Les 2’797 mètres de la « Durand », nous avons pris l’habitude de les gravir dans le but de rejoindre le Val d’Aoste voisin. Mais, faute de temps et de logistique de retour, une fois n’est pas coutume, nous avons choisi d’aller la visiter en aller-retour. Histoire de voir si son chemin si exigeant à la montée, vaut le déplacement lorsqu’il est roulé « à l’italienne », c’est-à-dire dans le sens descendant.
Résultat des courses, s’il est forcément moins exigeant à la descente, le chemin de la « Durand » reste piégeux en permanence. Toujours une pierre mal placée, une ornière trop profonde, une cassure mal orientée ou une rigole d’évacuation des eaux trop accentuée. En fait, ce chemin est comme un enfant turbulent. Il ne faut jamais le quitter des yeux, sous peine de « carton » immédiat.
Ceci dit, avec le retour de la chaleur et du beau temps, les sorties en altitude redeviennent enfin d’actualité. Et notre voisine, Madame « Durand », « Fenêtre » de son prénom, en fait clairement partie.
Au bout du tunnel, il y a toujours de la lumière. Surtout quand le dit tunnel fait moins de 50 mètres de longueur.
Tra la Lia !
Vous connaissiez Mille, le col ? Je vous présente le Vingt-Huit, l'extrémité sud du lac de Mauvoisin. Ou comment donner aux lieux des noms de nombres.
Autre façon d'illustrer l'appellation d'un endroit : des lacets = le Lancet.
Le Mont Avril (oui, comme le mois du même nom) sépare le glacier du Mont Durand de sa Fenêtre, notre objectif du jour.
Ici, tout ou presque, appartient à la famille Durand. Le glacier, la Fenêtre et le Mont, sous lequel nous sommes en train de rouler abrités.
Quand Grand Charmotane est annoncée, on sait immédiatement qu'on va tout de suite moins rouler.
La preuve en image.
Même si nous nous remettons en selle dès que le chemin menace de diminuer ses pourcentages ...
... l'exercice reste très compliqué, sur un sentier très irrégulier et constellé de pièges cachés.
A partir de Plan Petit Giétro, la remontée ne devient pas plus facile. Simplement ses difficultés sont maintenant séparées par de courts paliers.
Pour continuer à s'élever, chacun y va de sa méthode. Celle qui consiste à choisir le pré quand le chemin est trop cabossé fonctionne pas mal.
Mais le mieux est encore de choisir la crête. Elle est généralement épargnée par les cailloux.
Quand la cote 2600 est dépassée, étonnamment, le chemin se décide à mieux rouler.
Du coup, on ne se fait pas prier. Seulement pulser (un peu plus encore).
Grand et beau ! Mais aussi « grand beau », ce qui ne gâche rien.
Si la Fenêtre est désormais en ligne de mire, il reste encore un certain nombre de pièges à déjouer pour y accéder.
A commencer par quelques traversées humides et caillouteuses.
Avec l'altitude, le gris et la caillasse prennent peu à peu l'ascendant sur le vert des pâturages.
La seule chose qui ne change pas, c'est que ça continue de monter.
A belle vallée, beau fond de vallée ! Ou l'art d'être perfectionniste jusqu'au fond des choses.
Entre Mont-Blanc de Cheillon et Serpentine, il y a un col, mais aussi, aujourd'hui, un chemin.
Benvenuti ai 2797 metri della Signora Durand
Ce n'est pas que vos « panini » ne soient pas savoureux, Madame Durand, mais on a encore un peu de chemin à faire.
Tout ce qui était compliqué dans le sens de la montée n'est pas forcément aisé à la descente, mais juste différent.
En revanche, tout ce qui y était roulable, devient carrément appétissant.
On le voit bien sur cette image, rien n'est jamais donné sur un chemin toujours prêt à vous désarçonner.
Même le retour à l'étage des prés n'est pas garant de facilité.
Peu importe l'art ou la manière, l'essentiel est de rester « sellé ».
Ce qui est localement loin d'être évident.
Je vous laisse le soin de compter les pièges cachés... (ou pas cachés d'ailleurs).
Ce cliché du Tournelon Blanc aurait lui aussi être choisi pour illustrer l'article du jour. Mais la vie est faite de choix.
La chose la moins difficile sur cette descente reste peut-être encore ses lacets, peu nombreux et souvent « ouverts ».
En nous rapprochant de Grand Charmotane, nous retrouvons aussi le royaume des marches, généralement cassantes et souvent mal orientées.
Allez, une petite dernière pour et avant la route.