Après la « Rinder », dimanche, la « Wildstrubel », jeudi. Deux « Huetten » qui, comme leurs noms l’indiquent, trônent en terres germanophones. La « Rinder » dans la vallée de Loèche-les-Bains, et la « Wildstrubel », au-dessus d’Ayent, mais en territoire bernois.
Deux « Huetten » pour deux sorties complètement différentes. Un itinéraire plutôt ascendant pour la « Rinder », alors que, pour la « Wild’ », c’est un parcours quasi exclusivement descendant. Un circuit de moyenne montagne pour la première, et un tracé de haute montagne pour la seconde. Un revêtement principalement terreux pour la « Rinder », beaucoup plus caillouteux pour la « Wild’ ».
Deux « Huetten » situées dans le même massif, les Alpes Bernoises, deux itinéraires que beaucoup de choses opposent, mais deux itinéraires incontournables de l’été valaisan.
46 mètres de dénivelé positif entre l'arrivée du Funitel (2881) et la Pointe de la Plaine Morte (2927), mais déjà le souffle court, altitude oblige.
Une fois n'est pas coutume, notre itinéraire du jour démarre en descente. Du coup, ce n'est pas vraiment pénalisant de rouler en « accoustique » comme l'ami Max.
Le plus gros « glaçon » de la région, encore nimbé de fines nappes de brouillard collant méritait bien un petit arrêt photo.
La première descente vers la Pointe de Vatseret comporte plusieurs passages rocheux, pas tous forcément tous aussi faciles d'accès que celui-ci.
Mais, dans l'ensemble, cette courte descente (-186 m) est plus roulable que son environnement alpin pourrait le laisser penser. Donc idéale pour se mettre en route et en confiance.
Une fois la Pointe de Vatseret contournée, l'itinérarie se met à monter par paliers.
Une simple formalité en « assistés » VS une première pulsée en « accoustique ».
La suite de l'ascension vers le Wysshorelücke comporte une longue traversée en dévers. « Assistés » et « accoustique » rivalisent tant que la déclivité reste modérée.
Mais dès que le chemin choisit de monter droit dans la pente, mieux vaut avoir « un meilleur ami » qui vous aide à pédaler.
Le passage du col du Wysshorelücke évolue chaque année, selon la fonte de son petit glacier, le Wysshoregletscher, lové dans sa face nord ouest.
Avec le recul de la glace, il n'y a plus moyen de l'utiliser pour entreprendre la traversée. Il faut escalader en direction des bâtiments militaires.
Une courte mais rude ascension avec les lourds « assistés ». Le chemin modifié chaque année étant localement du genre très mal pavé.
Le moment où tout bascule. A partir de ce collet sans nom, il n'y a pratiquement plus que du dénivelé négatif à rouler jusqu'à la plaine du Rhône.
Et, en matière de dénivelé négatif, La « Wild' » fait partie des géants du Vieux-Pays. 2410 mètres à dévaler, tous crampons sortis. (2904-494)
Forcément, à une telle altitude, le début de la plongée commence sur un terrain rocailleux, mais plus roulable qu'il n'y parait.
Il n'en demeure pas moins que nous sommes sur un itinéraire de montagne, avec plusieurs passages très engagés.
Il y a encore quelques hectomètres de caillasse et de lacets avant de retrouver l'herbe grasse des pâturages du Rawyl.
Une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Chacun tricote à son rythme et selon ses compétences.
Et quand un goulet force le chemin à un tout droit, il suffit d'adapter ses lignes. Et tant pis pour les mailles perdues dans l'exercice.
Sur un chemin aussi fréquenté, les marches ont souvent été aménagées. Ce qui aide l'ascension des randonneurs, facilite aussi la descente à VTT.
Les « Rawilseeleni » dans leur écrin de gris.
Une belle synchronicité momentanée.
A la croisée des chemins, nous choisissons la branche valaisanne... et le soleil déjà bien présent sur le versant sud des Alpes Bernoises.
Le dicton qui prétend que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, ne se confirme clairement pas ici, aujourd'hui.
Trois bêtes à cornes ?
En privilégiant les moraines aux marécages, le chemin choisit aussi de régulièrement escalader au lieu de plonger en continu.
Même l'ami Max se révèle être parfois tout petit dans un environnement aussi imposant.
Le premier des très nombreux ruisseaux « rawyliens » coupant notre chemin, demande à remettre au goût du jour sa technique de franchissement...
... et à « accoustique » Max, de pulser pour en ressortir.
L'incournable (à tous les sens du terme) petit lac du Plan des Roses. Même sur la lune, il y a de lacs aussi charmants.
« Rock Slab » obligatoire pour s'extraire de la petite cuvette cachée.
Les dalles rocheuses sont monnaie courante sur ce tronçon. Et certaines sont plus retorses que d'autres, à l'image de celle-ci.
A l'approche des falaises d'Armillon, le chemin commence à chercher ... son chemin dans les derniers moutonnements herbeux.
Le Rawihorn ou Six des Eaux Froides (le français est incontestablement une langue plus imagée) en impose avec son impressionnante face nord.
On pourrait penser que le franchissement des premières falaises force le chemin à passer en balcon.
Alors qu'en réalité, il fait tout le contraire. Plutôt que de s'accrocher aux à pics, il choisit de les franchir en tunnel.
Ce n'est pas forcément les eaux turquoises du lac de Zeuzier qui motivent Max à augmenter le rythme de sa descente, mais plutôt la perspective de boissons houblonnées bien fraîches, à la buvette de Lourantse.
Rouler entre deux eaux. Celles du lac de Zeuzier et celles du bisse de Sion.
On entre dans les gorges de la Lienne avec toujours un peu d'appréhension.
Et on fait bien, parce que la première partie du Bisse d'Ayent, n'est pas le tronçon le moins exposé à rouler.
Si la corde pour « touristes hollandais » ne sert pas vraiment à VTT, le casque non plus, vu la taille des blocs déjà effondrés.
Autre bisse, mais 850 mètres plus bas, celui de Clavaux, avec ses passerelles suspendues et son tunnel aveugle. Souvenirs, souvenirs.