Suite, et espérons-le pas fin, de notre revisite des classiques du Coude du Rhône, le col du Jorat, perdu de vue (et de selle) depuis … exactement 20 ans. La faute, peut-être, à la succession d’ascensions « casse-pattes » qu’il faut enquiller pour s’y hisser. En « muscu », rajouter l’infâme tronçon Van d’en-Haut-Salanfe à la célèbre mais toujours exigeante « Route des Diligences » est un menu particulièrement copieux. Probablement trop, par rapport au manque d’intérêt de la longue mais insipide descente sur Evionnaz. Une plongée loin d’être à la hauteur de ce que proposent les meilleurs toboggans du Vieux-Pays, même sans tenir compte de l’interdiction, pour les bikes, des chemins pédestres du bas de versant. Décision d’un autre âge, prise unilatéralement par la Commune d’Evionnaz.
Ça y est, octobre est là. Et avec lui, tapie dans son ombre envahissante, les prémices d’une mauvaise saison qui grignote inexorablement nos journées. Pourtant, s’il est un mois qui nous a souvent gratifié de bonnes surprises côté météo, c’est bien celui-là. Et, cette année, plus qu’aucune autre depuis longtemps, si octobre pouvait nous offrir un de ses épisodes « indiens » dont il a le secret, je pense que nous signerions sans trop discuter pour savoir s’il faut le qualifier de « réchauffement », « changement » ou « dérèglement ».
La Route des Diligences et la ligne à crémaillère du TMR, ou quand deux moyens de locomotion surannés croisent leur destinée.
L'entrée du Vallon de Van : le coeur qui pulse, mais le guidon tenu avec conviction.
Van d'en-Haut - Salanfe : le GROS morceau de notre itinéraire.
Ca démarre pourtant bien ...
... avant de très sérieusement se redresser et de se corser comme disent nos amis insulaires à la détente facile.
Voilà ce qu'on appelle avaler simultanément dénivelé et distance, coup de pédale après coup de pédale.
Emerger au pied du mur de Salanfe, c'est savoir d'où l'on vient et, en même temps, déjà voir où l'on veut aller.
Après les affres d'une ascension hors-norme ...
... l'émerveillement d'un vallon tout aussi exceptionnel.
A la terrasse surpeuplée de l'auberge, nous préférons notre rendez-vous avec Mr Jorat, 300 mètres au-dessus.
VDM ! Non seulement ça roule bien, mais en plus ça dilate la pupille comme jamais : le chemin du Jorat, à faire au moins une fois dans une vie de biker.
Si, comme nous, vous optez pour sa branche Ouest, ne vous laissez surtout par rebuter pas son entrée en matière un « poil » exigeante.
La suite est à la fois panoramique et beaucoup plus conciliante.
Entre le turquoise de Salanfe et le blanc immaculé des Combins, mon coeur n'hésite pas véritablement. En amoureux de la vie ,il garde les deux !
Bientôt 1'900 mètres de D+ avalé et toujours le sourire : Danke Vielmal Herr Brose !
Si Météo Suisse a vu juste, dans une semaine tout pile, on revient ici à ski.
Après les lacets cachés, l'ultime pierrier.
Avant le Jorat, ce n'est pas encore le Jorat. Juste son antécime visible de Salanfe.
Oh Hisse ! Les 2K de D+ sont derrière nous.
Du « flow » et des lacets : le début de la plongée sur Mex est toujours aussi appétissant.
Bordé de myrtilliers, son « single » virevolte comme un grand.
Mais, bien trop large, il manque à la fois de caractère et d'intérêt, pour les bikers gourmands que nous sommes désormais devenus.
Alors quand sa terre meuble sommitale laisse peu à peu sa place à la caillasse, on pense tout de suite plus au mal de bras qu'au choix de ses lignes.
Reste, que le décor est assez époustoufflant ...
... et que les doigts ne sont pas forcément tous malpolis.
Même si je la vois tous les jours, je suis rarement aussi proche de cette Cime de l'Est, au point de pouvoir la toucher.
Le dévaloir de Fontaine Froide la bien nommée...
... dépasse de beaucoup celui de Cadole par son humidité.