Une vallée, deux versants, où s’arrête exactement le (semi)confinement ?
Utiliser un véhicule pour aller faire ses courses ou une petite virée improvisée, c’est évidemment en sortir. Selon les directives en vigueur, les premières sont autorisées, la seconde déconseillée. Mais démarrer et terminer une rando VTT sur le pas de sa porte, est-ce quitter le confinement ou seulement pratiquer une activité physique autorisée ?
Ça dépend de ce qu’il y a entre les deux pas de porte, me direz vous.
32 kilomètres, 1’800 mètres de dénivelé, un ubac, un adret, de la neige, de la terre, de la poussière et une ribambelle de chemins, certains inédits, malgré la proximité, d’autres interdits, mais puisque on est censé être confiné, et d’autres, enfin, connus, limés, usés jusqu’à la corde, mais toujours appréciés. Est-ce encore du (semi)confinement ou déjà une (petite) entorse au règlement ?
Réponse : c’est à vous de voir. Le Conseil Fédéral ayant décidé de faire appel à notre sens des responsabilités, allez rouler, si vous le désirez, mais faites-le près de chez vous, en petit comité et surtout, en minimisant les risques pris, pour éviter de surcharger des services hospitaliers déjà suffisamment occupés.
Comme ce (semi) confinement nous fait tous, plus ou moins, tourner en rond, selon où vous avez choisi d’habiter, vous aurez simplement la chance de pouvoir faire des ronds plus grands et plus intéressants que les autres.
La branche « ubac » de notre itinéraire démarrait pourtant bien.
Malheureusement, dès les 1'300 mètres atteints, chaque revers nous a réservé son lot de galère froide et mouillée.
Et quand ce n'est pas la neige qui nous a forcé à mettre pied à terre, ce sont les dégâts des tempêtes hivernales.
La semaine prochaine, on prend une scie et nos skis.
Restez chez vous, qu'ils disaient... ou l'illustration d'un confinement à géométrie variable.
Pas d'option Chesal possible, la forêt du Mont-Brun dormant encore sous la neige, pour regagner la vallée, nous choisissons le premier chemin croisé.
Bonne pioche ! Le sentier des Mayens-du-Châble, s'il se révèle peu marqué, est pourtant parfaitement roulable.
Visiblement peu utilisé, il est plutôt sympa à dévaler, malgré quelques excès de déclivité.
Avec ses virages relevés, par les siècles de passage, on le croirait tracé pour le VTT.
Tant qu'il reste une bande de terre (humide) à rouler, on ne va quand même pas se (re)mouiller les pieds.
Transiter des Mayens du Châble vers ceux de Bruson, c'est un peu comme changer de saison.
Coupe-vent rangé, pieds réchauffés et poussière retrouvée.
Quelle belle vallée, confinée, mais assez vaste pour y rouler à la journée.
Le toboggan du torrent de Bruson, double ligne et virages relevés. Ce n'est pas un chemin, c'est une piste de Dual ?
Sauf que les trajectoires doublement marquées, ne l'ont sûrement pas été par des VTT...
Changement de rives pour profiter d'un bisse des Ravines interdit, mais déserté.
Un choix de rêve pour passer du torrent de Bruson à celui de Versegères, en sens inverse de l'eau mais pratiquement sans avoir à pédaler.
Ah, si, quand même. Ses petites chutes intermédiaires doivent forcément être remontées...
... mais des lacets tracés avec ingéniosité en permettent une ascension aussi douce que lascive.
Sans eau, mais surtout sans randonneurs, son horizontalité est, une fois n'est pas coutume, hautement appréciée.
Le (semi)confinement n'a pas que des mauvais côtés, finalement.
Un bisse pour deux vélos, si c'est pas du luxe, ça commence sérieusement à y ressembler.
Si la rive droite du torrent de Versegères recèle un chemin pas piqué des vers, sa rive gauche se défend pas mal, non plus.
Plus caillouteux, plus sinueux, son chemin vaut le détour.
Surtout qu'il sait aussi se faire, occasionnellement, étroit et cassant.
Certaines de ses épingles demandent une bonne dose de confiance dans l'adhérence de sa roue avant pour les engager et, surtout, les terminer.
Sortie de la gorge pour un changement de versant, et 800 mètres à ré escalader.
Diablay avalé sans coup férir, nous décidons de pousser jusqu'à la Dent, branche orientale.
Beaucoup plus bikable que le versant dans lequel il est tracé, son chemin est du genre à n'être quitté ni des yeux, ni des roues.
Courte varappe finale pour accéder à son pâturage suspendu...
... et son banc avec vue.
Trois jours sans limer à nouveau la Dent, c'est à la fois long et assez court pour se souvenir de chacune des lignes permettant d'enrouler ses nombreuses épingles.
Direction la route du Soleil, la bien nommée.
Un chemin aussi roulant dans un versant aussi abrupt, faut le savoir pour le croire.
Drè dans le pentu, ou comment éviter de se casser le dos en portant les Levo dans le franchissement de l'énorme arbre renversé dans le goulet final.