui va bien : baignée de soleil, à portée d'une route salvatrice et écrasée de chaleur...
Quand l'obus reste dans l'embout de la pompe pour la 4ème fois, le mieux est de dévisser la pompe plutôt que la valve, et de simplement rouler "tubé".
Toujours une histoire de couches, toutes plus humides les unes que les autres.
Humidité pénétrante et visibilité limité.
On découvre Barasson ...
... comme on traverse Morguinaz : baignés de limbes et imprégnés de bruine.
La route 66 (comme le nombre de ses lacets) de St-Oyen. a peine moins célèbre que sa grande soeur américaine.
Percer la couche à la montée nous promettait du bleu. En revanche, dans le sens inverse, c'est sur du gris qu'il faut miser.
Du gris, mais du à peu près sec. C'est déjà ça.
Le jaune envahissant des mélèzes n'a pas encore complètement contaminer ceux des fonds de versant.
Du coup, pour le tapis d'aiguille, on peut toujours repasser.
St-Oyen, son insolite parking souterrain et sa très cossue maison communale.