Pour clôturer en beauté le mois d’avril le plus chaud et ensoleillé du siècle*, nous sommes retournés défricher quelques « wanderweg » oubliés ou inconnus sur notre adret préféré de ce début de saison. Chaque rive de la Lonza (la rivière, pas le site chimique) pouvant se vanter d’offrir un coteau aussi ensoleillé que fourmillant de chemins, en ce printemps béni (pour l’instant), nous avons résolument jeté notre dévolu sur celui de sa rive gauche. Ne disposant d’aucune remontée mécanique, à l’inverse de son voisin, il ne manque pourtant pas d’atouts pour la pratique du VTT. Le moins intéressant n’étant sûrement pas sa fameuse « Südrampe », sorte de passerelle (plus ou moins) horizontale, ayant le bon goût de relier entre eux bon nombre de « wandereg » descendants.
Toujours au départ de Gampel, après la piste de bobsleigh avec cailloux mouvants de Niedergesteln, nous sommes aller poser nos roues à crampons sur son proche voisin, moins fréquenté mais aussi moins rocailleux, de Wasserleite.
Bonne pioche ! S’il n’était désormais pas quasi à l’abandon, ce second toboggan serait un véritable « must ». Tortueux à souhait, mais jamais piégeux, poussiéreux en diable, mais toujours moelleux, il ne lui manque, en fait, qu’un court tronçon « North Shore » à la sortie pour éviter d’avoir à désescalader le long pan ardoisé final, bike sur l’épaule et chaussures en recherche d’adhérence.
Vous reprendrez bien un morceau de « Südrampe » pour la route ? Pardon, pour le chemin ?
Gourmands un jour, gourmands toujours !
C’est vraiment con de pas savoir dire non…
* n’étant ni météorologue, ni statisticien, je ne m’avance pourtant pas beaucoup en écrivant cela, ce mois au dicton célèbre ayant la réputation d’être souvent aussi capricieux qu’instable et notre siècle n’en comptant que 19 à ce jour.
BLS dicton : plus vous viserez l'ouest de la Südrampe, plus vous aurez à monter.
Arbres en fleurs et divin chemin du matin. Ou du pollen plein les yeux et de la poussière plein la bouche.
Un tourniquet de comptage au milieu du chemin ?
Les passages sous la ligne du BLS seraient-ils limités en nombre ?
Nouveau morceau de Südrampe encore jamais visité.
Il était temps, même s'il faut localement bien viser et serrer les dents (c'est pour la rime).
Terre humide et eau fraîche, une denrée rare en ce singulier mais agréable avril.
Si le métallique et très riveté Bietschtal Brücke est déjà impressionnant, que dire de ce Lüogelkinn Brücke, tout en pierres et en voûtes.
De notre côté, nous nous contentons de courtes mais inestimables passerelles à caillebotis pour ne pas avoir à nous mouiller les pieds.
Rouler à flanc et à fond. Pas dégueu, le menu du dimanche midi.
Et une petite rampe pour bien tout tasser au fond de l'estomac.
Avant d'en rajouter une petite couche, sur l'une des nombreuses tables de pic nique aménagées par l'unique concurrent des CFF.
Foehn décoiffant et pan d'ardoises chauffantes. On a déjà connu pire avril en selle.
Coupants comme des lames mais roulants comme de la terre meuble. Vive le 29" et les pneus à flancs renforcés.
Quand Brägji est en vue, c'est qu'il n'y a plus que la (profonde) gorge du Jolibach à traverser...
... et un long pan d'ardoises acérées à escalader.
Du double câble avec vue. Le changement de niveau est tout proche.
Il est temps de plonger, malgré les rampes d'escaliers empilés.
Le toboggan pierreux de Niedergesteln à peine croisé nous découvrons avec plaisir l'étroit ruban terreux de son moelleux voisin.
Pour Rome et Tokyo, OK, mais pour Paris, j'aurai opté pour le sens inverse.
Vue la longueur des épines des buissons qui le bordent, mieux vaut ne pas trop s'éloigner du chemin...
... ni couper ses virages.
Et de toute façon, avant de penser à les couper, il faut déjà essayer de rester sur le vélo pour les relier entre eux.
Beaucoup plus furtif que son turbulent voisin, mais aussi beaucoup mieux pavé.
Comme quoi, la caillasse instable n'est pas une caractéristique incontournable...
... de cet abrupt versant écrasé de chaleur.
A l'approche de la vallée, le chemin commence à manquer.
Qu'importe. Une chaude désescalade improvisée, vélo sur l'épaule, et le bonheur est de nouveau dans le talus.